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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 23:01

Le 4 septembre 1914, un mois après le début de la Grande Guerre, les Allemands entrent sans combat dans le fort de la Pompelle, érigé à l'orée de Reims dans les années 1880 et... désarmé en 1913. De cette position, les canons bombardent la ville.

 

 

 

Les premiers dégâts subis par la cathédrale sont antérieurs au 19 septembre.

En effet, lors du bombardement d’intimidation que Reims connaît le 4 septembre 1914 au matin, 4 obus tombent dans les environs de la cathédrale. Leurs éclats abiment des verrières côté nord et  la statuaire du portail. Un cinquième obus, lui, touche directement l’édifice au croisillon nord du transept. Mais l’intérieur de l’édifice n’est pas atteint et les dégâts extérieurs sont minimes. A partir du 14 septembre, les Allemands qui viennent d’évacuer Reims mais occupent toujours les forts qui dominent la ville, soumettent celle-ci au feu de leurs canons. Du 14 au 18 septembre, ces bombardements causent la mort d’environ 140 personnes. La cathédrale est atteinte à plusieurs reprises. Le 17 septembre, 3 obus percent la toiture aux environs de la tourelle du carillon. Le 18 septembre de nouveaux obus frappent l’édifice, tuant un gendarme français et deux des nombreux blessés allemands installés dans la cathédrale.

 

Le samedi 19 septembre 1914, le bombardement de la cathédrale Notre-Dame commence vers 7h30.

Après une courte accalmie en fin de matinée, le bombardement reprend à midi, tuant un des adjoints, le docteur Jacquin, qui sortait de l’Hôtel de Ville.

À 15 heures, un obus touche l’échafaudage en bois de pin qui depuis mai 1913 ceinturait la tour nord de la cathédrale et l’enflamme. Vers 15h30, la toiture prend feu rendant l’incendie visible de loin ce qui amène les Allemands à cesser leur tir. Mais la chaleur de l’incendie met en ébullition les 400 tonnes de feuilles de plomb qui recouvrent la toiture. Le plomb fondu se répand alors sur les voûtes et coule par les gargouilles, provoquant une spectaculaire fumée couleur jaune d’or. À 15h50 l’échafaudage s’effondre sur le parvis, remplissant celui-ci de fumée.

 

Le bilan humain

Le drame touche aussi l’intérieur de la cathédrale où sont rassemblés de nombreux blessés allemands. Cette transformation de la cathédrale en hôpital militaire remonte à une décision prise par les autorités militaires allemandes lors de la courte occupation de Reims. Le 11 septembre 15 000 bottes de paille sont amenées pour servir de couchage tandis que les chaises sont empilées dans le chœur. En même temps, un drapeau de la Croix Rouge remplace, au sommet de la tour nord, le drapeau blanc installé le 4 septembre. A la reprise de la ville, le projet allemand est repris à son compte par l’État-major français qui, le 16 septembre, fait regrouper dans la cathédrale les 131 blessés allemands soignés dans les hôpitaux de Reims. Or, le 19 septembre, très vite, des flammèches venant de l’incendie de l’échafaudage communiquent le feu aux bottes de paille. Affolés, les blessés allemands tentent de sortir mais sont bloqués par quelques soldats territoriaux et une foule de quelques 300 Rémois déchaînés contre eux. Il faut l’insistance du clergé de la cathédrale et d’un capitaine de dragons français pour que les blessés allemands soient finalement évacués. Mais 14 Allemands sont morts, dont 10 qui ont tenté de fuir par la cour de l’archevêché. Au total, les bombardements du 19 septembre 1914 causent la mort de 32 personnes.

 

Le bilan matériel

Il ne reste rien de la toiture sur la nef, les transepts, le chœur, l’abside et les bas-côtés. Le clocher de l’Ange a totalement disparu. Cependant, les voûtes ont tenu même si elles ont souffert du feu. A l’intérieur, l’incendie a dégradé la pierre, en particulier les sculptures du revers du portail sud. Une grande partie du mobilier est en cendres : les tambours et les stalles du XVIIIe siècle, le tapis du sacre de Charles X, le trône archiépiscopal. Le clergé a pu cependant évacuer les objets liturgiques et le Trésor de la cathédrale au début de l’incendie. Au total, si les superstructures de la cathédrale ont résisté, l’incendie a entraîné des dommages importants et le bâtiment se trouve désormais exposé sans toiture aux intempéries.

 

 

La contre-offensive de la Marne permet aux Français de reprendre le fort dès le 24 septembre 1914 mais jusqu'à la fin de la guerre, quatre ans plus tard, la ville et sa cathédrale n'en finiront pas d'être touchées par des obus.

 

Grâce à un don de John Rockefeller, la cathédrale est reconstruite dans les années 1920 par l'architecte Henri Deneux, qui conçoit une ingénieuse charpente en ciment armé.

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 23:01

Les Allemands attendaient les Jeux Olympiques de Munich de 1972 pour effacer le triste souvenir des Jeux de Berlin de 1936, présidés par Hitler. Mais le 5 septembre, onze athlètes israéliens sont abattus par un commando de l'organisation palestinienne Septembre noir.

 

Une semaine après le début des Jeux Olympiques de Munich, le mardi 5 septembre, à quatre heures du matin, huit hommes armés s'infiltrent dans le village olympique. Ils gagnent le bloc 31 où dort la délégation israélienne et pénètrent en force dans les appartements.

Sur les quinze sportifs présents, deux sont tués en tentant de résister aux intrus, un troisième arrive à s'enfuir en arrachant une fenêtre, un quatrième s'échappera un peu plus tard. Restent onze otages aux mains du commando.

Le chef du commando communique à un agent de police un texte revendicatif. On apprend comme cela qu'il se réclame d'un groupe terroriste palestinien appelé « Septembre Noir ». Ce nom fait référence au massacre par le roi Hussein de Jordanie des groupes armés palestiniens présents sur son territoire en septembre 1970 et affiliés à l'OLP de Yasser Arafat (Organisation de Libération de la Palestine).

 

Le président du Comité international olympique demande aux autorités allemandes d'entraîner les ravisseurs et leurs otages hors de l'enceinte olympique. À la hâte, on négocie avec les terroristes leur départ pour l'Égypte. Dès la nuit suivante est organisé le transfert en hélicoptère des terroristes et des Israéliens à l'aéroport. Quand les deux hélicoptères arrivent sur le tarmac, la police lance l'assaut avec une incroyable maladresse.

Trois terroristes sur les huit sont immédiatement abattus. Les autres, se voyant assaillis, ont le temps de jeter une grenade dans un hélicoptère et de tirer dans le second où sont attachés leurs prisonniers : 9 otages israéliens sont tués. Un policier allemand meurt également au cours des échanges de tirs. Trois terroristes survivants restent aux mains des policiers.

Les Jeux Olympiques sont suspendus et un hommage à la mémoire des disparus a lieu dans le stade olympique. Pour ne pas céder devant le défi terroriste, le Comité International Olympique ordonne la poursuite des compétitions après une pause de 34 heures.

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28 août 2017 1 28 /08 /août /2017 23:10

Le mardi 29 août 1944, à l'approche de l'armée américaine, des soldats allemands instaurent la terreur dans la vallée de la Saulx, suite à des actes de résistance. 86 habitants de 16 à 85 ans des communes de Couvonges, Robert-Espagne, Beurey-sur-Saulx, Mognéville, et Trémont-sur-Saulx sont abattus et plusieurs centaines de maisons brûlées (54 maisons sur 60 détruites à Couvonges, 200 sur 300 à Robert-Espagne).

 

Arrivée en Lorraine de troupes venues d'Italie

Au début août 1944, Hitler décide de faire venir en France la 3e division de Panzergrenadiers qui est alors en Italie, dans la région de Florence. L'un de ses régiments, le 29e régiment de Panzergrenadiers, arrive ainsi au sud-ouest de Bar-le-Duc (Meuse) le 28 août.

