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11 novembre 2018 7 11 /11 /novembre /2018 00:01

Le lundi 11 novembre 1918, jour de l'Armistice, les Polonais ont proclamé leur indépendance qui sera confirmée par le Traité de Versailles. Depuis, le 11 novembre est fête nationale.*

 

En 1914, les Polonais partagés entre trois empires, depuis 1795, doivent se soumettre aux mobilisations respectives de la Première Guerre mondiale. 3,4 millions d'entre eux participent au conflit : 1,4 million dans l'armée autrichienne, 1,2 dans l'armée russe, 800.000 dans l'armée allemande.

Józef Piłsudski crée la Légion polonaise, qui se bat aux côtés de l'Autriche-Hongrie sous la promesse d'un État indépendant après la guerre, tandis que plus tard, les hommes de Józef Haller créent un corps de volontaires qui, sous le nom d'« Armée bleue », prendront part aux combats en Champagne du côté des Alliés à partir de mai 19187.

En 1915, l'armée allemande entre à Varsovie. Le Royaume du Congrès est alors occupé par l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie. D'après la déclaration du 5 novembre 1916, Guillaume II d'Allemagne et François-Joseph Ier d'Autriche créent à partir de l'ancien territoire (russe) du Royaume du Congrès un nouveau Royaume de Pologne. Roman Dmowski et Ignacy Paderewski, de leur côté, mettent en place le « Comité national polonais », qui organise les bases du futur État polonais, grâce à ses démarches auprès des forces de l'Entente, notamment la France.

Plus de 500.000 soldats polonais ont perdu la vie dans le conflit. Mais, le nombre de victimes civiles est beaucoup plus important ; plus de trois millions du fait des épidémies qui ont ravagé le pays, la retraite russe, notamment, ayant été accompagnée d'une politique de « terre brûlée » contraignant la population à l'exode.

Le 11 novembre 1918, la Pologne retrouve donc son indépendance avec la proclamation de la Deuxième République. Au mois décembre, éclate une révolte à Poznan, qui permet le rattachement de la Grande-Pologne au Royaume de Pologne. En février 1919, la diète proclame la Petite Constitution (en), Józef Piłsudski devient chef de l'État. Le 28 juin 1919, le Traité de Versailles reconnaît l'indépendance de la Pologne et lui accorde un accès à la mer, Ignacy Paderewski ayant joué un rôle décisif auprès du président Wilson.

 

Cette indépendance sera toutefois de courte durée puisqu'en septembre 1939 la Pologne est envahie par l'Allemagne nazie, ce qui déclenchera la Deuxième Guerre mondiale.

 

* Deux fêtes nationales existent en Pologne, le 3 mai (qui commémore la Constitution de 1791, la première en Europe) et le 11 novembre, date de la renaissance du pays qui fut rayé de la carte pendant plus de 140 ans.

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22 septembre 2018 6 22 /09 /septembre /2018 23:03

 

Le 16 septembre 1943, à 16h35, 79 bombardiers B17 de la 8e Air Force, commandée par le général Travis et venus d'Angleterre, larguent 1.450 bombes sur Nantes. À peine Nantes a-t-elle le temps d’enterrer ses victimes que la ville est de nouveau touchée : une semaine plus tard deux bombardements vont encore frapper la cité…

Le jeudi 23 septembre, les bombardements sont renouvelés à 8h30 puis à 18h10 : en une quinzaine de minutes, une centaine de bombardiers larguent un millier de bombes sur le grand port de la côte atlantique.


Pour la journée du 16, on compte 977 morts ; pour celles du 23, on dénombre 63 victimes en matinée et 197 en après-midi. À ce chiffre, il convient d’ajouter les disparus (27 personnes), les corps non-identifiés (113) et 67 soldats allemands. Le bilan total s’élève ainsi à 1444 morts, 2.600 blessés, 6.000 sinistrés, 700 immeubles détruits, 3.000 immeubles inhabitables, 50 voies de circulation centrales obstruées sur une surface de plus de deux cents hectares.

Ces raids destinés en principe à détruire des installations industrielles, portuaires et militaires font partie des plus meurtriers sur la France occupée.

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11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 23:12

Le dimanche 12 septembre 1943, Benito Mussolini, qui était assigné à résidence dans le « nid d'aigle » du Gran Sasso, dans les Abbruzes, est enlevé.

Après le débarquement allié du 10 juillet 1943 en Sicile, l'ancien dictateur italien avait été renversé par le Grand conseil fasciste, désireux de conclure au plus tôt un armistice avec les Anglo-Saxons.

Le roi Victor-Emmanuel III l'avait assigné à résidence dans les Abbruzes.

 

Hitler ne voulait pas se résoudre à laisser l'Italie se retirer de la guerre. Il était convaincu que son ancien allié serait encore capable de galvaniser les forces nationalistes italiennes et de reprendre la lutte à ses côtés.

L'opération « Eiche » (Chêne) est confiée à un commando de SS et de parachutistes emmenés par le capitaine Otto Skorzeny.

Les Allemands ont d'abord quelque difficulté à localiser le détenu qui a été plusieurs fois déplacé. Ils le repèrent finalement dans le Gran Sasso, un massif des Apennins situé à 120 km au nord-est de Rome. Mussolini est retenu à l'hôtel Campo Imperatore, en haut d'une falaise accessible seulement par téléphérique (2912 m).

Le 10 septembre, un vol de reconnaissance permet d'identifier un alpage à proximité de l'hôtel. Skorzeny décide d'utiliser des planeurs pour y accéder, un parachutage présentant de trop grands risques dans un tel site. Un autre commando est chargé de s'emparer de l'aérodrome d'Aquila et de prendre le contrôle du téléphérique.

Le raid a lieu deux jours plus tard, par temps nuageux.

La zone d'atterrissage se révèle moins favorable que prévue mais sept des douze appareils mobilisés réussissent un atterrissage satisfaisant. Les gardes italiennes n'opposent pas de résistance.

 

Pour exfiltrer le Duce, Skorzeny recourt à un petit appareil de reconnaissance, un Fieseler Storch piloté par le virtuose Gerlach.

Tirant parti de l'effet de surprise, celui-ci réussit un atterrissage de fortune sur l'alpage et, plus difficile encore, parvient à décoller avec ses deux passagers, le Duce et Skorzeny. Le Duce retrouve un peu plus tard sa famille à Vienne avant de rejoindre Hitler à la « Tanière du Loup », en Prusse orientale.

Lire également : 25 juillet 1943 - Mussolini renversé

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 23:01

Le mardi 30 août 1870, la  bataille de Beaumont (également appelé surprise de Beaumont ou encore bataille de Beaumont-Mouzon) oppose le 5e corps d'armée français du général de Failly, à l'armée de la Meuse du Prince royal de saxe (IVe corps d'armée Prussien et XIIe corps d'armée Saxon).

 

Les Français, surpris dans leur campement

Vers 7h00, le maréchal Mac-Mahon traverse Beaumont-en-Argonne, donne l'ordre à de Failly de marcher sur Mouzon pour y franchir la Meuse sous la protection du 12e corps. Mais les troupes sont épuisées et sans ravitaillement depuis trois jours... On peut bien attendre le convoi de vivres, aucun ennemi n'est signalé à proximité.

