Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 00:01

Le vendredi 27 décembre 1974, à 6h19 une déflagration retentit dans la fosse des Six-Sillons à Liévin (Pas-de-Calais). Une cinquantaine d’hommes se trouvait au fond, exécutant des travaux préparatoires pour l’exploitation future de ce chantier. Quarante-deux « gueules noires » y laissèrent leur vie, le plus jeune avait vingt-cinq ans, le plus âgé cinquante-quatre, laissant 40 veuves et 116 orphelins.

C'est la plus grande catastrophe minière de l'après-guerre.

Depuis quatre jours, la fosse 3-3 bis dite Saint-Amé de l’Unité de production 19 de Lens était au repos, les mineurs passant Noël en famille. Le 26 décembre 1974, la communauté polonaise avait fêté la Saint-Étienne… Le vendredi 27 décembre, à 5h30 le travail reprenait. Moins d’une heure plus tard, c’est le drame.

La déflagration parcourt des kilomètres de galerie, projetant les corps des mineurs à des centaines de mètres.

Très vite, les autorités, les mineurs et leurs familles prennent conscience de la gravité potentielle de l'événement : pour tout le monde et avant même que la chose soit confirmée, il s'agit d'un « coup de poussière », c'est-à-dire l'inflammation du poussier (poussières de charbon en suspension) à la suite d'un coup de grisou  qui a joué le rôle de détonateur. La terrible catastrophe de Courrières de mars 1906 qui avait entraîné le décès de 1 099 mineurs revient immédiatement en mémoire.

 

Le carreau de la mine se trouve bientôt envahi par les proches en quête d'une quelconque information. On cherche en premier lieu à savoir à quel endroit exactement s'est produite la catastrophe : c'est un quartier de Six sillons qui a été touché, situé à 50 mètres en aval du niveau - 70, dans le secteur de la taille 31 qui allait être mise en exploitation.

Dans l'immédiat, il est cependant impossible de descendre porter secours aux éventuels survivants, en raison de la teneur en gaz encore présente dans l'atmosphère confinée de la mine.

Les mineurs employés sur les tailles voisines sont bien vite mobilisés pour les secours mais leur aide demeure limitée. Ils n'en sont pas moins assaillis par les épouses et les proches des mineurs absents : on donne un nom, on demande des détails, on espère encore que le père, le mari, le fils en a réchappé.

 

À 7 heures, le bilan est déjà lourd : deux morts et six blessés évacués vers les hôpitaux de Lens, Liévin, Bully-les-Mines et Lille.

À 8 heures,  la nouvelle s’est répandue dans les corons. Les familles arrivent, se heurtent aux grilles fermées et gardées par la police et les gardes des Houillères.

Vers 10 h 30, le bilan s’alourdit ; on parle de 11 morts, peut-être 14.

Un peu avant 15 heures, Michel d’Ornano, ministre de l’Industrie, arrive pour se recueillir devant les cercueils. Les personnalités se succèdent pendant que les corps continuent d’être remontés. À la fin de la journée, on en dénombre 41. La dernière victime, Pierre Bertinchamps, succombera dimanche midi à ses blessures.

 

Dès le 31 décembre, lors de la cérémonie officielle des funérailles des victimes, le Premier ministre Jacques Chirac promet aux mineurs que « toute la lumière sera faite sur cette catastrophe, toutes les conséquences en seront tirées ».

Le 23 janvier 1981, le Tribunal de Béthune rend son jugement, 7 ans après la catastrophe qui a coûté la vie aux 42 mineurs de la fosse 3-3 bis de Liévin. Il prononce la "faute inexcusable de l'employeur". La Société des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais est déclarée civilement responsable du drame.

C'est une première. Mais la société fera appel, et le jugement définitif qui surviendra en 1984 n'établira finalement pas « la faute inexcusable des Houillères », au grand dam des familles de victimes.

 

Le seul à payer restera l'ingénieur responsable de la fosse de Liévin est lui condamné à 10.000 francs d'amende pour « négligence en hommes et en matériel pour détecter la présence de grisou dans ce puits. »

 

Voir également :

10 mars 1906 - la catastrophe minière de courrières fait officiellement 1099 victimes

Témoignages

Repost 0
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 00:01

Le 23 décembre 1933, en soirée, le train rapide Paris - Strasbourg percute par l'arrière un train express Paris – Nancy qui était à presque à l'arrêt à Pomponne (à 25 km à l'est de Paris, aujourd'hui dans le département de Seine-et-Marne).