Il répartit ses différentes unités dans plusieurs villages situés entre Bar-le-Duc et Saint-Dizier (Haute-Marne), notamment dans la vallée de la Saulx. Compte tenu de l'avance alliée, la mission de ce régiment n'est plus d'engager le combat contre les Américains mais de couvrir la retraite d'autres unités allemandes. Il s'agit de leurrer les Alliés en faisant croire à une présence ennemie plus importante qu'elle n'est en réalité.

Dès le 29 août au matin, plusieurs unités de ce régiment, équipées de véhicules blindés légers, se préparent à remplir leur mission. Elles quittent leur cantonnement pour faire mouvement vers l'ouest, en direction de Vitry-le-François. Un de leurs convois circule dans la forêt à proximité de Robert-Espagne mais il est attaqué par un petit groupe de résistants locaux. Un officier allemand donne aussitôt l'ordre de bloquer l'accès aux villages qu'il allait traverser, tous dans la Meuse et dans la vallée de la Saulx.

 

 

La tuerie de la vallée de la Saulx

Quatre villages sont particulièrement visés : Robert-Espagne, Beurey-sur-Saulx, Couvonges et Mognéville.

À chaque fois, les soldats empêchent toute personne d’en sortir ou d’y pénétrer. À midi, ils raflent les hommes rentrés manger chez eux. Ils fouillent systématiquement les maisons et mettent le feu aux maisons en lançant des plaquettes incendiaires. Les femmes et les enfants fuient sur les hauteurs dominant la vallée. À Robert-Espagne, Couvonges et Mognéville, les hommes raflés sont rassemblés sous bonne garde. Dans les deux premières localités, ils seront abattus vers 15 heures à l’aide de mitrailleuses. À Mognéville, un notaire qui parle allemand parvient à négocier la libération des otages mais une femme et deux hommes perdront néanmoins la vie dans ce village. À Beurey-sur-Saulx, plusieurs Malgré-nous parviennent discrètement à dire aux villageois de fuir. Dans ce village, les 6 victimes du 29 août seront 5 vieillards et une jeune fille, abattus devant leur maison en flammes ou tués dans une tranchée-abri. À Robert-Espagne, 49 hommes sont fusillés et un autre abattu dans une rue. À Couvonges, 26 hommes sont fusillés.

À Trémont-sur-Saulx, une localité voisine de Robert-Espagne, une jeune fille de 16 ans a eu la malchance d'être aperçue par des soldats du 29e qui l'abattent.

 

Responsabilités et poursuites

Après Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), Maillé (Indre-et-Loire), Tulle (Corrèze) et Ascq (Nord), la vallée de la Saulx (à la limite entre les départements de la Marne et de la Meuse) figure parmi les cinq grands massacres commis en France par les Allemands en 1944.

Alors que les premiers sont l’œuvre des SS, celui de ces villages meusiens a été commis par des militaires de la Wehrmacht.

L'enquête permit d'identifier les auteurs du massacre comme appartenant au 29e régiment de la 3e division de Panzer-Grenadiers, commandée par le generalmajor Hans Hecker.

L’affaire fut confiée au tribunal militaire de Metz qui identifia 8 militaires allemands (sur la cinquantaine qui aurait participé aux exactions). En 1950, l’instruction s’acheva mais les 8 inculpés (4 officiers, 2 sous-officiers et 2 soldats) étaient en fuite. Le jugement fut rendu le 28 mai 1952 et les condamnations furent prononcées par contumace : 4 condamnations à mort et 4 condamnations aux travaux forcés à perpétuité. Une peine de mort, celle concernant le colonel Schaefer, commandant du régiment, a été annulée en 1990, la famille du colonel étant parvenue à prouver qu'il ne commandait plus ce régiment le 29 août 1944.

 

 

Lien du jour : Hommage aux martyrs de la vallée de la Saulx

 

 

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 23:01

Hébron est une ville sainte du judaïsme

Située à 30 km au sud de Jérusalem, Juifs et musulmans y situent le caveau de Makhpela (qui est le tombeau des Patriarches et Matriarches), où sont enterrés Abraham, Sarah, Rivka, Jacob.  C’est également à Hébron que le roi David a été oint et qu’il a régné, jusqu’à la prise de Jérusalem.

Une présence juive a été maintenue à Hébron sans discontinuité pendant des millénaires, quel que soit le pouvoir régnant en place.Dans les 1920,  les relations entre les Arabes et les Juifs se tendent rapidement, et les Arabes commencent à harceler les Juifs de façon quasi-quotidienne. Des injures dans la rue, des bastonnades occasionnelles, des pierres jetées dans les fenêtres et des troubles dans le caveau des Patriarches, amènent la communauté juive à déposer de nombreuses plaintes auprès de la police britannique, en se plaignant du manque de protection. Les Juifs attribuent certains de ces troubles à l’Association Nationaliste Arabe Chrétienne-Musulmane qui répand des chansons et autres incitations anti juives.

 

Les massacres d’août 1929

Le signal du déclenchement des hostilités est donné à Jérusalem ce vendredi 23 août vers 11h, après la prière à la mosquée Al Aqsa. Dès le début de la matinée, une foule, munie de gourdins et de couteaux, venue de plusieurs villages des environs de Jérusalem, gagne la mosquée. Un discours nationaliste sur l’esplanade des mosquées explique à la foule que les croyants de l’Islam devront se battre contre les Juifs jusqu’à leur dernière goutte de sang.

Les violences arabes à l’encontre des Juifs commencent dans les rues de la Vieille ville de Jérusalem,  avant de se propager à l’ensemble de la Palestine.

67 Juifs sont assassinés à Hébron et 18 à Safed.

Les massacres de Hébron et Safed ont particulièrement sanglants, mais d’autres tueries se produisent à Motza, Kfar Ouriyah, Jérusalem et Tel Aviv.  À Safed, 18 Juifs sont tués et 80 autres blessés.

Pendant la semaine d'émeutes du 23 au 29 août, on recense en tout 133 morts et 339 blessés suite aux massacres palestiniens de cette journée.

Les villes d'Hebron et Safed seront ensuite vidées de leur population juive pendant trente-sept ans, jusqu'à la guerre des Six Jours.

 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 23:01

Le jeudi 6 juin 1912, le volcan Novarupta en Alaska entre en éruption.

 

Dans le même temps, le sommet du mont Katmai situé à l'est s'effondre sur lui-même en donnant naissance à la caldeira actuelle, la lave émise par le Novarupta provenant en réalité de la chambre magmatique du mont Katmai.

Il s'agit de l'éruption volcanique la plus puissante du XXe siècle.

Le nuage de cendre s’est élevé à plus de 32.000 mètres. Les dépôts de cendres éjectées recouvrent une vallée entière. 

Le ruisseau Knife est asséché et des milliers de jets de vapeurs s'échappent du sol. Cette vallée est alors appelée la Vallée des Dix Milles Fumées. Le nuage de cendre est considérable, il atteint l'Afrique le 17 juin. Il a également été fait état de retombées de cendre en Grèce.

Des simulations réalisées au début des années 2000 montrent que les cendres et gaz volcaniques émis par le Novarupta ont entraîné un refroidissement climatique dans l'hémisphère nord et un affaiblissement de la mousson en Asie.

Voir aussi :

24 août 79 - Disparition de Pompéi

27 août 1883 - Explosion volcanique du Krakatoa

 

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 23:01

Dans le hall de l'aéroport de Lod à Tel-Aviv (Israël), trois Japonais sortent grenades et fusils mitrailleurs et tirent sur la foule, faisant 26 morts et 80 blessés.

Les tireurs appartiennent à l'Armée rouge japonaise (ARJ), une organisation terroriste créée en 1969 alliée au Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP). Parce que la sécurité des aéroports était focalisée sur la possibilité d'une attaque palestinienne, l'utilisation de terroristes japonais a pris les gardes de sécurité par surprise.

Jusqu'alors, aucun groupe engagé dans le terrorisme n'avait pratiqué une telle opération sur le sol israélien. D'autres membres de l'ARJ deviendront instructeurs en arts martiaux dans les camps d'entraînement du Hezbollah, initiant d'autres opérations « kamikazes ».