Le général de Failly, malgré les avertissements des habitants de Beaumont-en-Argonne, laisse ses soldats se faire surprendre, près de la Meuse. À midi et demi, quand les premiers coups de canons prussiens retentissent, les hommes mangent la soupe…

La défense française s’organise néanmoins, une fois passé l’effet de surprise. Les troupes de ligne partent à l’assaut de l’ennemi au sud de Beaumont. En début d’après-midi, contraintes par la manœuvre adverse, les troupes françaises entament leur repli vers Mouzon. Dans une panique indescriptible, les troupes françaises se replient dans le désordre pour franchir la Meuse. Une charge du 5e Cuirassiers va tenter d’arrêter l’ennemi au sud du faubourg Saint-Geneviève de Mouzon.

 

Le bilan est terrible

Pertes françaises

1.800 tués ou blessés

3.000 disparus dont 2.000 prisonniers

42 pièces et mitrailleuses

 

Pertes allemandes

3.529 hommes dont 847 tués.

 

La bataille de Beaumont a pour conséquence le renoncement du maréchal de Mac Mahon à venir secourir Bazaine à Metz. Contraint, il replie dès le 30 août au soir ses différents corps d'armée sur les villes de Bazeilles et Sedan.

 

Lire aussi : 2 septembre 1870 - Napoléon III vaincu à Sedan

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27 août 2018 1 27 /08 /août /2018 23:01

Le vendredi 28 août 1914, a eu lieu la première bataille navale de la Première Guerre mondiale. Elle a opposé les deux plus grandes flottes mondiales : la Grand Fleet (anglaise) et la Kaiserliche Marine (allemande).

 

Vers 7 heures du matin, les Anglais rencontrèrent 6 contre-torpilleurs ennemis, qui prirent aussitôt chasse et cherchèrent à se réfugier à Héligolan,  l'archipel allemand d'Heligoland, situé dans le Sud-Est de la mer du Nord.

Dans la poursuite, les croiseurs légers britanniques Aréthusa (3.600 tonneaux, deux canons de 152 millimètres, six de 102 millimètres, 30 nœuds) et Fearless (3.300 tonneaux, dix canons de 102 millimètres, 25 nœuds) s’attaquent à deux croiseurs allemands qui, après vingt minutes de combat à courte distance, disparaissent, gravement avariés, dans la brume.

Les contre-torpilleurs anglais canonnent les petites unités ennemies et parviennent à couler le torpilleur portant le guidon du chef de flottille.

Tout à coup, sortant du brouillard, apparaît le grand croiseur-cuirassé allemand York (9.500 tonneaux, quatre canons de 210 millimètres, dix de 152 millimètres, douze de 88 millimètres, 20 nœuds).

Malgré la disproportion d’artillerie, les deux petits croiseurs anglais l’attaquent. Leur tir bien réglé occasionne de telles avaries au nouvel assaillant que celui-ci renonce au combat et se replie. Quelques instants après, ces deux vaillants petits navires coulaient en quinze minutes le Mainz (4.300 tonneaux, douze pièces de 105 millimètres, 27 nœuds).

Vers midi, les flottilles anglaises sont disséminées sur un vaste espace, rencontrant à chaque moment de nouveaux croiseurs ennemis sortis au secours de leurs flottilles. L’apparition du York, bien que momentanée, décida le commodore Tyrwhitt, chef des divisions légères anglaises à demander à son tour l’appui des croiseurs de bataille.

Bientôt le Lion (27.000 tonneaux, huit pièces de 343 millimètres, seize de 102 millimètres, 28 nœuds) arrive, et dès lors, l’action se précipite. En quelques coups de sa puissante artillerie, ce nouveau combattant envoie au fond l’Ariadne (2.600 tonneaux, dix pièces de 105 millimètres, 22 nœuds) et le Köln (4500 tonneaux, douze pièces de 105 millimètres, 26 nœuds).

 

Le bilan en termes matériel et humain est très différent entre les deux camps.

La Royal Navy avait à sa disposition : 5 bateaux de combats, 8 croiseurs, 33 destroyers et 8 sous-marins. 7 destroyers et 2 navires ont été endommagés. La bataille d’Heligoland a fait 35 victimes anglaises.

L’Allemagne disposait de 6 croiseurs, 19 torpilleurs et 12 dragueurs de mines. Le bilan final est bien plus lourd que celui de la Royal Navy puisqu’on compte de nombreux dégâts. En termes de bateaux coulés il y a eu 3 croiseurs, 2 torpilleurs et un destroyer. De plus, 3 destroyers et un croiseur ont été gravement endommagés. En termes humains, la bataille d’Heligoland a fait 712 morts et 336 prisonniers.

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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 23:01

Le samedi 20 août 1988, l'Iran et l'Irak acceptent la résolution des Nations Unis qui mène à un cessez-le-feu et met fin à près de huit ans de guerre.

 

En septembre 1980, Saddam Hussein avait envoyé ses troupes en Iran pour récupérer le contrôle de la région du Chatt al-Arab et annexer le Khouzestan. L'Irak avait alors reçu le soutien, notamment en armes, de certains pays occidentaux (notamment les USA) qui redoutaient l’influence de la République islamique, installée en Iran depuis 1979.

Après des succès rapides, l'Irak a cependant dû composer avec la forte résistance des Iraniens qui ont repris l'initiative. Le refus d'un cessez-le-feu, en 1982, eut pour conséquence l’enlisement du conflit.

Des armes chimiques furent utilisées par l'Irak, notamment contre les Kurdes qui habitent le nord du pays.

 

Une résolution de cessez-le-feu de l'ONU, adoptée le 18 juillet 1988, arrive finalement à obtenir l'assentiment de l'Iran, puis de l'Irak. Le 20 août, 350 casques bleus sont dépêchés afin de veiller à l'application de la résolution. Des discussions entre les représentants des pays belligérants débuteront quelques jours plus tard, à Genève. Un accord conclu en 1990 fixera finalement la frontière entre les deux pays.

La paix sera cependant de courte durée pour l'Irak qui envahira le Koweït la même année !

 

Lire également :

22 septembre 1980 - L'Irak envahit l'Iran

2 août 1990 - Saddam Hussein envahit le Koweit, prélude à la guerre du Golfe

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 23:01

Le mercredi 13 août 1281, les Japonais repoussent une puissante flotte mongole qui a tenté d'accoster sur l'archipel, aidés par une tempête divine («kamikaze») qui met à mal les jonques géantes ennemies.

 

Les invasions mongoles du Japon de 1274 et 1281 sont des opérations militaires majeures entreprises par Kubilai Khan pour conquérir l'archipel japonais après sa conquête de la Corée. Malgré leur échec, ces tentatives d'invasions ont eu une grande importance historique : elles marquent le terme de l'expansion mongole et restent des événements de dimension nationale dans l'histoire du Japon.

 

En aout 1281, l'armée japonaise est encore largement dépassée en nombre, mais elle a fortifié la ligne de côte et se trouve facilement capable de repousser les forces auxiliaires lancées contre elle, tandis que des bateaux japonais harcèlent la flotte, obligeant l'armée à rester à bord des navires. Durant deux jours à compter du 15 août, le typhon « Kamikaze » dévaste les côtes de Kyūshū, et détruit la majeure partie de la flotte mongole, mettant ainsi fin à la deuxième tentative d'invasion.