L’express No 55 Paris - Nancy était d'un train supplémentaire mis en place par la Compagnie des chemins de fer de l'Est qui exploitait alors le réseau pour l'Est de la France, pour faire face à l'afflux de voyageurs pour les fêtes de fin d'année. Or, pour ces trains supplémentaires, on utilisait généralement d'anciens wagons de voyageurs dont la caisse était entièrement en bois avec seulement le châssis en acier.

La puissante locomotive de type 241 Mountain, du rapide No 25-bis Paris - Strasbourg est venue percuter, dans le noir, le dernier wagon du Paris - Nancy, le chevauchant et détruisant ainsi sa caisse en bois et celles des 4 wagons suivants.

 

C'est le deuxième accident ferroviaire le plus meurtrier en France après l'accident de Saint-Michel-de-Maurienne en 1917. On dénombre 204 morts et 120 blessés. Une chapelle ardente est dressée dans la salle à bagages de la gare de Paris-Est, lieu de départ des deux trains. Le président de la République Albert Lebrun vient s’y recueillir.

 

L'enquête ouverte ne put déterminer les réelles causes de l'accident, seules plusieurs hypothèses furent avancées.

Cause humaine

Il semblerait que le mécanicien du train tamponneur ait été daltonien. Ne pouvant discerner la couleur des feux de signalisation dans la nuit, il aurait interprété le signal d'annonce protégeant le train Paris - Nancy comme étant un signal de voie libre. Ce handicap n'était alors pas détecté lors de l'embauche du personnel roulant. D'autre part, du fait de cantons courts de block-système (les signaux en tôle étaient manœuvrés par les trains eux-mêmes. De nuit, la position des panneaux était fournie par des feux produits par des lampes à pétrole), les signaux d'annonce étaient positionnés dans le canton précédent.

Cause climatique

Au vu des conditions météorologiques de cette nuit, en particulier du gel, on ne peut pas non plus exclure un raté de fermeture des signaux devant protéger le train Paris-Nancy.

En effet, les sémaphores ou cocardes étant manœuvrées mécaniquement, le dispositif de commande à distance était susceptible de se gripper en cas de formation de givre sur les organes mobiles ou de gel des lubrifiants.

Facteurs aggravants

Le bilan humain se révéla extrêmement élevé du fait de l'utilisation de voitures en bois.

 

Conséquences

Conséquence de la catastrophe, les voitures à caisse en bois durent être progressivement retirées du service. Cette opération ne fut toutefois achevée que vers 1962 par la SNCF. Entretemps, de 1935 à 1937, la signalisation des grands réseaux de chemins de fer français avait été simplifiée et harmonisée.

 

Les points significatifs furent (signalisation Verlant, mise en place en 1936) :

  1. remplacement des lampes à pétrole par des ampoules électriques beaucoup plus lumineuses ;
  2. remplacement de la couleur verte d'annonce par la couleur jaune, beaucoup plus perceptible. Le signal d'annonce n'est plus constitué de deux feux verts faiblement lumineux, mais par un seul feu jaune ;
  3. remplacement des deux couleurs de sémaphore d'arrêt (une verte et une rouge) par un seul feu rouge ;
  4. remplacement de la couleur de voie libre, le blanc (pouvant être confondu avec n'importe quelle lampe d'éclairage) par la couleur verte ;
  5. conjugaison des feux : un signal mécanique ayant un sémaphore et un avertissement fermés présentait quatre feux : deux verts de l'avertissement et un vert et un rouge du sémaphore. Si l'avertissement était ouvert, on avait alors deux feux blancs de l'avertissement ouvert et toujours les feux rouge et vert du sémaphore fermé. Avec l'électricité et la signalisation Verlant, on n'indique que la signalisation la plus contraignante : sémaphore fermé = un feu rouge, sémaphore ouvert mais avertissement fermé = un feu jaune, signaux ouverts = un feu vert.

 

Voir aussi : 12 décembre 1917 - Accident ferroviaire de Saint-Jean-de-Maurienne

 

Repost 0
21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 00:01

Un Boeing 747 de la compagnie Pan American assurant le vol 103 Francfort/Londres/New York explose en vol au-dessus du village écossais de Lockerbie.

 

Le mercredi 21 décembre 1988, à 18 h 30, le vol 103 de la Pan Am décolle de l'Aéroport de Londres Heathrow. Il vole vers le nord, en suivant son plan de vol. À 19 h 01, l'avion commence à se désintégrer au-dessus de la ville de Lockerbie en Écosse. Une partie de l'avion, comprenant un gros morceau du fuselage, une aile et deux réacteurs, s'écrase sur plusieurs maisons et tue onze habitants de Lockerbie. Les cadavres des 259 victimes de l'explosion encombrent tellement la morgue que le gymnase de la ville est réquisitionné par la police.

L'impact des débris du 747 provoque un trou béant de plusieurs mètres au milieu des habitations.