 

Les victimes décédées sont : dix-sept pèlerins chrétiens de Porto Rico, un citoyen canadien et 8 Israéliens, dont le professeur Aharon Katzir, un biophysicien de renommée internationale (son frère, Ephraïm Katzir, sera élu président d'Israël l'année suivante).

 

Au lendemain de l'attentat, le Premier ministre israélien, Mme Golda Meir, déclarait :

« Ce qui s'est passé cette nuit est un crime minutieusement planifié avec la seule intention de tuer sans distinction. Les assassins étaient des criminels qui ont agi au nom d'une prétendue révolution qui n'a d'autre but que le meurtre et qui ont frappé des pèlerins innocents.»

Réponse du FPLP qui revendique l'attentat :

« Cet attentat n'est qu'une étape dans la lutte des Palestiniens contre l'impérialisme. Il a eu lieu à la veille du cinquième anniversaire de la guerre des six jours. Le FPLP avertit les touristes qu'en se rendant en Israël, ils ne peuvent pas être considérés comme des victimes innocentes. Pour les Palestiniens, le simple choix, comme lieux de tourisme, de leurs territoires occupés, est un parti pris en faveur des Israéliens. »

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 00:01

Le vendredi 27 décembre 1974, à 6h19 une déflagration retentit dans la fosse des Six-Sillons à Liévin (Pas-de-Calais). Une cinquantaine d’hommes se trouvait au fond, exécutant des travaux préparatoires pour l’exploitation future de ce chantier. Quarante-deux « gueules noires » y laissèrent leur vie, le plus jeune avait vingt-cinq ans, le plus âgé cinquante-quatre, laissant 40 veuves et 116 orphelins.

C'est la plus grande catastrophe minière de l'après-guerre.

Depuis quatre jours, la fosse 3-3 bis dite Saint-Amé de l’Unité de production 19 de Lens était au repos, les mineurs passant Noël en famille. Le 26 décembre 1974, la communauté polonaise avait fêté la Saint-Étienne… Le vendredi 27 décembre, à 5h30 le travail reprenait. Moins d’une heure plus tard, c’est le drame.

La déflagration parcourt des kilomètres de galerie, projetant les corps des mineurs à des centaines de mètres.

Très vite, les autorités, les mineurs et leurs familles prennent conscience de la gravité potentielle de l'événement : pour tout le monde et avant même que la chose soit confirmée, il s'agit d'un « coup de poussière », c'est-à-dire l'inflammation du poussier (poussières de charbon en suspension) à la suite d'un coup de grisou  qui a joué le rôle de détonateur. La terrible catastrophe de Courrières de mars 1906 qui avait entraîné le décès de 1 099 mineurs revient immédiatement en mémoire.

 

Le carreau de la mine se trouve bientôt envahi par les proches en quête d'une quelconque information. On cherche en premier lieu à savoir à quel endroit exactement s'est produite la catastrophe : c'est un quartier de Six sillons qui a été touché, situé à 50 mètres en aval du niveau - 70, dans le secteur de la taille 31 qui allait être mise en exploitation.

Dans l'immédiat, il est cependant impossible de descendre porter secours aux éventuels survivants, en raison de la teneur en gaz encore présente dans l'atmosphère confinée de la mine.

Les mineurs employés sur les tailles voisines sont bien vite mobilisés pour les secours mais leur aide demeure limitée. Ils n'en sont pas moins assaillis par les épouses et les proches des mineurs absents : on donne un nom, on demande des détails, on espère encore que le père, le mari, le fils en a réchappé.

 

À 7 heures, le bilan est déjà lourd : deux morts et six blessés évacués vers les hôpitaux de Lens, Liévin, Bully-les-Mines et Lille.

À 8 heures,  la nouvelle s’est répandue dans les corons. Les familles arrivent, se heurtent aux grilles fermées et gardées par la police et les gardes des Houillères.

Vers 10 h 30, le bilan s’alourdit ; on parle de 11 morts, peut-être 14.

Un peu avant 15 heures, Michel d’Ornano, ministre de l’Industrie, arrive pour se recueillir devant les cercueils. Les personnalités se succèdent pendant que les corps continuent d’être remontés. À la fin de la journée, on en dénombre 41. La dernière victime, Pierre Bertinchamps, succombera dimanche midi à ses blessures.

 

Dès le 31 décembre, lors de la cérémonie officielle des funérailles des victimes, le Premier ministre Jacques Chirac promet aux mineurs que « toute la lumière sera faite sur cette catastrophe, toutes les conséquences en seront tirées ».

Le 23 janvier 1981, le Tribunal de Béthune rend son jugement, 7 ans après la catastrophe qui a coûté la vie aux 42 mineurs de la fosse 3-3 bis de Liévin. Il prononce la "faute inexcusable de l'employeur". La Société des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais est déclarée civilement responsable du drame.

C'est une première. Mais la société fera appel, et le jugement définitif qui surviendra en 1984 n'établira finalement pas « la faute inexcusable des Houillères », au grand dam des familles de victimes.

 

Le seul à payer restera l'ingénieur responsable de la fosse de Liévin est lui condamné à 10.000 francs d'amende pour « négligence en hommes et en matériel pour détecter la présence de grisou dans ce puits. »

 

Voir également :

10 mars 1906 - la catastrophe minière de courrières fait officiellement 1099 victimes

Témoignages

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23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 00:01

Le 23 décembre 1933, en soirée, le train rapide Paris - Strasbourg percute par l'arrière un train express Paris – Nancy qui était à presque à l'arrêt à Pomponne (à 25 km à l'est de Paris, aujourd'hui dans le département de Seine-et-Marne).

L’express No 55 Paris - Nancy était d'un train supplémentaire mis en place par la Compagnie des chemins de fer de l'Est qui exploitait alors le réseau pour l'Est de la France, pour faire face à l'afflux de voyageurs pour les fêtes de fin d'année. Or, pour ces trains supplémentaires, on utilisait généralement d'anciens wagons de voyageurs dont la caisse était entièrement en bois avec seulement le châssis en acier.

La puissante locomotive de type 241 Mountain, du rapide No 25-bis Paris - Strasbourg est venue percuter, dans le noir, le dernier wagon du Paris - Nancy, le chevauchant et détruisant ainsi sa caisse en bois et celles des 4 wagons suivants.

 

C'est le deuxième accident ferroviaire le plus meurtrier en France après l'accident de Saint-Michel-de-Maurienne en 1917. On dénombre 204 morts et 120 blessés. Une chapelle ardente est dressée dans la salle à bagages de la gare de Paris-Est, lieu de départ des deux trains. Le président de la République Albert Lebrun vient s’y recueillir.

 

L'enquête ouverte ne put déterminer les réelles causes de l'accident, seules plusieurs hypothèses furent avancées.

Cause humaine

Il semblerait que le mécanicien du train tamponneur ait été daltonien. Ne pouvant discerner la couleur des feux de signalisation dans la nuit, il aurait interprété le signal d'annonce protégeant le train Paris - Nancy comme étant un signal de voie libre. Ce handicap n'était alors pas détecté lors de l'embauche du personnel roulant. D'autre part, du fait de cantons courts de block-système (les signaux en tôle étaient manœuvrés par les trains eux-mêmes. De nuit, la position des panneaux était fournie par des feux produits par des lampes à pétrole), les signaux d'annonce étaient positionnés dans le canton précédent.

Cause climatique

Au vu des conditions météorologiques de cette nuit, en particulier du gel, on ne peut pas non plus exclure un raté de fermeture des signaux devant protéger le train Paris-Nancy.

En effet, les sémaphores ou cocardes étant manœuvrées mécaniquement, le dispositif de commande à distance était susceptible de se gripper en cas de formation de givre sur les organes mobiles ou de gel des lubrifiants.

Facteurs aggravants

Le bilan humain se révéla extrêmement élevé du fait de l'utilisation de voitures en bois.