 

En souvenir de cet événement surnaturel, le terme japonais « kamikaze », qui désigne le vent divin, va être repris à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour honorer les jeunes pilotes qui font le sacrifice de leur vie en se jetant avec leur appareil sur les navires américains.

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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 23:01

Le 8 août 1918, alors que les attaques allemandes deviennent moins efficaces et que l’arrivée de troupes américaines a permis en juillet de renverser la tendance, Foch lance une vaste offensive alliée dans la région d'Amiens.

 

 

L'offensive de dégagement de la voie ferrée Paris-Amiens, prévue par Foch depuis avril, est décidée fin juillet, à Sarcus, où il a installé son nouveau Quartier Général. C'est le maréchal Haig qui prendra le commandement du groupe d'armées composé de la 4e armée britannique (général Rawlinson) et de la1ère armée française (général Debeney). Le secret est particulièrement bien gardé : même les chefs de gouvernement ne sont pas au courant de cette offensive fixée au 8 août.

La préparation d'artillerie commence à 4 h 20, et l'assaut est donné à 5 h 05 par le 31e corps qui enlève l'agglomération et le bois de Moreuil à 7 h 30. Au sud de Moreuil, le 9e corps attaque à son tour à 9 heures, face à l'Avre, mais sa progression est stoppée. Ce sont les progrès du 31e corps qui lui permettront néanmoins, comme l'ensemble des autres unités, d'atteindre en fin de journée les objectifs fixés. Le 9, l'assaut devient général et les Alliés attaquent au nord de la Somme et au sud de Montdidier. Le 35e corps part à l'assaut à 16 heures et enlève Assainvilliers et Faverolles. Montdidier, pris ainsi en tenaille, est évacué dans la nuit par les Allemands et occupé par les troupes alliées dans la matinée du 10.

En deux jours, les Alliés ont capturé 24.000 prisonniers et 300 canons. Mais surtout, le moral des troupes allemandes est atteint et leur ardeur au combat n'est plus la même.

 

Trois mois plus tard, l’Allemagne, dont l’armée a reculé, tombe dans une crise politique qui amènera la chute de l’empire et sa capitulation.

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5 août 2018 7 05 /08 /août /2018 23:01

Menant une guerre ouverte depuis 1282 pour le contrôle de la Sardaigne et de la Corse, les républiques de Pise et de Gênes jettent leurs flottes dans une bataille décisive au cœur de la mer Tyrrhénienne : la bataille de La Meloria.

C'est l'une des plus grandes batailles navales du Moyen Âge avec près de deux cent galères engagées et dix mille victimes du côté pisan.

 

Le dimanche 6 août 1284, revenant d’une incursion en Ligurie par cette chaude matinée ensoleillée, la flotte de la république de Pise qui aligne 72 galères réparties en trois escadres est commandée par Podesta Morosini da Venezia, Andreotto Saraceno et Conte Ugolino della Gherardesca.

La rencontre est inévitable avec la flotte génoise supérieure en nombre dont les 100 galères remontent de Sardaigne sous les ordres de l’amiral Oberto Doria. Or, une seconde flottille génoise commandée par Benedetto Zaccaria attend, postée derrière le rocher de la Meloria, au large de Livourne,  à l’insu des Pisans.

Cette ruse de guerre sera déterminante pour l’issue de la bataille. Les deux flottes en formation de combat se rapprochent en dessinant un arc. Les galères pisanes arborent à la proue un rostre capable d’éventrer les navires ennemis mais les Génois ont enlevé les leurs afin de laisser une plus grande liberté de mouvement à leurs arbalétriers.

Connue sous le nom de balestrieri del Mandraccio, cette unité d’élite est utilisée également à terre comme armée mercenaire. L’amiral pisan Morosini s’avance, tandis qu’Andreotto Saraceno se tient sur les côtés et que le Conte Ugolino forme une seconde ligne sur l’arrière.

En face, Gênes déploie 63 galères commandées par Oberto Doria. L’engagement est très violent. Les catapultes bombardent et écrasent l’ennemi. On se lance aussi à mains nues des pierres, de la poix bouillante et même de la chaux vive. Ceux qui par malchance tombent à la mer sont frappés à coups de rames !

La bataille, âpre, dure plusieurs heures. Et au moment décidé par l’amiral Doria, l’escadre de Zaccaria en embuscade derrière la Meloria fonce sur l’ennemi semant l’effroi.

La manœuvre consiste à frapper les Pisans par le flanc. Au moyen d’une grosse chaîne tendue entre deux galères, les Génois balayent d’un coup le pont du navire amiral pisan et foncent aussitôt sur les galères ennemies, provoquant un carnage.

Comprenant soudain la ruse des Génois disposant d’une seconde flotte en réserve, Conte Ugolino au lieu d’affronter l’ennemi ordonne à ses vingt galères de se retirer à Porto Pisano. Accusé de haute trahison, il sera enfermé à Pise dans une tour avec toute sa famille et condamné ainsi à mourir de faim…

 

Cette bataille consacre ainsi la suprématie de la République de Gênes sur la Méditerranée occidentale. Pise tombe sous l'influence de Florence, sa rivale en Toscane.

 

Territoire pontifical en vertu d'une donation qui aurait faite par Pépin le Bref au pape Étienne II en 754, la Corse passe de la tutelle de Pise à celle de Gênes sans cesser d'appartenir officiellement au Saint-Siège. Mais sous l'administration génoise, sa situation tend à se dégrader...

Elle est divisée en deux régions administratives séparées par la chaîne montagneuse centrale : l'En-Deçà-des-Monts (capitales : Bastia et Calvi) et l'Au-Delà-des-Monts (capitale : Ajaccio). Ces régions recoupent les limites des départements institués par la Révolution en 1793, le Golo et le Liamone, ainsi que des départements institués par la Ve République en 1976 : la Haute-Corse et la Corse du Sud. Elles sont elles-mêmes subdivisées en 90 pièvi (l'équivalent des cantons actuels). Chaque pièva correspond à peu près à une vallée.

 

Voir aussi :

15 mai 1768 - Gênes cède la Corse à la France

30 novembre 1789 - La Corse devient française

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 23:01

Le 1er août 1798, en rade d'Aboukir (dans le delta du Nil), la flotte française commandée par l'amiral Brueys d'Aigaïlliers est battue par la flotte britannique sous les ordres de l'amiral anglais, Horatio Nelson

 

 

La flotte française a transporté en Égypte le corps expéditionnaire du général Napoléon Bonaparte.

Les navires français se sont ancrés en ligne au plus près du rivage d'Aboukir, en vue d'empêcher tout navire ennemi de les prendre à revers. Sur ordre de l'amiral Brueys, ils ont même dû s'enchaîner les uns aux autres. Ils vont donc devoir affronter l'ennemi alors qu’ils sont immobilisés.

Nelson voit d'un coup d'œil un étroit passage entre le rivage et les navires ennemis. Une partie de sa flotte s'engage dans l'étroit conduit et prend les navires français à revers. Les canonniers français, déboussolés, n'ont pas le temps de retourner leurs canons vers la côte. Leurs navires sont réduits à merci.

 

L'un des héros du jour est le commandant du Tonnant, Aristide du Petit Thouars (38 ans). Il contraint le Bellérophon à amener son pavillon avant que son navire ne soit lui-même assailli. Les deux bras et une jambe emportés par un boulet, il se fait placer dans un baril afin de continuer à donner des ordres jusqu'à son dernier souffle.