 

La thèse de l'attentat est avancée suite aux récentes menaces qu'avait reçues la compagnie de la part de la Libye. Le 31 janvier 2001, l'ancien chef de la sécurité aérienne de la Libyan Arab Airlines, Abdel Basset Ali Megrahi, sera reconnu coupable de l'attentat. Il avait réussi à dissimuler la bombe dans un radiocassette.

Repost 0
17 décembre 2016 6 17 /12 /décembre /2016 00:01

 

Il fait très froid en hiver à Saint-Pétersbourg et les poêles fonctionnent donc en permanence dans le Palais, ancienne demeure des Tsars.

Le soir du 17 décembre 1837, les poêles qui chauffent à plein régime mettent le feu aux boiseries de la salle Pierre 1er. Alors qu’il éclairait autrefois la ville de sa superbe, avec son style baroque, ses stucs dorés, ses colonnes blanches et ses 176 statues, c’est par les flammes, ce soir-là, que le palais illumine la nuit.

L'incendie va ravager l'édifice pendant trente heures malgré l'intervention de 6.000 pompiers et grenadiers de la Neva qui pompent l'eau de la Néva.

Les œuvres d'art du Palais d'Hiver sont heureusement sauvées pour la plupart. Dans l'urgence, on s'est généralement contenté de les jeter dans la neige.

 

Sitôt après le drame, le tsar Nicolas 1er lance la construction d'un nouveau palais. Il sera achevé en un peu plus d'un an et accueillera les collections impériales, jusque-là à l'étroit dans le Petit Ermitage.

 

Repost 0
3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 00:01

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 une cuve de produits chimiques explose dans une usine de pesticides à Bhopal, en Inde du Sud.

La structure du réservoir d'isocyanate de méthyle (MIC) explose peu après minuit.

42 tonnes de gaz mortels s’échappent, asphyxiant en premier lieu le bidonville de Khasi Camp où les populations les plus pauvres sont agglutinées, et provoquent la mort de 3.800 personnes le 3 décembre ; puis de 8.000 la première semaine, et de 25.000 personnes un peu plus tard dans d’atroces souffrances.

La fumée blanchâtre se propage dans toute la ville au gré du vent et contamine la population en majorité pauvre de la région. La nappe de gaz qui s'étendra bientôt sur 40 km² provoquera la plus grande catastrophe industrielle mondiale.

Mais il y a aussi de très nombreux blessés et malades. Plus de 200.000 personnes resteront gravement handicapées à vie et autant de personnes sont décédées par la suite avec des malformations importantes.

 

L’accident fait suite à des déficiences récurrentes du système de sécurité, connues mais occultées pour raison d’économie. L’entreprise américaine Union Carbide s’est volatilisée administrativement, puis a été rachetée par la multinationale Dow Chemical qui refuse de dépolluer le site et d’indemniser les victimes comme il se doit.

 

La nuit tragique du 2 au 3 décembre 1984 :

Le premier incident significatif a lieu dans la journée du 21 octobre 1984 durant laquelle les opérateurs échouent dans leur tentative d’accroître la pression dans le réservoir 610 pour en extraire le MIC qui y est stocké. Il semble que les causes de cet échec, tout à fait anormal, ne seront pas examinées en profondeur et qu’aucune mesure ne va être prise, probablement par manque de personnel.

Arrive la fatale nuit du dimanche 2 au lundi 3 décembre, alors que l’usine est partiellement fermée et tourne au ralenti avec des effectifs encore plus réduits que de coutume.

21h15 : Un opérateur de MIC et son contremaître procèdent au lavage d’un tuyau à grande eau. Ce tuyau communique avec le silo 610 et il semble malheureusement que la valve soit inexplicablement restée ouverte, contrairement à toutes les consignes de sécurité. L’eau va donc couler pendant plus de 3 heures et environ mille litres d’eau vont se déverser dans le réservoir. Ce premier fait fera ensuite l’objet de nombreuses contestations (et nous verrons pourquoi), en revanche les faits suivants sont, eux, incontestables.

22h20 : Le réservoir 610 est rempli de MIC à 70% de sa capacité. On y mesure une pression intérieure de 2 psi ce qui est bien puisque la pression admissible est comprise entre 2 et 25 psi.

22h45 : La nouvelle équipe de nuit prend la relève.

23h00 : Un contrôleur note que la pression du réservoir 610 est de 10 psi, soit cinq fois plus qu’à peine une heure auparavant. Étant habitué à ce que de nombreux appareils de contrôle ne fonctionnent pas bien, il ne tient pas compte de ces 400% d’augmentation en une heure !!! Quelques gènes ressenties par le personnel, telles que des picotements des yeux, signalent également une petite fuite de MIC près de ce réservoir. Mais cela est également assez courant dans l’usine ; personne ne se préoccupe donc de ces picotements des yeux pas plus que de la pression anormalement élevée.