 

Conséquences

Conséquence de la catastrophe, les voitures à caisse en bois durent être progressivement retirées du service. Cette opération ne fut toutefois achevée que vers 1962 par la SNCF. Entretemps, de 1935 à 1937, la signalisation des grands réseaux de chemins de fer français avait été simplifiée et harmonisée.

 

Les points significatifs furent (signalisation Verlant, mise en place en 1936) :

  1. remplacement des lampes à pétrole par des ampoules électriques beaucoup plus lumineuses ;
  2. remplacement de la couleur verte d'annonce par la couleur jaune, beaucoup plus perceptible. Le signal d'annonce n'est plus constitué de deux feux verts faiblement lumineux, mais par un seul feu jaune ;
  3. remplacement des deux couleurs de sémaphore d'arrêt (une verte et une rouge) par un seul feu rouge ;
  4. remplacement de la couleur de voie libre, le blanc (pouvant être confondu avec n'importe quelle lampe d'éclairage) par la couleur verte ;
  5. conjugaison des feux : un signal mécanique ayant un sémaphore et un avertissement fermés présentait quatre feux : deux verts de l'avertissement et un vert et un rouge du sémaphore. Si l'avertissement était ouvert, on avait alors deux feux blancs de l'avertissement ouvert et toujours les feux rouge et vert du sémaphore fermé. Avec l'électricité et la signalisation Verlant, on n'indique que la signalisation la plus contraignante : sémaphore fermé = un feu rouge, sémaphore ouvert mais avertissement fermé = un feu jaune, signaux ouverts = un feu vert.

 

Voir aussi : 12 décembre 1917 - Accident ferroviaire de Saint-Jean-de-Maurienne

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 00:01

Un Boeing 747 de la compagnie Pan American assurant le vol 103 Francfort/Londres/New York explose en vol au-dessus du village écossais de Lockerbie.

 

Le mercredi 21 décembre 1988, à 18 h 30, le vol 103 de la Pan Am décolle de l'Aéroport de Londres Heathrow. Il vole vers le nord, en suivant son plan de vol. À 19 h 01, l'avion commence à se désintégrer au-dessus de la ville de Lockerbie en Écosse. Une partie de l'avion, comprenant un gros morceau du fuselage, une aile et deux réacteurs, s'écrase sur plusieurs maisons et tue onze habitants de Lockerbie. Les cadavres des 259 victimes de l'explosion encombrent tellement la morgue que le gymnase de la ville est réquisitionné par la police.

L'impact des débris du 747 provoque un trou béant de plusieurs mètres au milieu des habitations.

 

La thèse de l'attentat est avancée suite aux récentes menaces qu'avait reçues la compagnie de la part de la Libye. Le 31 janvier 2001, l'ancien chef de la sécurité aérienne de la Libyan Arab Airlines, Abdel Basset Ali Megrahi, sera reconnu coupable de l'attentat. Il avait réussi à dissimuler la bombe dans un radiocassette.

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17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 00:01

 

Il fait très froid en hiver à Saint-Pétersbourg et les poêles fonctionnent donc en permanence dans le Palais, ancienne demeure des Tsars.

Le soir du 17 décembre 1837, les poêles qui chauffent à plein régime mettent le feu aux boiseries de la salle Pierre 1er. Alors qu’il éclairait autrefois la ville de sa superbe, avec son style baroque, ses stucs dorés, ses colonnes blanches et ses 176 statues, c’est par les flammes, ce soir-là, que le palais illumine la nuit.

L'incendie va ravager l'édifice pendant trente heures malgré l'intervention de 6.000 pompiers et grenadiers de la Neva qui pompent l'eau de la Néva.

Les œuvres d'art du Palais d'Hiver sont heureusement sauvées pour la plupart. Dans l'urgence, on s'est généralement contenté de les jeter dans la neige.

 

Sitôt après le drame, le tsar Nicolas 1er lance la construction d'un nouveau palais. Il sera achevé en un peu plus d'un an et accueillera les collections impériales, jusque-là à l'étroit dans le Petit Ermitage.

 

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 00:01

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 une cuve de produits chimiques explose dans une usine de pesticides à Bhopal, en Inde du Sud.

La structure du réservoir d'isocyanate de méthyle (MIC) explose peu après minuit.

42 tonnes de gaz mortels s’échappent, asphyxiant en premier lieu le bidonville de Khasi Camp où les populations les plus pauvres sont agglutinées, et provoquent la mort de 3.800 personnes le 3 décembre ; puis de 8.000 la première semaine, et de 25.000 personnes un peu plus tard dans d’atroces souffrances.

La fumée blanchâtre se propage dans toute la ville au gré du vent et contamine la population en majorité pauvre de la région. La nappe de gaz qui s'étendra bientôt sur 40 km² provoquera la plus grande catastrophe industrielle mondiale.

Mais il y a aussi de très nombreux blessés et malades. Plus de 200.000 personnes resteront gravement handicapées à vie et autant de personnes sont décédées par la suite avec des malformations importantes.

 

L’accident fait suite à des déficiences récurrentes du système de sécurité, connues mais occultées pour raison d’économie. L’entreprise américaine Union Carbide s’est volatilisée administrativement, puis a été rachetée par la multinationale Dow Chemical qui refuse de dépolluer le site et d’indemniser les victimes comme il se doit.

 

La nuit tragique du 2 au 3 décembre 1984 :

Le premier incident significatif a lieu dans la journée du 21 octobre 1984 durant laquelle les opérateurs échouent dans leur tentative d’accroître la pression dans le réservoir 610 pour en extraire le MIC qui y est stocké. Il semble que les causes de cet échec, tout à fait anormal, ne seront pas examinées en profondeur et qu’aucune mesure ne va être prise, probablement par manque de personnel.

Arrive la fatale nuit du dimanche 2 au lundi 3 décembre, alors que l’usine est partiellement fermée et tourne au ralenti avec des effectifs encore plus réduits que de coutume.

21h15 : Un opérateur de MIC et son contremaître procèdent au lavage d’un tuyau à grande eau. Ce tuyau communique avec le silo 610 et il semble malheureusement que la valve soit inexplicablement restée ouverte, contrairement à toutes les consignes de sécurité. L’eau va donc couler pendant plus de 3 heures et environ mille litres d’eau vont se déverser dans le réservoir. Ce premier fait fera ensuite l’objet de nombreuses contestations (et nous verrons pourquoi), en revanche les faits suivants sont, eux, incontestables.

22h20 : Le réservoir 610 est rempli de MIC à 70% de sa capacité. On y mesure une pression intérieure de 2 psi ce qui est bien puisque la pression admissible est comprise entre 2 et 25 psi.

22h45 : La nouvelle équipe de nuit prend la relève.

23h00 : Un contrôleur note que la pression du réservoir 610 est de 10 psi, soit cinq fois plus qu’à peine une heure auparavant. Étant habitué à ce que de nombreux appareils de contrôle ne fonctionnent pas bien, il ne tient pas compte de ces 400% d’augmentation en une heure !!! Quelques gènes ressenties par le personnel, telles que des picotements des yeux, signalent également une petite fuite de MIC près de ce réservoir. Mais cela est également assez courant dans l’usine ; personne ne se préoccupe donc de ces picotements des yeux pas plus que de la pression anormalement élevée.

23h30 : La fuite est localisée et le contrôleur est prévenu. Celui-ci décide qu’il s’en occupera à minuit et quart, après sa pause thé.

00h15 : La pression intérieure du réservoir 610 dépasse la limite admissible : elle atteint 30 psi et semble continuer à augmenter.

00h30 : La pression atteint 55 psi. Le contrôleur, bravant les instructions reçues de ne pas déranger inutilement son chef de service, se décide enfin à lui téléphoner pour le prévenir. Il sort ensuite pour aller observer l’état du réservoir et entend celui-ci trembler alors qu’il ressent un fort dégagement de chaleur. C’est la panique. Le couvercle en béton du réservoir se fend, puis la valve de sécurité explose, laissant échapper un nuage mortel.