 

François de Brueys saute avec son navire-amiral L'Orient (118 canons) tandis que Villeneuve, (qui sera défait à Trafalgar) s'échappe avec quatre vaisseaux seulement sur une vingtaine présents.

Bloqué en Égypte, Napoléon Bonaparte rentrera secrètement un an plus tard. Le général Ménou signera avec les Britanniques un accord d'évacuation des troupes françaises trois ans plus tard. Ce sera la fin de la campagne d’Égypte.

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15 juillet 2018 7 15 /07 /juillet /2018 23:01

Le lundi 16 juillet 1945,  la première explosion atomique  a lieu à Alamogordo, près de Los Alamos, dans le désert américain du Nouveau-Mexique. Cet essai en grandeur nature précède de trois semaines le largage meurtrier et sans précédent d'une bombe atomique au-dessus de la ville japonaise d'Hiroshima (6 août 1945).

Le programme Manhattan

Le 16 décembre 1941, le président Roosevelt lance officiellement le projet Manhattan.

La motivation initiale du programme Manhattan était de ne pas laisser à Hitler le monopole d’une bombe nucléaire, justifiant à partir de 1942 un immense effort scientifique, technique et industriel. Quand il apparut progressivement que l’Allemagne était en réalité très en retard sur les États-Unis, les scientifiques se divisèrent sur l’opportunité de poursuivre le programme et surtout sur la nécessité d’utiliser la bombe.

 

La première phase du programme demeure cantonnée aux laboratoires institutionnels et universitaires.

Début 1943, le projet Manhattan entre dans une nouvelle phase. La grande firme chimique américaine Du Pont de Nemours est associée au projet. À Oak Ridge (Tennessee) sont montées deux usines de séparation de l'uranium fissile, ainsi que la première pile atomique au graphite refroidie par air. À Hanford (Washington), de grands réacteurs nucléaires au graphite sont construits, et produisent du plutonium. Un troisième pôle se forme vers mars 1943 : une équipe de savants hors pair est réunie sous la direction du physicien américain Robert Oppenheimer, dans le désert du Nouveau Mexique, à Los Alamos, lieu qui deviendra emblématique du projet Manhattan.

Un millier de chercheurs s'installent là durablement, parfois avec leur famille. Et ils travaillent, d'arrache-pied, dans le plus grand secret. L'un des défis scientifiques à relever est celui du dimensionnement des bombes. Celles-ci doivent être suffisamment peu volumineuses pour être larguées depuis un avion.

 

Trinity

Trinity est le nom de code du premier essai d'arme nucléaire réalisé le 16 juillet 1945 dans le cadre du projet Manhattan. Le nom de code Trinity fut proposé par le physicien Robert Oppenheimer dirigeant le laboratoire de Los Alamos en référence à un poème de John Donne sur la Trinité.

 

La détonation devait initialement avoir lieu à 4 h mais elle fut repoussée en raison d'orages. Les scientifiques craignaient que les retombées radioactives ne soient accrues par la pluie et qu'un éclair ne déclenche une explosion prématurée. Un rapport météorologique favorable fut publié à 4 h 40.

À 5 h 29 min, la détonation dégagea une énergie d'environ 21 kilotonnes de TNT et fut considérée comme un succès par les observateurs scientifiques. Bien que l'explosion ait été vue et entendue à des dizaines de kilomètres, le public ne fut informé de l'essai que le 12 août à la publication du rapport Smyth.

Le sable, composé en grande partie de silice, fondit et se transforma en un verre légèrement radioactif et verdâtre qui fut appelé « trinitite ».

L'explosion laissa un cratère de 1,5 mètre de profondeur sur 9,1 mètres de diamètre. Les observateurs rapportèrent que les montagnes alentours furent éclairées « plus brillamment qu'en plein jour » pendant une ou deux secondes tandis que les personnes présentes au camp de base indiquèrent que la chaleur « était aussi forte que dans un four ». Le son de l'explosion fut entendu à plus de 160 kilomètres et le nuage en champignon s'éleva jusqu'à une altitude de 12.100 mètres.

 

La veille, le 15 juillet, la bombe à fission « Little Boy », semblable à celle testée à Alamogordo, avait été embarquée à bord du croiseur Indianapolis à destination de l’île de Tinian, dans le Pacifique. Le 6 août, elle était larguée sur la ville japonaise d’Hiroshima.

 

Voir aussi : 6 août 1945 - Bombe atomique sur Hiroshima

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 23:01

Le 7 juillet 1937 au soir, un incident met aux prises une poignée de soldats chinois et des troupes japonaises en manœuvre près du célèbre pont Marco Polo, aussi appelé pont de Lugou, à 15 kilomètres de Pékin (un superbe pont de pierre construit en 1189).

Pont Marco Polo

 

L’incident du pont Marco Polo ou « Incident du triple 7 », marque le début de la guerre Sino-japonaise.

L’Empire du Japon a entamé depuis plusieurs années une politique expansionniste, qu’il compte bien poursuivre … Prétextant qu'un de leurs soldats aurait été enlevé par les Chinois (il s'était en fait attardé dans un bordel), les Japonais dès le lendemain de fouiller la ville. Cet incident est en réalité un prétexte pour envahir la Chine. Les Japonais profitent que le gouvernement chinois du Guomindang soit paralysé par la guerre avec les communistes et occupent en quelques mois près d'un million de kilomètres carrés peuplés de 60 millions d'habitants et mettent en œuvre une politique de terreur systématique pour tenter d'abattre la résistance intérieure.

Face à la résistance chinoise, les Japonais font venir les renforts. Le 28 juillet, Pékin sera entre leurs mains.

 

En réalité, l’armée japonaise était installée en Mandchourie depuis 1931, mais ce n’est qu’à partir de cette attaque qu’elle affiche sa volonté de conquérir la Chine. Sa progression sera dès lors très rapide. Toutefois, elle sera fortement ralentie au nord par la guérilla menée par les communistes, tandis que le Kouo-min-tang livrera quelques batailles importantes.

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 23:01

Le jeudi 6 juillet 1809, à Wagram, sur un plateau qui domine le Danube et la plaine du Marchfeld, Napoléon 1er vainc l'archiduc Charles, frère de l'empereur d'Autriche.

 

Contexte :

Profitant de ce que Napoléon 1er était empêtré en Espagne, l'Angleterre a, au début du mois d'avril 1809, convaincu l'Autriche de reprendre la guerre contre la France quatre ans après sa défaite à Austerlitz et le traité de Presbourg qui l'avait suivie.

Cette cinquième coalition débute par quelques succès face à une Armée d'Allemagne sous les ordres du maréchal Berthier. Mais l'Empereur revient en hâte d'Espagne, reprend le commandement et redresse la situation. Le 13 mai, il peut pénétrer à Vienne mais c'est pour s'apercevoir que l'empereur François 1er et son frère Charles ont abandonné la ville et traversé le Danube en coupant les ponts derrière eux...

Napoléon 1er se dispose à poursuivre l'ennemi. Il décide de traverser avec son armée le Danube, à l'ouest de la capitale autrichienne, à un endroit où le fleuve se divise en de nombreuses îles dont la plus importante est l'île de Lobau.