23h30 : La fuite est localisée et le contrôleur est prévenu. Celui-ci décide qu’il s’en occupera à minuit et quart, après sa pause thé.

00h15 : La pression intérieure du réservoir 610 dépasse la limite admissible : elle atteint 30 psi et semble continuer à augmenter.

00h30 : La pression atteint 55 psi. Le contrôleur, bravant les instructions reçues de ne pas déranger inutilement son chef de service, se décide enfin à lui téléphoner pour le prévenir. Il sort ensuite pour aller observer l’état du réservoir et entend celui-ci trembler alors qu’il ressent un fort dégagement de chaleur. C’est la panique. Le couvercle en béton du réservoir se fend, puis la valve de sécurité explose, laissant échapper un nuage mortel.

01h00 : Le chef de service arrive, constate rapidement les fuites de gaz toxiques du réservoir 610 et fait sonner l’alarme.

02h30 : On réussit enfin à fermer la valve de sécurité du silo 610.

03h00 : Le directeur de l’usine arrive enfin et donne l’ordre de prévenir la police, ce qui n’avait pas été fait jusqu’alors car la politique officieuse de l’usine était de ne jamais impliquer les autorités locales dans les petits problèmes de fonctionnement.

 

Repost 0
19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 00:01

En difficulté depuis le 13 novembre, et après un remorquage en haute mer, le pétrolier « le Prestige » se brise et emporte dans les fonds marins sa cargaison de 77.000 tonnes de fioul.

 

Le 13 novembre 2002, le Prestige, un pétrolier en transit entre la Lettonie et Gibraltar, au large du cap Finisterre, près des côtes de Galice au nord-ouest de l'Espagne lance un appel de détresse. Dans la tempête il a une brèche de 50 mètres dans son flanc droit.

L'équipage est évacué le 14 novembre, et le 16 alors que plus de 5.000 tonnes de fioul se sont déjà répandues polluant le littoral sur plusieurs dizaines de kilomètres, le gouvernement espagnol le fait remorquer loin au large.

Après plusieurs tentatives de remorquage vers le nord-ouest (pour l'éloigner des côtes) puis vers le sud (peut-être pour l'envoyer vers le Portugal), le 19 novembre 2002, le navire se brise en deux à 270 km des côtes de la Galice et coule par 3.500 mètres de fond.

Pendant les opérations de remorquage, il a perdu de 5 à 10.000 tonnes de fioul lourd (sa cargaison est de 77.000 tonnes de fioul lourd). Le navire ayant de nombreuses fissures, le fioul continue de s'échapper, les estimations parlent de 125 t par jour au bout de 4 semaines.

 

L’attitude des autorités espagnoles sera très contestée dans leur pays mais aussi en France, le remorquage ayant certainement augmenté l’étendue de côtes touchées (de la Galice à la Bretagne sud).

Une gigantesque marée noire va souiller gravement les côtes de Galice, du Portugal, du Pays basque, d'Aquitaine, de Vendée, et du sud de la Bretagne.

 

Repost 0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 00:01

Le 1er novembre 1347, les responsables du port de Marseille acceptent un bateau génois dont ils savent pourtant qu'il est porteur de la peste.

 

Après plusieurs siècles d'absence, la peste bubonique (avec apparition de «bubons» ou tumeurs à l'aine) fait sa réapparition en 1320 en Mongolie. De là, elle se répand alentour et atteint la mer Noire fréquentée par les Génois.

Comme les Mongols assiègent la ville de Caffa (aujourd'hui Féodossia, en Crimée), ils envoient des cadavres contaminés par-dessus les murailles. Des marins génois arrivent à fuir la ville mais en emportant avec eux le terrible bacille. En accostant à Marseille, ils vont ouvrir au fléau les portes de l'Occident.

 

Un mois plus tard, la peste atteint la Corse et Aix-en-Provence. En janvier 1348, elle est à Arles et Avignon où, en six semaines, elle fait onze mille morts. En avril, la voilà en Auvergne, à Toulouse et Montauban. En juin à Lyon, en juillet à Bordeaux et dans le Poitou. Le 20 août 1348, on la signale à Paris. En décembre, elle atteint Metz...

Durant les premiers mois, le fléau progresse à une moyenne de 75 km par jour en profitant des circuits d'échanges, en particulier fluviaux et maritimes. Sa diffusion est favorisée par le surpeuplement des villes et aussi le goût des habitants pour les bains publics, lesquels vont devoir être fermés les uns après les autres. La peste fait 100.000 morts à Florence. À Paris, on compte 500 morts par jour.