01h00 : Le chef de service arrive, constate rapidement les fuites de gaz toxiques du réservoir 610 et fait sonner l’alarme.

02h30 : On réussit enfin à fermer la valve de sécurité du silo 610.

03h00 : Le directeur de l’usine arrive enfin et donne l’ordre de prévenir la police, ce qui n’avait pas été fait jusqu’alors car la politique officieuse de l’usine était de ne jamais impliquer les autorités locales dans les petits problèmes de fonctionnement.

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 00:01

En difficulté depuis le 13 novembre, et après un remorquage en haute mer, le pétrolier « le Prestige » se brise et emporte dans les fonds marins sa cargaison de 77.000 tonnes de fioul.

 

Le 13 novembre 2002, le Prestige, un pétrolier en transit entre la Lettonie et Gibraltar, au large du cap Finisterre, près des côtes de Galice au nord-ouest de l'Espagne lance un appel de détresse. Dans la tempête il a une brèche de 50 mètres dans son flanc droit.

L'équipage est évacué le 14 novembre, et le 16 alors que plus de 5.000 tonnes de fioul se sont déjà répandues polluant le littoral sur plusieurs dizaines de kilomètres, le gouvernement espagnol le fait remorquer loin au large.

Après plusieurs tentatives de remorquage vers le nord-ouest (pour l'éloigner des côtes) puis vers le sud (peut-être pour l'envoyer vers le Portugal), le 19 novembre 2002, le navire se brise en deux à 270 km des côtes de la Galice et coule par 3.500 mètres de fond.

Pendant les opérations de remorquage, il a perdu de 5 à 10.000 tonnes de fioul lourd (sa cargaison est de 77.000 tonnes de fioul lourd). Le navire ayant de nombreuses fissures, le fioul continue de s'échapper, les estimations parlent de 125 t par jour au bout de 4 semaines.

 

L’attitude des autorités espagnoles sera très contestée dans leur pays mais aussi en France, le remorquage ayant certainement augmenté l’étendue de côtes touchées (de la Galice à la Bretagne sud).

Une gigantesque marée noire va souiller gravement les côtes de Galice, du Portugal, du Pays basque, d'Aquitaine, de Vendée, et du sud de la Bretagne.

 

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 00:01

Le 1er novembre 1347, les responsables du port de Marseille acceptent un bateau génois dont ils savent pourtant qu'il est porteur de la peste.

 

Après plusieurs siècles d'absence, la peste bubonique (avec apparition de «bubons» ou tumeurs à l'aine) fait sa réapparition en 1320 en Mongolie. De là, elle se répand alentour et atteint la mer Noire fréquentée par les Génois.

Comme les Mongols assiègent la ville de Caffa (aujourd'hui Féodossia, en Crimée), ils envoient des cadavres contaminés par-dessus les murailles. Des marins génois arrivent à fuir la ville mais en emportant avec eux le terrible bacille. En accostant à Marseille, ils vont ouvrir au fléau les portes de l'Occident.

 

Un mois plus tard, la peste atteint la Corse et Aix-en-Provence. En janvier 1348, elle est à Arles et Avignon où, en six semaines, elle fait onze mille morts. En avril, la voilà en Auvergne, à Toulouse et Montauban. En juin à Lyon, en juillet à Bordeaux et dans le Poitou. Le 20 août 1348, on la signale à Paris. En décembre, elle atteint Metz...

Durant les premiers mois, le fléau progresse à une moyenne de 75 km par jour en profitant des circuits d'échanges, en particulier fluviaux et maritimes. Sa diffusion est favorisée par le surpeuplement des villes et aussi le goût des habitants pour les bains publics, lesquels vont devoir être fermés les uns après les autres. La peste fait 100.000 morts à Florence. À Paris, on compte 500 morts par jour.

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 23:01

Le 22 octobre 1895 à 16h, le train express n°56 en provenance de Granville transperce la façade de la gare Montparnasse.

Le train express N°56 Granville – Paris est composé de la locomotive N° 721 de type 120,  d’un tender, d’un wagon de bagages et d’un wagon postal, suivis de huit voitures (on parlait encore de wagons de voyageurs à l’époque) et d’un dernier wagon de bagages. Il transportait 131 passagers.

Le convoi pulvérise les heurtoirs, traverse la gare et la terrasse, puis défonce le mur de façade de la gare de Paris-Montparnasse.

La locomotive tombe sur la station de tramways, dix mètres plus bas, mais toutes les voitures de voyageurs resteront dans la gare. Les trois premiers wagons furent très endommagés mais aucun ne dérailla.

S'il ne provoqua qu'un nombre réduit de victimes, son caractère spectaculaire en fit un des accidents ferroviaires les plus connus de l'histoire des chemins de fer français. L’image fera le tour du monde.

La locomotive à vapeur resta sur place quatre jours avant que les services de la ville ne puissent la dégager.

 

Bilan

Aussi incroyable que ça puisse paraître, il n’y a eu aucun mort ni blessé dans le train.

Cinq personnes sont plus ou moins grièvement blessées : deux voyageurs, un pompier et les deux conducteurs, et cinq autres plus légèrement.

En revanche, la locomotive est tombée sur un kiosque à journaux. Marie-Augustine Aiguillard, la kiosquière est tuée, non pas par la locomotive, qui lui passe au-dessus de la tête, mais par un morceau de maçonnerie qui s’est détaché de la façade de la gare, sous l'impact. Elle avait 39 ans et était mère de deux enfants de 5 et 9 ans

Son mari témoigne : « Elle est morte, tuée sur le coup. Elle tricotait, assise sur les marches de la buvette. Et me voilà seul avec mes deux petits garçons. Les Chemins de fer de l’Ouest paieront son enterrement et verseront une – petite – rentre à ses deux enfants.

 

Causes de l’accident

Interrogés immédiatement après l'accident, le mécanicien et le chauffeur invoquèrent une panne du frein à air type Westinghouse, qui avait normalement fonctionné lors du ralentissement sur les aiguillages de la gare d'Ouest-Ceinture, puis au passage à niveau de la rue de la Procession mais s'était révélé défaillant à celui de la rue du Château, quelques centaines de mètres avant l'arrivée.

Ils avaient bien tenté de réduire leur vitesse, qui était alors de 65 km/h en renversant la vapeur et en sablant, tout en sifflant pour demander aux conducteurs d'actionner le freinage d'urgence, mais ces manœuvres s'étaient avérées insuffisantes pour arrêter le convoi à temps.

En effet, l'inversion du sens de marche avait eu lieu trop tardivement, seulement quelques dizaines de mètres avant le butoir, et le conducteur-chef, omettant d'ouvrir le robinet de secours du frein à air, avait juste serré le frein à main de son fourgon.

 

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 23:01

Il est 10h17 ce 21 septembre 2001 lorsqu'un stock de 400 tonnes de nitrate d'ammonium (destiné à la production d’engrais) explose dans le hangar 221. Tout le site AZF (AZote Fertilisants) est soufflé. La détonation était telle qu'elle équivalait à un séisme de puissance de 3,4 sur l'échelle de Richter !

AZF Toulouse accident ou attentat ?

L’explosion entendue à plus de 80 kilomètres de Toulouse tue 31 personnes, dont 21 employés sur le site, en blesse 3.000.

La déflagration creuse un cratère de 70 mètres de long, 40 mètres de largeur et 6 mètres de profondeur.

27.000 logements sont endommagés, 3.500 entreprises touchées ainsi que de nombreux bâtiments publics, dont 120 établissements scolaires. Des vitres sont soufflées jusqu’à 4 kilomètres à la ronde.

L’usine, propriété de la société Grande Paroisse, appartenant au groupe TotalFinaElf, n’est en effet située qu’à 5 km du centre-ville.

 

Ce jour-là, nous sommes dix jours après les attentats de New York ; la piste criminelle est donc dans les toutes les têtes.

Trois mois après l’explosion, la piste de l’accident est privilégiée par les experts, dans leurs conclusions présentées aux juges d’instruction.