 

Napoléon victorieux, mais de justesse

L'armée échappe difficilement au piège de Lobau et, le 5 juillet, affronte enfin l'armée de l'archiduc Charles, frère de l'empereur d'Autriche.

Une charge de MacDonald, Davout et Bernadotte tente de prendre les Autrichiens de vitesse, mais elle est arrêtée net en raison d'échanges de tirs malencontreux entre alliés saxons et italiens ; ce sont les premiers signes de faiblesse d'une armée (ex-Grande Armée) constituée en bonne partie de conscrits étrangers et peu aguerris. La décision finale est reportée au lendemain.

 

Le 6 juillet enfin, une grande batterie de 102 canons sous les ordres du général Lauriston écrase les Autrichiens sous un orage de boulets (400 à la minute) avant que MadDonald et ses fantassins ne montent héroïquement à la charge. Incapable d'achever le travail, la Garde ne permettra pas de transformer la défaite autrichienne en déroute.

 

 

Bivouac de Napoléon Ier sur le champ de bataille de Wagram pendant la nuit du 5 au 6 juillet 1809Dernière charge du général Lasalle, tué à Wagram le 6 juillet 1809.

 

Wagram restera dans l’histoire comme l’une des plus grandes batailles avec la présence de 300.000 soldats pour deux jours de combats et ses très nombreuses pertes humaines.

 

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 23:01

Le lundi 5 juillet 1943, autour de la ville russe de Koursk, commence la plus grande bataille de chars de l'Histoire.

Au printemps 1943, le front oriental s'étire du nord-ouest au sud-est de la Russie, de Leningrad à Kharkov,  Sur cette ligne régulière, le saillant soviétique de Koursk, qui pénètre dans les lignes allemandes, gêne tout particulièrement les mouvements de la Wehrmacht.

Dirigeant les opérations depuis la « Tanière du Loup », à Rastenburg, en Prusse orientale, le Führer décide dès le mois d'avril de percer le front à Koursk en y concentrant un maximum de forces : 25 divisions d'infanterie, soit 780.000 hommes, 20 divisions blindées, 2.000 chars de combat Tigre et Panther et 2.000 avions.

 

Baptisée « Citadelle », cette opération réunit deux fois plus d'hommes et de moyens que « Barbarossa », l'invasion de l'URSS, deux ans plus tôt. Le maréchal von Manstein aurait voulu la lancer dès le mois de mai, mais elle est reportée à plusieurs reprises du fait de l'indécision d’Hitler.

Les Soviétiques, bien informés, mettent à profit ce retard pour consolider leurs positions. Contre l'avis de Staline, le maréchal Georges Joukov décide d'attendre l'offensive allemande, de laisser celle-ci se briser sur leurs défenses puis de lancer la contre-offensive.

Le saillant de Koursk finit par rassembler un total de 1.900.000 Soviétiques prêts au combat, solidement retranchés et équipés de redoutables chars T-34.

Quand l'offensive allemande est enfin engagée le 5 juillet, sous une chaleur torride, les généraux allemands sont surpris de ce que les Soviétiques soient si bien préparés. Les chars, en première ligne, tentent de prendre en tenaille la ville de Koursk mais ils sont écrasés sous un déluge de feu.

 

Au bout d'une semaine, les Allemands abandonnent la partie.

La Wehrmacht a perdu dans la bataille de Koursk un demi-million d'hommes tués ou blessés (l'Armée rouge, beaucoup plus). Elle a surtout perdu le tiers de ses blindés et laissé passer la dernière chance d'arrêter le « rouleau-compresseur » soviétique.

 

Voir également :

22 juin 1941 - Opération « Barbarossa » en URSS

31 janvier 1943 - Les Allemands capitulent à Stalingrad

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28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 23:01

Lors de la première guerre balkanique en 1912, la Bulgarie, la Grèce, le Monténégro et la Serbie se sont alliés et ont vaincu l'occupant turc. L’encre du traité de Londres, signé 30 mai 1913, est à peine sèche qu’une seconde guerre éclate en juin. En effet, la Bulgarie repousse l'arbitrage russe et attaque ses anciens alliés : c'est la seconde guerre balkanique.

 

Dans la nuit du 29 au 30 juin 1913, sans déclaration de guerre préalable, les Bulgares envahissent les territoires que leur contestent les Serbes et les Grecs.

La Bulgarie sera vaincue et perdra une grande partie de son territoire.

Au traité de Bucarest, le 10 août 1913, la Macédoine est partagée entre la Serbie et la Grèce. Les Bulgares, responsables des hostilités, restituent Andrinople aux Turcs et cèdent qui plus est une partie de la Dobroudja à la Roumanie. Ils ne conservent de la première guerre qu'une partie de la Thrace avec un accès sur la Méditerranée.

 

Ces guerres accentueront les tensions internationales et participeront à l'engrenage qui mènera à la guerre de 14-18.

 

Voir aussi :

17 octobre 1912 - Début de la guerre des Balkans

10 août 1913 - Traité de Bucarest

28 juin 1914 - Assassinat d'un archiduc à Sarajevo

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28 mai 2018 1 28 /05 /mai /2018 23:01

Le mardi 29 mai 1453, la ville de Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II.

Vestige de l'empire romain d'Orient et de l'empire byzantin, la cité faisait office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l'islam.

 

Constantinople est la capitale de l'empire romain d'Orient, ou Empire byzantin, depuis le partage de l'empire romain par Théodose en 395. C’est un centre commercial très important situé au croisement des routes venues d'Europe, d'Afrique et d'Asie. L'Empire romain d'Orient a longtemps été, pour les Occidentaux, un rempart contre les attaques des Musulmans.

Mais après un millénaire d'existence, l'Empire byzantin se trouve réduit à sa capitale, à peine peuplée de 100.000 habitants (un million au temps de sa splendeur).

 

La chute de Constantinople devient inéluctable lorsque des envahisseurs venus d'Asie, les Turcs ottomans, traversent le détroit du Bosphore. Ils s'emparent de la plus grande partie de la péninsule des Balkans et installent leur capitale à Andrinople, à un jet de pierre au nord de Constantinople.

Le basileus (empereur en grec) Constantin XI se fie aux puissantes fortifications héritées du passé pour résister aux Turcs en attendant d'hypothétiques secours. Devant ce triple cercle de murailles, le sultan Mehmet II al-Fātih (« le Conquérant ») fait appel à toutes les ressources de l'artillerie. Il dispose de dizaines de grosses bombardes et de plusieurs centaines de plus petites qui vont projeter sans trêve des pierres et des boulets sur les murailles pendant plusieurs semaines.

Le 29 mai 1453, après cinquante-quatre jours de siège, le sultan ottoman Mehmet II s'empare de la « Grande Ville », Constantinople, réalisant ainsi le rêve de tous les princes musulmans depuis les origines de l'Islam.

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21 mai 2018 1 21 /05 /mai /2018 23:01

Cette première bataille marque le début de la « guerre des Deux-Roses » qui oppose la maison de Lancastre, dont l'emblème est la rose rouge, à la maison d'York qui arbore une rose blanche, pour la possession de la couronne d'Angleterre.

Cette guerre civile décimera l'aristocratie anglaise et affaiblira le royaume.