Repost 0
21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 23:01

Le 22 octobre 1895 à 16h, le train express n°56 en provenance de Granville transperce la façade de la gare Montparnasse.

Le train express N°56 Granville – Paris est composé de la locomotive N° 721 de type 120,  d’un tender, d’un wagon de bagages et d’un wagon postal, suivis de huit voitures (on parlait encore de wagons de voyageurs à l’époque) et d’un dernier wagon de bagages. Il transportait 131 passagers.

Le convoi pulvérise les heurtoirs, traverse la gare et la terrasse, puis défonce le mur de façade de la gare de Paris-Montparnasse.

La locomotive tombe sur la station de tramways, dix mètres plus bas, mais toutes les voitures de voyageurs resteront dans la gare. Les trois premiers wagons furent très endommagés mais aucun ne dérailla.

S'il ne provoqua qu'un nombre réduit de victimes, son caractère spectaculaire en fit un des accidents ferroviaires les plus connus de l'histoire des chemins de fer français. L’image fera le tour du monde.

La locomotive à vapeur resta sur place quatre jours avant que les services de la ville ne puissent la dégager.

 

Bilan

Aussi incroyable que ça puisse paraître, il n’y a eu aucun mort ni blessé dans le train.

Cinq personnes sont plus ou moins grièvement blessées : deux voyageurs, un pompier et les deux conducteurs, et cinq autres plus légèrement.

En revanche, la locomotive est tombée sur un kiosque à journaux. Marie-Augustine Aiguillard, la kiosquière est tuée, non pas par la locomotive, qui lui passe au-dessus de la tête, mais par un morceau de maçonnerie qui s’est détaché de la façade de la gare, sous l'impact. Elle avait 39 ans et était mère de deux enfants de 5 et 9 ans

Son mari témoigne : « Elle est morte, tuée sur le coup. Elle tricotait, assise sur les marches de la buvette. Et me voilà seul avec mes deux petits garçons. Les Chemins de fer de l’Ouest paieront son enterrement et verseront une – petite – rentre à ses deux enfants.

 

Causes de l’accident

Interrogés immédiatement après l'accident, le mécanicien et le chauffeur invoquèrent une panne du frein à air type Westinghouse, qui avait normalement fonctionné lors du ralentissement sur les aiguillages de la gare d'Ouest-Ceinture, puis au passage à niveau de la rue de la Procession mais s'était révélé défaillant à celui de la rue du Château, quelques centaines de mètres avant l'arrivée.

Ils avaient bien tenté de réduire leur vitesse, qui était alors de 65 km/h en renversant la vapeur et en sablant, tout en sifflant pour demander aux conducteurs d'actionner le freinage d'urgence, mais ces manœuvres s'étaient avérées insuffisantes pour arrêter le convoi à temps.

En effet, l'inversion du sens de marche avait eu lieu trop tardivement, seulement quelques dizaines de mètres avant le butoir, et le conducteur-chef, omettant d'ouvrir le robinet de secours du frein à air, avait juste serré le frein à main de son fourgon.

 

Repost 0
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 23:01

Il est 10h17 ce 21 septembre 2001 lorsqu'un stock de 400 tonnes de nitrate d'ammonium (destiné à la production d’engrais) explose dans le hangar 221. Tout le site AZF (AZote Fertilisants) est soufflé. La détonation était telle qu'elle équivalait à un séisme de puissance de 3,4 sur l'échelle de Richter !

AZF Toulouse accident ou attentat ?

L’explosion entendue à plus de 80 kilomètres de Toulouse tue 31 personnes, dont 21 employés sur le site, en blesse 3.000.

La déflagration creuse un cratère de 70 mètres de long, 40 mètres de largeur et 6 mètres de profondeur.

27.000 logements sont endommagés, 3.500 entreprises touchées ainsi que de nombreux bâtiments publics, dont 120 établissements scolaires. Des vitres sont soufflées jusqu’à 4 kilomètres à la ronde.

L’usine, propriété de la société Grande Paroisse, appartenant au groupe TotalFinaElf, n’est en effet située qu’à 5 km du centre-ville.

 

Ce jour-là, nous sommes dix jours après les attentats de New York ; la piste criminelle est donc dans les toutes les têtes.

Trois mois après l’explosion, la piste de l’accident est privilégiée par les experts, dans leurs conclusions présentées aux juges d’instruction.

Cette hypothèse de l’accident reste toujours privilégiée par les autorités. Cependant de nombreuses voix ont tenté de se faire entendre pour donner une autre explication de cette catastrophe : celle de l’attentat. Selon des témoignages, l'explosion a été précédée de phénomènes de diverses natures (électriques, lumineux, sonores, etc.), et accompagnée de deux « bangs ».