Cette hypothèse de l’accident reste toujours privilégiée par les autorités. Cependant de nombreuses voix ont tenté de se faire entendre pour donner une autre explication de cette catastrophe : celle de l’attentat. Selon des témoignages, l'explosion a été précédée de phénomènes de diverses natures (électriques, lumineux, sonores, etc.), et accompagnée de deux « bangs ».

 

Quelques mois plus tard, une loi pour renforcer la sécurité autour des zones industrielles sera votée.

 

La théorie de l’attentat a très largement été évoquée, voici quelques articles :

Sept raisons de ne plus croire à un accident

Les 10 points que la presse n’a pas révélés

AZF : vers la piste d'un attentat le 21 septembre 2001 ?

 

 

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 23:01

Le 15 avril 1989, un mouvement de foule se produit dans le stade de Hillsborough (54.000 places) situé à Sheffield, dans le nord de l'Angleterre. Les incidents se sont produits lorsque quelque 2000 supporters ont tenté de forcer l'entrée pour assister à la demi-finale très attendue de la Coupe d'Angleterre opposant les équipes de Liverpool et de Nottingham Forest. 95 personnes périssent écrasées ou étouffées contre les grilles du stade.

766 personnes sont blessées, l'un des spectateurs blessés a survécu à la tragédie durant presque 4 ans dans un état végétatif avant de devenir la 96e victime.

Le coup d'envoi de la rencontre est programmé à 15 heures, mais en raison d'embouteillages entre Liverpool et Sheffield de nombreux spectateurs, transportés de Liverpool en cars, sont arrivés plus tard qu'à l'habitude.

Entre 14 heures et 14 h 45 un grand nombre d'entre eux s'agglutine dans une zone exiguë à l'extérieur du stade, en face des tourniquets donnant accès à la tribune ouest qui doit les accueillir.

Devant l'affluence et la queue de plusieurs milliers de personnes qui s'est formée, la police du comté décide de faire ouvrir une autre entrée, qui elle ne comporte pas de tourniquets, ce qui provoque un mouvement de foule dans cette direction. La tribune ouest est subdivisée par des grillages et les deux zones centrales ont déjà atteint leur capacité maximale, pourtant les supporters de Liverpool FC ne sont pas dirigés vers les autres zones et traversent le tunnel étroit donnant accès aux zones déjà pleines. La poussée de centaines, voire de milliers de supporters, qui ne soupçonnent pas le danger, provoque une bousculade dans la tribune, où les spectateurs déjà entrés sont comprimés contre les grillages.

 

Le match débute à l'heure prévue, sans que personne ne soupçonne quoi que ce soit. Mais il est interrompu par l'arbitre à 15 h 06. Quelques spectateurs échappent à l'écrasement grâce à une brèche dans le grillage, d'autres entreprennent désespérément d'escalader les grilles ou bien sont hissés par leurs camarades jusqu'au second étage de la tribune. Le terrain est bientôt rempli par les spectateurs essayant de retrouver leur souffle, souffrant d'asphyxie ou de blessures suite à la bousculade, et par les corps des victimes. La police et les services médicaux, débordés par l'ampleur du désastre, ainsi que les supporters valides, s'efforcent d'aider du mieux possible avec des moyens rudimentaires. Certains pratiquent la réanimation cardio-pulmonaire sur les victimes, ou utilisent les panneaux publicitaires comme brancards pour éloigner les blessés de la tribune.

Le gymnase de Sheffield sert temporairement de morgue….

 

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 00:01

Le 18 mars 1967, le pétrolier libérien Torrey Canyon, chargé de 121.000 tonnes de pétrole brut, s'échoue entre les îles Sorlingues et la côte britannique.  

Malgré de nombreuses interventions pour maîtriser la menace de pollution, plusieurs nappes de pétrole dérivent en Manche, venant souiller 218 km de côtes britanniques, en Cornouailles. Les côtes françaises de la Bretagne et du Cotentin sont à leur tour touchées par la marée noire à partir du 10 avril. Il s'est avéré en fait que les principaux dommages écologiques ont été provoqués par les 10.000 tonnes de dispersants utilisés par la marine britannique pour réduire la nappe de pétrole.

 

 

Cet accident fait prendre conscience aux pays européens du risque des marées noires, qui avait été jusque-là négligé. Les premiers éléments de prévention et de lutte contre ces catastrophes sont mis en place.

Cela n'empêchera pas de nombreuses autres marées noires, notamment sur les côtes françaises : les plus importantes sont celles de l'Amoco-Cadiz qui s'échoue le 16 mars 1978 et déverse 223.000 tonnes de pétrole les côtes bretonnes, de l'Erika en décembre 1999 souillant le rivage du Morbihan à la Charente, ou plus récemment du Prestige qui déverse 77.000 tonnes de fioul sur la côte atlantique, de l'Espagne à la Bretagne.

 

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 00:01

Le 29 février 1960, un tremblement de terre ravage la ville d'Agadir, au sud du Maroc. On dénombrera environ 3.000 victimes. Toute la ville est détruite, à l'exception du vieux ksar (château-fort en arabe).

D'une magnitude de 5,7 sur l'échelle de Richter, la secousse s'est produite à 23h40 et a duré 15 secondes.

C'est le tremblement de terre le plus meurtrier de l'histoire du Maroc. Les quartiers les plus proches de la montagne ont été totalement détruits. A l'inverse, le port et la base navale ont peu souffert et ont servi de refuge aux survivants.

L'épicentre du séisme étant situé juste en dessous de la ville, et la ville sur une faille sismique, il est décidé de reconstruire Agadir plus au sud. La première pierre du chantier est posée par le roi Mohammed V le 30 juin 1960. Et le suivi de la reconstruction est confié au prince héritier Moulay Hassan.

55 ans après, Agadir, ville de 600.000 habitants, est aujourd'hui la deuxième ville touristique du Maroc, renommée pour ses kilomètres de plage ensoleillés.

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 00:01

Lors de la 8ème édition du Paris-Dakar, un hélicoptère transportant deux journalistes français, l'organisateur du rallye Thierry Sabine et le chanteur Daniel Balavoine, heurte une dune et explose à 8 kilomètres de Gourma-Rharous, au Mali. Tous les occupants de l'appareil sont tués.

 

A l’occasion de la 14ème journée de la compétition reliant Niamey à Rharous, Daniel Balavoine, Thierry Sabine, la journaliste Nathalie Odent, le technicien radio de RTL Jean-Paul le Fur et le pilote d’hélicoptère François-Xavier Bagnoud s’écrasent dans des conditions qui continuent encore de susciter les interrogations quant aux circonstances exactes de l’accident.

 

Selon la version officielle, surpris par la nuit (vers 18h30) le pilote aurait voulu se poser mais l'hélicoptère pris dans une tempête de sable s'est écrasé. La direction de l'épreuve est reprise par le père de Thierry Sabine, Gilbert.

 

En France, l'émotion était très vive. Daniel Balavoine, alors au sommet de son succès, décède tragiquement alors qu'il s'était rendu sur le Paris-Dakar à des fins humanitaires.

Il suivait la caravane du Paris-Dakar mais n’y participait pas comme en 1983 et 1985. Il était là pour amener des pompes à eau dans les villages traversés par le rallye et venir en aide aux populations du Sahel.

 

 

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 23:56

Le massacre de Sabra et Chatila — deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest — a été perpétré du 16 au 18 septembre 1982 lors de la Guerre du Liban. Les deux camps étaient encerclés par l'armée israélienne, qui y envoya les phalangistes afin d'en extraire des combattants palestiniens présumés présents.

Le samedi 18 septembre 1982, le monde découvre que des massacres ont eu lieu dans les camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth. Les témoignages et les images décrivent une horrible vérité : cette tuerie a duré deux jours sous les yeux de l'armée israélienne.

 

Il fit selon les rapports entre 700 et 3 000 morts parmi des civils palestiniens.