 

Quelques dates importantes

23 septembre 1459 : bataille de Blore Heath

12 octobre 1459 : bataille de Ludford Bridge

10 juillet 1460 : bataille de Northampton

30 décembre 1460 : bataille de Wakefield

17 février 1461 : seconde bataille de Saint-Albans

28 juin 1461 : Couronnement d'Edouard IV d'Angleterre

 

 

Le 22 août 1485, le roi d'Angleterre Richard III trouve la mort à la bataille de Bosworth. Son vainqueur devient roi d'Angleterre sous le nom d'Henry VII Tudor. Ainsi prend fin la « guerre des Deux-Roses » qui a endeuillé l'Angleterre et saigné la noblesse pendant 30 ans.

Henri VII épousera Elisabeth IV d'York, nièce de Richard III, réunissant ainsi les deux Roses et fondant la dynastie des Tudor qui règnera en Angleterre jusqu'en 1603.

 

 

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 23:01

Le lundi 3 mai 1660, les souverains de Pologne, Suède, Brandebourg, et du Saint-Empire romain germanique, signent le traité d'Oliva qui met fin à la première « guerre du Nord ».

 

La 1ère guerre du Nord fut déclenchée par le roi de Suède Charles X qui attaqua la Pologne de Jean II Casimir. Allié à l’électeur de Brandebourg Frédéric-Guillaume, Charles X vainquit les Polonais à la bataille de Varsovie (28 au 30 juillet 1656). 

En 1657, une coalition fut formée entre l’empereur Léopold Ier, le tsar de Russie Alexis Ier Mikhaïlovitch, le roi de Danemark Frédéric III et l’électeur de Brandebourg, mais Charles X put neutraliser le Danemark et lui imposer le traité de Roskilde en 1658.

Le Danemark ayant cependant repris les hostilités, Charles X mit le siège devant Copenhague mais dut le lever devant l’intervention de l’armée des coalisés.
 

 

La « paix du Nord » est signée le 3 mai 1660 à Oliwa (ou Oliva), près de Dantzig, sur la Baltique. Ce traité suit de peu le traité des Pyrénées entre la France et l'Espagne,

Par ce traité, Jean II Casimir renonce à réclamer le trône de Suède, que son père Sigismond III Vasa avait perdu en 1599. La Suède reçoit de la Pologne la Livonie (Lettonie) et Riga, ce qui fait de la mer Baltique un « lac suédois » (pour peu de temps) selon le rêve du roi Gustave II Adolphe, mort en pleine gloire en 1632.

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21 avril 2018 6 21 /04 /avril /2018 23:01

La France entre au Tchad en 1891 et y lance des expéditions militaires contre les royaumes musulmans. En 1898, la France lance trois missions :

    la mission Voulet-Chanoine depuis Dakar et le fleuve Niger,

    la mission Foureau-Lamy depuis Alger et le Sahara algérien et

    la mission d’Émile Gentil depuis le Moyen Congo.

 

L’adversaire principal de la France est le conquérant d’origine soudanaise, Rabah Zobeir, trafiquant d'esclaves qui rêve d’instaurer un califat islamique à cheval sur le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigéria.

 

La bataille décisive a lieu le dimanche 22 avril 1900. Les trois missions françaises font leur jonction à Kousséri, près du lac Tchad la bataille de Kousséri. Elles affrontent et écrasent la petite armée de Rabah Zobeir. Ce dernier trouve la mort dans l'affrontement, de même que le commandant François Joseph Amédée Lamy, qui avait monté l'une des missions avec le géographe Fernand Foureau.

 

Les pertes humaines s'élevèrent à 28 morts et 75 blessés du côté français ; 1.000 à 1.500 morts et plus de 3.000 blessés du côté de Rabah.

 

Émile Gentil fonde alors Fort Lamy sur la rive droite du Chari et devient le premier administrateur du Tchad.

La région du Tchad passe dès lors sous souveraineté française et le nom du commandant est donné à la capitale de la nouvelle colonie, Fort-Lamy, fondée un mois plus tard (aujourd'hui N'Djamena).

Cette colonisation va protéger les populations sédentaires et noires de la forêt des razzias lancées par les nomades Toubous du nord. Elle va faire oublier les crimes commis peu avant par l'une des missions (Voulet-Chanoine).

 

Le Tchad est érigé en colonie en 1920 dans le cadre de l'AEF (Afrique-Équatoriale française). Sous l'impulsion du gouverneur Félix Éboué, le Tchad est la première colonie française à se rallier à la France libre en 1940.

Devenue république autonome en 1958, le Tchad accéda à l'indépendance le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye. Celui-ci dut bientôt faire face à la révolte des populations du Nord, en majorité musulmanes…

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13 avril 2018 5 13 /04 /avril /2018 23:01

 

Le jeudi 14 avril 1988, à Genève, Soviétiques et Afghans signent un accord par lequel Moscou accepte de retirer ses troupes du pays. Conclu en présence des ministres des Affaires étrangères afghan, pakistanais, américain et soviétique, ainsi que du secrétaire général de l'O.N.U José Perez de Cuellar, cet accord consacre l'échec de l'intervention armée soviétique huit ans plus tôt.

 

L'accord comporte deux déclarations signées par l'Afghanistan et le Pakistan sur « la non-interférence et la non-intervention » et sur « le retour volontaire des réfugiés », une déclaration signée par les États-Unis et l'U.R.S.S. sur les garanties internationales et une déclaration signée par les quatre pays sur le calendrier du retrait soviétique. Des observateurs de l'O.N.U. seront chargés de veiller au retrait des troupes soviétiques et au retour des cinq millions de réfugiés afghans du Pakistan.

 

 

 

Pour l'Afghanistan, ce n'est qu'une éclaircie dans une suite de conflits interminables.

Le retrait définitif a lieu le 15 février 1989, l'URSS sort épuisée moralement et financièrement par défaite (même si elle ne le reconnait pas). La crédibilité du régime communiste soviétique est terriblement ébranlée.

 

1,2 millions d'afghans (dont 80% de civils) sont morts, 6 millions ont fui dans des camps de réfugiés,  essentiellement au Pakistan. Dès que les soviétiques sont partis, une guerre civile éclate pour le nouveau pouvoir (et d'abord pour se débarrasser des derniers communistes afghans qui contrôle toujours la capitale).

Les américains, qui estiment qu'une fois les soviétiques repartis leur tâche est terminée se désengage de la région et laissent leurs anciens alliés se débrouiller entre eux.

En 1996, les talibans,  fondamentalistes religieux menés par le Mollah Omar et inspirés par Ben Laden vont s'imposer et mettre en place un régime basé sur la Charia, recueil de lois religieuses interprétées à partir du Coran, téléviseurs, cinéma et théâtre sont interdits, les femmes doivent porter la burqa

 

Relire : 27 décembre 1979 - Invasion soviétique en Afghanistan

 

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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 23:01

La Bataille de Mohi (village situé sur la rivière Sajó en Hongrie) voit s'affronter les troupes de Bela IV, Roi de Hongrie aux troupes mongoles Ogödai Khan, le 11 avril 1241. Cette Bataille fait partie des opérations militaires de la « Campagne d'Europe » lors de l’invasion mongole de l’Europe.

En 1236, Ogödai Khan lance la première « Campagne de Russie » (ou « Campagne de Russie du Nord »)

En 1240, les Mongols se lance dans la seconde « campagne de Russie » (ou « Campagne de Russie du Sud »).

En 1241, les Mongols continuent leur avancée en débutant la « Campagne d'Europe ».