 

Quelques mois plus tard, une loi pour renforcer la sécurité autour des zones industrielles sera votée.

 

La théorie de l’attentat a très largement été évoquée, voici quelques articles :

Sept raisons de ne plus croire à un accident

Les 10 points que la presse n’a pas révélés

AZF : vers la piste d'un attentat le 21 septembre 2001 ?

 

 

Repost 0
14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 23:01

Le 15 avril 1989, un mouvement de foule se produit dans le stade de Hillsborough (54.000 places) situé à Sheffield, dans le nord de l'Angleterre. Les incidents se sont produits lorsque quelque 2000 supporters ont tenté de forcer l'entrée pour assister à la demi-finale très attendue de la Coupe d'Angleterre opposant les équipes de Liverpool et de Nottingham Forest. 95 personnes périssent écrasées ou étouffées contre les grilles du stade.

766 personnes sont blessées, l'un des spectateurs blessés a survécu à la tragédie durant presque 4 ans dans un état végétatif avant de devenir la 96e victime.

Le coup d'envoi de la rencontre est programmé à 15 heures, mais en raison d'embouteillages entre Liverpool et Sheffield de nombreux spectateurs, transportés de Liverpool en cars, sont arrivés plus tard qu'à l'habitude.

Entre 14 heures et 14 h 45 un grand nombre d'entre eux s'agglutine dans une zone exiguë à l'extérieur du stade, en face des tourniquets donnant accès à la tribune ouest qui doit les accueillir.

Devant l'affluence et la queue de plusieurs milliers de personnes qui s'est formée, la police du comté décide de faire ouvrir une autre entrée, qui elle ne comporte pas de tourniquets, ce qui provoque un mouvement de foule dans cette direction. La tribune ouest est subdivisée par des grillages et les deux zones centrales ont déjà atteint leur capacité maximale, pourtant les supporters de Liverpool FC ne sont pas dirigés vers les autres zones et traversent le tunnel étroit donnant accès aux zones déjà pleines. La poussée de centaines, voire de milliers de supporters, qui ne soupçonnent pas le danger, provoque une bousculade dans la tribune, où les spectateurs déjà entrés sont comprimés contre les grillages.

 

Le match débute à l'heure prévue, sans que personne ne soupçonne quoi que ce soit. Mais il est interrompu par l'arbitre à 15 h 06. Quelques spectateurs échappent à l'écrasement grâce à une brèche dans le grillage, d'autres entreprennent désespérément d'escalader les grilles ou bien sont hissés par leurs camarades jusqu'au second étage de la tribune. Le terrain est bientôt rempli par les spectateurs essayant de retrouver leur souffle, souffrant d'asphyxie ou de blessures suite à la bousculade, et par les corps des victimes. La police et les services médicaux, débordés par l'ampleur du désastre, ainsi que les supporters valides, s'efforcent d'aider du mieux possible avec des moyens rudimentaires. Certains pratiquent la réanimation cardio-pulmonaire sur les victimes, ou utilisent les panneaux publicitaires comme brancards pour éloigner les blessés de la tribune.

Le gymnase de Sheffield sert temporairement de morgue….

 

Repost 0
18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 00:01

Le 18 mars 1967, le pétrolier libérien Torrey Canyon, chargé de 121.000 tonnes de pétrole brut, s'échoue entre les îles Sorlingues et la côte britannique.  

Malgré de nombreuses interventions pour maîtriser la menace de pollution, plusieurs nappes de pétrole dérivent en Manche, venant souiller 218 km de côtes britanniques, en Cornouailles. Les côtes françaises de la Bretagne et du Cotentin sont à leur tour touchées par la marée noire à partir du 10 avril. Il s'est avéré en fait que les principaux dommages écologiques ont été provoqués par les 10.000 tonnes de dispersants utilisés par la marine britannique pour réduire la nappe de pétrole.

 

 

Cet accident fait prendre conscience aux pays européens du risque des marées noires, qui avait été jusque-là négligé. Les premiers éléments de prévention et de lutte contre ces catastrophes sont mis en place.

Cela n'empêchera pas de nombreuses autres marées noires, notamment sur les côtes françaises : les plus importantes sont celles de l'Amoco-Cadiz qui s'échoue le 16 mars 1978 et déverse 223.000 tonnes de pétrole les côtes bretonnes, de l'Erika en décembre 1999 souillant le rivage du Morbihan à la Charente, ou plus récemment du Prestige qui déverse 77.000 tonnes de fioul sur la côte atlantique, de l'Espagne à la Bretagne.