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 23:01

Le samedi 20 août 1955, les indépendantistes algériens du FLN (Front de Libération Nationale) organisent des manifestations violentes dans le Constantinois. Ils prennent prétexte du deuxième anniversaire de la déposition du sultan du Maroc. Les colons européens sont directement visés. Plusieurs dizaines d'hommes, de femmes, d'enfants et de nourrissons sont tués dans des conditions atroces.

L'initiative de l'insurrection revient à Zighout Youssef, successeur de Mourad Didouche à la tête de la zone nord Constantinois pour l'ALN (Armée de libération nationale), appuyé par son adjoint Lakhdar Ben Tobbal. L'enjeu pour le FLN est de faire preuve de sa capacité militaire à mobiliser les masses musulmanes et de sa volonté politique d'être le seul leader dans la lutte nationaliste.

Des fellahs armés de bâtons, de haches, de couteaux, de pioches, de fourches, de serpes, de fusils de chasse se ruèrent dans les rues de Constantine, de Philippeville et dans les villages des montagnes environnantes : El Arrouch, Oued Zenati, Ain Abid, Collo, El Halia, village minier où furent massacrés 7 européens et 51 musulmans qui s’interposaient.

 

En état d'alerte, l'armée française riposte aussi promptement que brutalement.

Piégés par la colère et l'émotion, les colons et les militaires ripostent en massacrant à leur tour des musulmans pris au hasard dans la rue, faisant officiellement plusieurs centaines de victimes innocentes (1.273 morts selon le bilan officiel).

Le résultat de cette répression est immédiat. De très nombreux musulmans modérés, qui étaient restés jusque-là réfractaires aux thèses indépendantistes des groupuscules FLN, basculent de leur côté.

 

C'est l'échec des tentatives d'intégration des musulmans algériens dans la République française et le véritable commencement de la guerre d'indépendance.

Dès le 23 août 1955, le gouvernement français décide le rappel du demi-contingent libéré en avril et le maintien sous les drapeaux du premier contingent de 1954. 

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 23:01

Le largage d'une bombe atomique sur Hiroshima n'ayant pas suffi à vaincre la détermination des dirigeants japonais, les Américains décident, trois jours plus tard, le jeudi 9 août 1945, de larguer « Fat Man » sur le Japon, la deuxième et dernière bombe atomique dont ils disposent.

Le bombardier B-29 Bockscar piloté par le major Charles Sweeney survole d'abord la ville de Kokura. La cible étant occultée par les nuages, il poursuit sa route vers Nagasaki (250.000 habitants) où une éclaircie du ciel lui permet d'effectuer le funeste largage à 11 h 02.

La bombe explosa à 580 m d'altitude, à la verticale du quartier Urakami. La cathédrale chrétienne d'Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon, presque à l'aplomb du largage (dit hypocentre), confondue avec un bâtiment portuaire, fut entièrement détruite.

 

L'explosion de la bombe « Fat Man » fera 70.000 victimes en quelques secondes.

Le président américain Harry Truman voulait ainsi mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. Cinq jours plus tard, l'empereur Hiro-Hito se résignera à une reddition sans condition.

 

Voir aussi : 6 août 1945 - Bombe atomique sur Hiroshima

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4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 23:18

Le dernier épisode de la guerre d'Algérie a lieu à Oran le 5 juillet 1962, le jour même de la proclamation officielle de l'indépendance algérienne. C'est un épisode presque « oublié » de la fin de l'Algérie française.

 

Les accords d'Evian, signés les 18 mars 1962,  consacrent le cessez-le-feu en Algérie qui entre en application dès le lendemain. Mais ce cessez-le-feu n’est pas respecté partout.

Dès le 17 avril, une vague d’enlèvements de personnes s’abat sur Oran. Les rapts s’effectuent par le moyen de barrages établis dans la ville par le FLN, notamment dans les quartiers musulmans que doivent traverser des Européens pour se rendre à leur travail - quartiers où les soldats français ne patrouillent plus. Les enlèvements sont quotidiens. Ils vont se poursuivre jusqu’au mois de novembre.

Le 1er juillet, a lieu en Algérie, qui était encore un département français, un référendum sur l'autodétermination. Le « Oui » l'emporte haut-la-main avec une quasi-unanimité : 99,72% des près de 6 millions de suffrages exprimés. Le 3 juillet, le général de Gaulle reconnaît l'indépendance de l'Algérie qui est officiellement proclamée le jeudi 5 juillet 1962.

 

La fusillade

Ce 5 juillet, les Algériens étaient dans la rue pour fêter l'indépendance quand tout a basculé.

Á 11 heures 15, un coup de feu d’origine inconnue est entendu, place d’Armes à Oran. On n’y prête guère attention, puisque l’on est familier des coups de feu (depuis le 1er juillet, l’habitude est prise de tirer en l’air pour manifester sa joie). Mais d’autres coups de feu répondent au premier. Des musulmans armés se mêlent à la foule. Certains sont en uniforme (ATO et ALN). Et il s’avère que de nombreux manifestants sont armés. Les tirs se généralisent. Un mouvement de panique s’empare de la foule des manifestants musulmans. Beaucoup se couchent à terre. Femmes et enfants s’enfuient.

La fusillade est si nourrie et si confuse qu’on ne peut dire qui tire sur qui. On attaque même les zouaves en faction à l’entrée de l’opéra, qui ripostent.

 

Le massacre

On ignore qui prend l’initiative du massacre d’Européens qui va suivre.

En revanche, concernant son déroulement ainsi que les enlèvements, les témoins directs mettent en cause l’ALN, les ATO et des civils équipés d’armes de poing et de couteaux. Au début, l’on voit beaucoup les ATO s’impliquer dans les lynchages et dans les meurtres. Puis, peu à peu, les hommes de l’ALN s’imposent en nombre dans ces mêmes exactions.

Tous ces hommes armés agressent les Européens qu’ils rencontrent, dans un déchaînement meurtrier. C’est une véritable chasse à l’homme qui s’organise. Elle va mettre à feu et à sang de nombreux quartiers européens. Les hommes armés se ruent sur les immeubles, enfoncent les portes des appartements, ouvrent le feu dans les restaurants, arrêtent, enlèvent, égorgent, au hasard des rencontres.

Des rafales de mitraillette balaient les terrasses des cafés, les porches, les voitures. Sur les atrocités commises, de nombreux témoignages se recoupent : exécutions sommaires d’Européens et de musulmans soupçonnés de leur avoir été favorables, scènes de lynchage (place d’Armes, boulevard de Sébastopol, place Karguentah, boulevard de l’Industrie, rue d’Arzew et ailleurs), actes de torture (pendaison, pendaison à des crocs de boucher, mutilations, énucléations).

Les enlèvements

Les premiers rapts sont signalés vers 12 heures 10 : une centaine d’Européens sont dirigés sur Ville-Nouvelle (quartier musulman du centre). D’autres rapts ont lieu avenue de Sidi-Chami (12 heures 20). Entre 12 heures et 12 heures 30, la poste principale est envahie, les fonctionnaires présents sont égorgés et une trentaine de personnes, hommes et femmes, sont enlevées, contraintes de se déplacer à genoux. À 13 heures 15, des zouaves signalent de nombreux enlèvements d’Européens, rue du Lieutenant-Dahan et dans le secteur du cinéma Rex (rue de Tlemcen). D’autres sont signalés boulevard du 2e-Zouaves, rue d’Arzew (rue Général-Leclerc), boulevard de Mascara (boulevard Édouard-Herriot) et boulevard du Corps-Expéditionnaire-Français. Les hommes de l’ALN quadrillent la ville. Ils enlèvent des personnes, et les regroupent. C’est ainsi qu’ils conduisent des Européens en cortège au commissariat central, ou vers Petit-Lac (quartier musulman, au sud-est). Certains de ces prisonniers sont tués en chemin.

 

Il faut attendre 17 heures pour que l’armée Française prenne position dans la ville et commence à rétablir le calme. Au soir de cette journée, le général De Gaulle apparaît comme prévu à la télévision, et proclame l’indépendance de l’Algérie. Aucune information ne filtre sur les ondes en Métropole sur les évènements du jour à Oran !