 

Prologue :

Dans l'après-midi du 10 avril 1241, Sübotaï, commandant en chef de l'armée mongole, arrive en vue du pont de pierre enjambant la rivière Sajo près de Mohi. Il a fait stopper le gros de son armée à environ 10 Km. Espérant tenter le roi de Hongrie Bela IV dans un mouvement impétueux et espérant que celui-ci traverse la rivière, il a laissé seulement un détachement très faible pour surveiller le pont.

 

Bela IV atteint le fleuve un peu plus tard, le même jour. Il établit une tête de pont sur son flanc droit, fait protéger le pont par son flanc gauche puis établi son camp en occupant une forte position à une certaine distance à l'ouest du fleuve mais ne le traverse pas. De cette position, il préfère attendre l’attaque des Mongols. Le plan de Sübotaï n’a donc pas fonctionné. Bela IV, à l'heure actuelle, occupe une position bien-protégée et ne semble pas incliné à se précipiter la tête la première dans un piège. Il a le fleuve entre lui et les Mongols, il tient le pont et à placé des troupes de part et d’autre de celui-ci.

Sübotaï n'a aucun autre choix que d’attaquer… dans des conditions très risquées.

 

La Bataille :

À l'aube du 11 avril, les Hongrois repoussent les premiers efforts des Mongols qui essayent de passer le pont. Les mongols emploient des balistes et bombardent les soldats qui défendent le pont avec des « bombes incendiaires ».

Les commandants hongrois sont surpris par l'attaque. Ils sont peu habitués par les méthodes des mongols et deux contingents seulement (le premier mené par Koloman, roi des Ruthéniens, et l'autre par un des évêques du pays) étaient prêts à recevoir les Mongols.

Ils parviennent, malgré tout, à tenir jusqu'à l’arrivée de renforts et bientôt les mongols perdent pieds et refluent à l’arrière. En réalité, cette attaque menée par un millier de cavaliers mongols est une diversion cherchant à distraire les Hongrois sur la défense du pont.

Les Hongrois, secoués par l'attaque rapide, reprennent juste leur esprit quand une autre force de Mongol se matérialise derrière eux. En fait, Sübotaï a traversé le fleuve avec trois tumen pendant la nuit pour prendre les Hongrois par l'arrière de leur flan droit.

Les Hongrois n’ont jamais imaginés que les troupes mongoles puissent passer par le fleuve. Au printemps, les fleuves de la Hongrie sont en crue. De plus, à travers les marais, la bande de terre peu large laissait très peu de place pour une attaque de cavalerie, les commandants hongrois ne se préoccupaient donc que du passage sur le pont.

Mais Sübotaï  a réussi à déplacer une grande force à travers le Sajo pendant la nuit.

Il a envoyé un détachement mélangé de 5.000 archers à cheval et de troupes lourdes.

 

Les Hongrois ne paniquent pas, mais ils ont perdu l'initiative. Pendant ce temps, les Mongols continuent à bombarder le camp (aile gauche / côté pont). Les premiers désaccords apparaissent chez les Hongrois. Quelques troupes hongroises se sauvent vers la gauche. En remontant le long du campement, elles créent un grand désordre dans l’armée.

Pressés de toutes part, les abandons se multiplient et bien vite se transforme en déroute. Seuls, une poignée de chevaliers Templiers tiennent tête. Accablé par les Mongols, ils sont tuées un à un.

Le Roi Bela IV parvient à s'échapper mais beaucoup d’autres ne sont pas aussi chanceux. Pendant deux jours, les Hongrois démoralisés et épuisés font retraite vers le Danube, cherchant sa protection, avec les mongols sur leurs talons.

70.000 Hongrois seront tués dans la débâcle.

Profitant de l'effondrement hongrois et de la fuite de leur souverain, les Mongols prennent d'assaut la ville de Pest restée sans défenseurs. Les conquérants entreprennent d'incendier la ville et d'en massacrer la population.

 

 

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 23:01

Dans le cadre de la Première Guerre mondiale, la bataille de la Lys se déroula à Ypres en Belgique, du 9 au 29 avril 1918. Elle opposa l'empire allemand au Portugal et au Royaume-Uni. Les Allemands, voulant conquérir la Flandre, lancèrent plusieurs offensives avec le renfort des Russes.

 

Déclenchée le 21 mars 1918, l’opération « Michael » frappe par surprise et avec une inouïe violence les troupes britanniques. Utilisant à plein leur supériorité numérique, les Allemands réalisent en quelques heures une large trouée dans le front britannique.

La seconde phase de l’offensive allemande (opération « Georgette », connue sous le nom de « bataille de la Lys »), est lancée en Flandre française le 9 avril...

 

Ce mardi 9 avril 2018, au petit jour, l'artillerie allemande couvre de projectiles et ensevelit sous une épaisse nappe de gaz toxiques le front de la 1ière Armée britannique, entre la rivière la Lys et le canal de la Bassée.

A 6 heures du matin, à la faveur du brouillard, les neuf divisions de l'Armée Von Quast se ruent en masses profondes sur ce front de 15 kilomètres.

Dès le premier assaut, les Portugais sont bousculés ; et, sans arrêt, les Allemands font irruption dans les deuxièmes lignes où les troupes de la défense n'ont même pas eu le temps de s'installer !

Les villages de Neuve-Chapelle, Fauquiscart, la ferme de la Cordonnerie sont enlevés, et le front est balayé. Richebourg-l'Avoué, Bois-Grenier, Laventie tombent également.

 

Le scénario se révèle identique à l’opération « Michael » : une percée spectaculaire sur la Lys, la prise rapide d’Estaires (9-10 avril, incendie de la ville) et de la crête de Messines (10-11 avril), une avance vers Hazebrouck qui vient mourir à proximité de ce carrefour ferroviaire de grande importance (12-15 avril), la destruction et la capture de Bailleul (12-15 avril), une première bataille sur le Mont Kemmel (17-19 avril), un nouvel échec pour atteindre Béthune qui entraîne, de rage, le bombardement massif de tout le centre de la ville.

 

Voir aussi :

21 mars 1918 - Offensive du printemps - l’opération « Michael »

 

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31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 23:01

Le 1er avril 1572, des « gueux », qui sont en réalité des nobles calvinistes, débarquent en Hollande et s'emparent du port de Brielle et quelques jours plus tard de celui de Flessingue. Cet événement a provoqué la généralisation de la rébellion hollandaise contre l'Espagne à d'autres cités de Hollande et de Zélande.

C'est le début d'une longue guerre de libération des Provinces-Unies, sous souveraineté espagnole, la « guerre de Quatre-Vingts Ans ». Elle donnera naissance aux Pays-Bas actuels.

 

La prise de Brielle

Les Gueux de mer étaient conduits par le Liégeois Guillaume II de La Marck, seigneur de Lummen. À la fin de mars, ils partirent de Douvres (Angleterre), expulsés par Élisabeth Ire d'Angleterre, qui interdit de les aider. Avec une flotte de 24 embarcations de diverses tailles et environ 200 hommes, ils mirent le cap vers la Zélande. Poussés par la fatigue et le manque de vivres, ils remontèrent la Meuse en direction de Brielle.