 

Repost 0
29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 00:01

Le 29 février 1960, un tremblement de terre ravage la ville d'Agadir, au sud du Maroc. On dénombrera environ 3.000 victimes. Toute la ville est détruite, à l'exception du vieux ksar (château-fort en arabe).

D'une magnitude de 5,7 sur l'échelle de Richter, la secousse s'est produite à 23h40 et a duré 15 secondes.

C'est le tremblement de terre le plus meurtrier de l'histoire du Maroc. Les quartiers les plus proches de la montagne ont été totalement détruits. A l'inverse, le port et la base navale ont peu souffert et ont servi de refuge aux survivants.

L'épicentre du séisme étant situé juste en dessous de la ville, et la ville sur une faille sismique, il est décidé de reconstruire Agadir plus au sud. La première pierre du chantier est posée par le roi Mohammed V le 30 juin 1960. Et le suivi de la reconstruction est confié au prince héritier Moulay Hassan.

55 ans après, Agadir, ville de 600.000 habitants, est aujourd'hui la deuxième ville touristique du Maroc, renommée pour ses kilomètres de plage ensoleillés.

Repost 0
14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 00:01

Lors de la 8ème édition du Paris-Dakar, un hélicoptère transportant deux journalistes français, l'organisateur du rallye Thierry Sabine et le chanteur Daniel Balavoine, heurte une dune et explose à 8 kilomètres de Gourma-Rharous, au Mali. Tous les occupants de l'appareil sont tués.

 

A l’occasion de la 14ème journée de la compétition reliant Niamey à Rharous, Daniel Balavoine, Thierry Sabine, la journaliste Nathalie Odent, le technicien radio de RTL Jean-Paul le Fur et le pilote d’hélicoptère François-Xavier Bagnoud s’écrasent dans des conditions qui continuent encore de susciter les interrogations quant aux circonstances exactes de l’accident.

 

Selon la version officielle, surpris par la nuit (vers 18h30) le pilote aurait voulu se poser mais l'hélicoptère pris dans une tempête de sable s'est écrasé. La direction de l'épreuve est reprise par le père de Thierry Sabine, Gilbert.

 

En France, l'émotion était très vive. Daniel Balavoine, alors au sommet de son succès, décède tragiquement alors qu'il s'était rendu sur le Paris-Dakar à des fins humanitaires.

Il suivait la caravane du Paris-Dakar mais n’y participait pas comme en 1983 et 1985. Il était là pour amener des pompes à eau dans les villages traversés par le rallye et venir en aide aux populations du Sahel.

 

 

Repost 0
15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 23:56

Le massacre de Sabra et Chatila — deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest — a été perpétré du 16 au 18 septembre 1982 lors de la Guerre du Liban. Les deux camps étaient encerclés par l'armée israélienne, qui y envoya les phalangistes afin d'en extraire des combattants palestiniens présumés présents.

Le samedi 18 septembre 1982, le monde découvre que des massacres ont eu lieu dans les camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth. Les témoignages et les images décrivent une horrible vérité : cette tuerie a duré deux jours sous les yeux de l'armée israélienne.

 

Il fit selon les rapports entre 700 et 3 000 morts parmi des civils palestiniens.

Repost 1
19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 23:01

Le samedi 20 août 1955, les indépendantistes algériens du FLN (Front de Libération Nationale) organisent des manifestations violentes dans le Constantinois. Ils prennent prétexte du deuxième anniversaire de la déposition du sultan du Maroc. Les colons européens sont directement visés. Plusieurs dizaines d'hommes, de femmes, d'enfants et de nourrissons sont tués dans des conditions atroces.

L'initiative de l'insurrection revient à Zighout Youssef, successeur de Mourad Didouche à la tête de la zone nord Constantinois pour l'ALN (Armée de libération nationale), appuyé par son adjoint Lakhdar Ben Tobbal. L'enjeu pour le FLN est de faire preuve de sa capacité militaire à mobiliser les masses musulmanes et de sa volonté politique d'être le seul leader dans la lutte nationaliste.

Des fellahs armés de bâtons, de haches, de couteaux, de pioches, de fourches, de serpes, de fusils de chasse se ruèrent dans les rues de Constantine, de Philippeville et dans les villages des montagnes environnantes : El Arrouch, Oued Zenati, Ain Abid, Collo, El Halia, village minier où furent massacrés 7 européens et 51 musulmans qui s’interposaient.

 

En état d'alerte, l'armée française riposte aussi promptement que brutalement.

Piégés par la colère et l'émotion, les colons et les militaires ripostent en massacrant à leur tour des musulmans pris au hasard dans la rue, faisant officiellement plusieurs centaines de victimes innocentes (1.273 morts selon le bilan officiel).