 

Cet épisode tragique, qui accélère et amplifie fortement la fuite massive des pieds-noirs vers la métropole, demeure un sujet sensible et controversé.

Chaque camp a donné sa version des événements et de l'origine des tirs qui ont déclenché des exactions et des chasses à l'homme visant des Européens et des musulmans suspectés d'être hostiles à l'indépendance.

Une bataille de chiffres persiste sur le nombre de victimes (morts et disparus), qui serait vraisemblablement de l'ordre de 700 à 1000, selon les différentes sources.

 

Relire aussi :

14 juin 1830 - Les Français débarquent en Algérie

18 mars 1962 - Accords d'Évian

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 00:40

Le mercredi 28 mars 1979 à 4 heures du matin, le système de refroidissement de la centrale nucléaire de « Three Mile Island » (Pennsylvanie) tombe en panne.

Quelques instants plus tard, un technicien désamorce le dispositif de refroidissement de secours par inadvertance. La température grimpe dangereusement au cœur du réacteur nucléaire qui commence à fondre. Des barrettes d'uranium se brisent. La vapeur d'eau radioactive s'accumule et menace de faire exploser la structure.

Les causes de l'accident nucléaire de Three Miles Island

Les causes qui ont mené à la fusion du cœur de l’unité 2 de la centrale (TMI-2) sont une succession d’erreurs de conception, d’erreurs humaines et de pannes matérielles.

 

Tout a commencé par la panne d’une pompe à eau entraîne un problème du générateur de vapeur et donc du refroidissement. La turbine puis le réacteur s’arrêtent alors.

Face à l’augmentation de pression du circuit primaire, un technicien ouvre une vanne pour éviter une surpression dangereuse. Hélas, la fermeture automatique de la vanne ne se produit pas et aucun signal ne l’indique. Une fuite du liquide de refroidissement provoque alors une nouvelle surchauffe et la production d’une multiplicité de signaux confus.

Incapables de déterminer le niveau du liquide refroidissement ni d’identifier le problème, les techniciens déclenchent une série d’actions qui aggravent la situation.

La surchauffe entraîne la rupture des barres de maintien des barres de combustible, qui entrent en fusion. Malgré cette situation critique, les craintes des prévisionnistes ne se réalisent pas : l’enceinte de confinement du réacteur ne se rompt pas pour répandre massivement des radiations.

 

En fin de matinée, les autorités américaines font évacuer les femmes enceintes et les enfants dans un rayon de 8 km. Une fuite de radiation du circuit secondaire et la formation d’une bulle d’hydrogène provoquent des inquiétudes. Un million et demi de litres d'eau contaminée seront déversés dans la rivière Susquehanna pour accélérer le refroidissement du réacteur. La menace d'explosion durera plusieurs jours.

Pour les États-Unis c'est le plus grave accident nucléaire jamais survenu.

Suite à l’étude de cette catastrophe évitée de peu, les exigences en termes de conception, de systèmes de contrôle, de formation des personnels et de procédures d’urgence ont été fortement renforcées et améliorées.

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 00:01

Le contexte

L'Irlande est devenue indépendante en 1922 à l'exception des provinces du nord (Ulster), majoritairement peuplées par les descendants de colons protestants.

La frontière « provisoire » entre les deux parties de l'île, va se pérenniser et la scission entre l'Ulster et l'État libre d'Irlande devenir irrévocable, laissant en suspens le sort de la minorité catholique d'Irlande du Nord, soumise à de constantes vexations et discriminations.

Cette injustice permanente va déboucher sur une longue guerre civile dans les années 1960-1990, avec en point d'orgue de ce « Bloody Sunday » : le dimanche 30 janvier 1972, des paras britanniques tirent délibérément sur une manifestation pacifique de catholiques à Derry (Londonderry).

 30 janvier 1972 - « Bloody Sunday » en Irlande du Nord

 

Le dimanche sanglant

L’après-midi du dimanche 30 janvier 1972, 15 à 20.000 manifestants se réunissent dans le quartier du Bogside, à Derry, la deuxième ville d’Irlande du Nord.

L’initiative de la marche revient à l’Association nord-irlandaise pour les droits civiques (NICRA), qui lutte depuis la fin des années 1960 contre la discrimination faite à l’encontre de la minorité catholique d’Irlande du Nord, notamment en matière de vote et de logement.

 

Cette marche doit partir du Central Drive de Creggann pour traverser le quartier du Bogside en empruntant le pont qui longe le quartier pour se terminer sur Guildhall Square. Ivan Cooper, est à la tête de cette marche pacifique, et prône l’égalité des droits entre catholiques et protestants. Malgré son dialogue avec les autorités unionistes et ses tentatives de négociation avec les forces de l’ordre britanniques, la manifestation est déclarée illégale par les autorités anglaises.

 

À l’origine pacifique, la manifestation dégénère lorsque le 1er bataillon du régiment de parachutistes du Royaume-Uni est envoyé sur place pour contenir les possibles émeutiers. Les soldats britanniques ouvrent le feu sur la foule, tuant treize personnes (dont six adolescents) et en blessant quatorze autres. Un 14e manifestant décède plus tard des suites de ses blessures.

 

Cette journée, désormais inscrite dans l’Histoire sous le nom de « Bloody Sunday », marque une nouvelle étape dans le conflit nord-irlandais.

 

Les Victimes du Bloody Sunday

John Johnston, 59 ans. Le premier touché, il ne décèdera que plusieurs jours après.

Jack Duddy, 17 ans. Tué alors qu’il traversait en courant Rossville Street.

Michael Kelly, 17 ans. Reçu une balle dans l’estomac, il mourut après plusieurs minutes.

James Wray, 22 ans. Fut blessé en traversant Glenfada Park. Achevé à bout portant.

Gerald McKinney, 35 ans. Reçu une balle en pleine poitrine alors qu’il se rendait aux soldats mains au-dessus de la tête à Glenfada Park.

William McKinney, 26 ans. Tué alors qu’il porte secours à Gerald MacKinney.

Gerald Donaghey, 17 ans. Frappé à l’abdomen. Décède sur le chemin de l’hôpital.

John Young, 17 ans. Fauché par une balle en pleine tête.

Michael McDaid, 20 ans. Même sort que John Young au même endroit.

William Nash, 19 ans. Toujours au même endroit, sur Rossville Street, reçoit une balle en pleine poitrine.

Patrick Doherty, 31 ans. La balle rentre par la fesse, lui traverse l’estomac et ressort par la poitrine. Il meurt sur le coup.

Bernard McGuigan, 41 ans. La balle pénètre l’arrière de la tête et le tue instantanément.

Hugh Gilmour, 17 ans. La balle le traverse de part en part alors qu’il rampe vers Rossville Street.

Kevin McElhinney, 17 ans. La balle voyage à travers son corps, rentrant par l’anus et ressortant par son épaule.

 

 

La suite des événements

En réponse, le 22 février, l'Armée républicaine irlandaise (IRA) fera exploser le mess des officiers parachutistes d'Aldershot en Angleterre, provoquant la mort de six civils et d'un militaire.

 

Jusqu’à la fin des années 1990, attentats, fusillades et représailles sanglantes ont rythmé la vie quotidienne des Irlandais du Nord. Entre 1969 et 2002, près de 3.500 personnes ont trouvé la mort dans le cadre du conflit. Plus de 45.000 blessés ont également été recensés.

 

L’escalade de la violence est freinée en 1998 lorsque des accords de paix sont signés entre catholiques et protestants. En 2010, le retrait total du gouvernement britannique de la vie politique nord-irlandaise marque un nouveau coup d’arrêt aux troubles. Mais la paix est aujourd’hui encore précaire : ponctuellement, des affrontements entre catholiques et protestants peuvent éclater.

 

Les commémorations du Bloody Sunday restent sensibles et cristallisent les tensions.

 

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