La cité, fortifiée, était peu peuplée et se trouvait sans garnison militaire pour la défendre. Les Gueux de mer divisèrent leur flotte en deux: pendant que le Liégeois La Marck s'approchait par le nord, le huguenot français Guillaume de Blois, seigneur de Treslong, attaqua par le sud. Les habitants, qui en majorité, avaient fui devant la présence des assaillants, n'opposèrent aucune résistance, et les Gueux prirent facilement la cité.

Le IIIe duc d'Albe Ferdinand Alvare de Tolède, à cette époque gouverneur des Pays-Bas espagnols envoya le comte de Bossu, stathouder de Hollande et Zélande après le renoncement de Guillaume Ier d'Orange-Nassau, avec la mission d'étouffer la rébellion. Bossu leva dix compagnies de la garnison d'Utrecht. Arrivé à La Brielle, ses troupes furent rejetées par les hollandais, qui mirent le feu à quelques barques espagnoles, obligeant les forces de Bossu à se retirer vers Rotterdam.

 

Après la prise de Brielle, d'autres cités de Hollande et Zélande rejoignirent la rébellion. Le 6 avril, les Gueux prirent Flessingue et ensuite Dordrecht et Gorcum, où ils arrêtèrent dix-neuf religieux catholiques qui furent exécutés sans jugement, religieux qui ont été appelés les Martyrs de Gorcum.

L'extension du conflit a entraîné sept ans après la fondation des Provinces-Unies et l'aggravation de la guerre contre l'Empire espagnol, qui se terminera en 1648 avec l'indépendance définitive des Pays-Bas vis-à-vis de la monarchie espagnole.

 

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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 23:01

Le dimanche 30 mars 1856,  l'Angleterre, la France, la Turquie et la Russie signent la paix de Paris et mettent un terme à la guerre de Crimée.

 

C’est la querelle dite des Lieux Saints  qui déclenche  la guerre entre l'Angleterre, la France, la Turquie et le royaume de Piémont-Sardaigne d’une part et la Russie d’autre part,  dite « guerre de Crimée ».

 

Après un siège de Sébastopol particulièrement long et douloureux, la guerre s’achève avec des pertes immenses pour les alliés décimés par le choléra et les batailles. La victoire est arrachée péniblement au prix de 240.000 morts pour l’ensemble des belligérants. C’est la disparition du tsar Nicolas Ier, en 1855, qui enclenche le processus de paix.

 

Traité de Paris entre la Russie et l'empire Ottoman

Pour mettre fin à la guerre de Crimée, un congrès fut convoqué à l’initiative de Napoléon III à Paris du 27 février au 8 avril 1856. L’empereur apparut alors comme l’arbitre de l’Europe et ce fut pour lui une revanche sur le congrès de Vienne de 1815. Il réunit les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Turquie, de la Grande-Bretagne, du Piémont-Sardaigne, de l’Autriche et de la Prusse sous la présidence du ministre français Walewski.

 

Le traité de Paris signé 30 mars prévoit la neutralisation de la mer Noire, désormais interdite à tout navire de guerre ! Il instaure aussi la liberté de navigation sur le Danube, un fleuve qui baigne l'Allemagne du sud, l'Autriche, l'empire ottoman et la Russie. Il fait perdre à la Russie une grande partie de son influence dans cette région.

Il réaffirme par ailleurs l'intégrité de l'empire ottoman, admis désormais à participer à la diplomatie européenne. Mais Napoléon III intervient en faveur de l'union personnelle des deux principautés de Valachie et Moldavie, dans l'empire ottoman, d'où sortira le futur royaume de Roumanie.

 

L'influence française sort renforcée en Orient. Mais la Russie, humiliée, prend conscience de sa faiblesse et reproche durablement à son ex-allié autrichien de ne pas l'avoir soutenue. Le nouveau tsar, Alexandre II, entreprend de vastes réformes.

L'Angleterre, déçue par son alliance avec la France après sept siècles de conflits quasi-ininterrompus, se retire dans un « splendide isolement » jusqu'à la fin du siècle. Ce qui va permettre à l'Italie et l'Allemagne de forger leur unité, au détriment de l'Autriche.

 

Loin d’être un simple épisode de plus dans l’histoire de l’Europe, la guerre de Crimée ouvre sur le type de guerre moderne qui sera le propre du XXème siècle et révèle les tensions géopolitiques qui marqueront la suite de l’Histoire.

 

 

Voir également : 27 mars 1854 - Début de la guerre de Crimée

 

 

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28 mars 2018 3 28 /03 /mars /2018 23:01

Lors de leur ultime offensive de la « Grande Guerre », du 23 mars au 9 août 1918, les Allemands bombardent Paris avec trois canons géants situés dans la forêt de Saint-Gobain, dans l'Aisne à 140 km au nord de la capitale. Ils sont surnommés Langer Friedrich (« Frédéric le Long »), en hommage à l'industriel Friedrich Krupp, et Gross Gustav en hommage à son gendre. Le 29 mars 1918, l'un de ces canons tire un obus atteint l'église Saint-Gervais, pendant les vêpres du Vendredi Saint.

 

Plusieurs centaines de fidèles sont assemblés depuis 16h00 dans l'église Saint Gervais, dans le 4ème arrondissement à proximité de l'Hôtel de Ville, pour assister à la messe et célébrer la mort du Christ. La grande nef de l'église est comble. Les réputés « chanteurs de Saint-Gervais » gagnent leur tribune du transept gauche, juste avant le début de l'office prévu à 16h30.

Un bruit sourd retentit soudain, dont les échos se répercutent dans toute la ville. Un obus allemand a atteint l'édifice religieux, perforant la toiture au niveau du mur latéral nord, et venant toucher un des piliers soutenant la voûte, qui s'effondre en partie sur les fidèles. La plus grosse pierre tombée, qui fut pesée par la suite, était de 700 kilos !

 

Ce bombardement fait  91 morts (dont 52 femmes) et 68 blessés parmi les fidèles. Au point de chute central, juste sous la clef de voûte, l'éboulement creusa un tel trou dans le sol de l'église, que les ossements des anciennes sépultures de l'église furent ramené à la surface. L'événement a un retentissement jusqu'en Amérique.

Quelques traces de ce bombardement subsistent sur le pilier à l'angle ouest de la nef et du transept sud.

 

Au total, entre le 23 mars et le 9 août 1918, 183 projectiles font 256 tués et 620 blessés parmi les Parisiens. Ceux-ci vont longtemps confondre ces canons à très longue portée avec un autre canon de bien moindre portée, surnommé Gross Bertha, qui avait bombardé Liège, Maubeuge et Dunquerque à l'été 1914.

 

 

La population et la presse accusent  « Grosse Bertha », dont la réputation est faite depuis les débuts de la guerre.

Mais la pièce d’artillerie baptisée « Dicke Bertha » par les Allemands, en référence à madame ou mademoiselle Krupp (les sources divergent), était un obusier de très gros calibre (420 mm) et de faible portée (14 km) conçu pour l’attaque des forts. Compte tenu de leur portée, elles n’ont pu tirer sur Paris qui ne s’est jamais trouvé à moins de 20 km de l’extrême avancée allemande en 1914 et à moins de 90 km en juillet 1918.

En France, on a longtemps désigné (à tort) sous ce nom le canon utilisé pour le bombardement de Paris en 1918, mais il s'agit en fait d'un modèle bien différent (Ferngeschütz ou Kaiser-Wilhelm-Geschütz).

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