Le résultat de cette répression est immédiat. De très nombreux musulmans modérés, qui étaient restés jusque-là réfractaires aux thèses indépendantistes des groupuscules FLN, basculent de leur côté.

 

C'est l'échec des tentatives d'intégration des musulmans algériens dans la République française et le véritable commencement de la guerre d'indépendance.

Dès le 23 août 1955, le gouvernement français décide le rappel du demi-contingent libéré en avril et le maintien sous les drapeaux du premier contingent de 1954. 

Repost 0
8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 23:01

Le largage d'une bombe atomique sur Hiroshima n'ayant pas suffi à vaincre la détermination des dirigeants japonais, les Américains décident, trois jours plus tard, le jeudi 9 août 1945, de larguer « Fat Man » sur le Japon, la deuxième et dernière bombe atomique dont ils disposent.

Le bombardier B-29 Bockscar piloté par le major Charles Sweeney survole d'abord la ville de Kokura. La cible étant occultée par les nuages, il poursuit sa route vers Nagasaki (250.000 habitants) où une éclaircie du ciel lui permet d'effectuer le funeste largage à 11 h 02.

La bombe explosa à 580 m d'altitude, à la verticale du quartier Urakami. La cathédrale chrétienne d'Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon, presque à l'aplomb du largage (dit hypocentre), confondue avec un bâtiment portuaire, fut entièrement détruite.

 

L'explosion de la bombe « Fat Man » fera 70.000 victimes en quelques secondes.

Le président américain Harry Truman voulait ainsi mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. Cinq jours plus tard, l'empereur Hiro-Hito se résignera à une reddition sans condition.

 

Voir aussi : 6 août 1945 - Bombe atomique sur Hiroshima

Repost 0
4 juillet 2015 6 04 /07 /juillet /2015 23:18

Le dernier épisode de la guerre d'Algérie a lieu à Oran le 5 juillet 1962, le jour même de la proclamation officielle de l'indépendance algérienne. C'est un épisode presque « oublié » de la fin de l'Algérie française.

 

Les accords d'Evian, signés les 18 mars 1962,  consacrent le cessez-le-feu en Algérie qui entre en application dès le lendemain. Mais ce cessez-le-feu n’est pas respecté partout.

Dès le 17 avril, une vague d’enlèvements de personnes s’abat sur Oran. Les rapts s’effectuent par le moyen de barrages établis dans la ville par le FLN, notamment dans les quartiers musulmans que doivent traverser des Européens pour se rendre à leur travail - quartiers où les soldats français ne patrouillent plus. Les enlèvements sont quotidiens. Ils vont se poursuivre jusqu’au mois de novembre.

Le 1er juillet, a lieu en Algérie, qui était encore un département français, un référendum sur l'autodétermination. Le « Oui » l'emporte haut-la-main avec une quasi-unanimité : 99,72% des près de 6 millions de suffrages exprimés. Le 3 juillet, le général de Gaulle reconnaît l'indépendance de l'Algérie qui est officiellement proclamée le jeudi 5 juillet 1962.

 

La fusillade

Ce 5 juillet, les Algériens étaient dans la rue pour fêter l'indépendance quand tout a basculé.

Á 11 heures 15, un coup de feu d’origine inconnue est entendu, place d’Armes à Oran. On n’y prête guère attention, puisque l’on est familier des coups de feu (depuis le 1er juillet, l’habitude est prise de tirer en l’air pour manifester sa joie). Mais d’autres coups de feu répondent au premier. Des musulmans armés se mêlent à la foule. Certains sont en uniforme (ATO et ALN). Et il s’avère que de nombreux manifestants sont armés. Les tirs se généralisent. Un mouvement de panique s’empare de la foule des manifestants musulmans. Beaucoup se couchent à terre. Femmes et enfants s’enfuient.

La fusillade est si nourrie et si confuse qu’on ne peut dire qui tire sur qui. On attaque même les zouaves en faction à l’entrée de l’opéra, qui ripostent.

 

Le massacre

On ignore qui prend l’initiative du massacre d’Européens qui va suivre.

En revanche, concernant son déroulement ainsi que les enlèvements, les témoins directs mettent en cause l’ALN, les ATO et des civils équipés d’armes de poing et de couteaux. Au début, l’on voit beaucoup les ATO s’impliquer dans les lynchages et dans les meurtres. Puis, peu à peu, les hommes de l’ALN s’imposent en nombre dans ces mêmes exactions.

Tous ces hommes armés agressent les Européens qu’ils rencontrent, dans un déchaînement meurtrier. C’est une véritable chasse à l’homme qui s’organise. Elle va mettre à feu et à sang de nombreux quartiers européens. Les hommes armés se ruent sur les immeubles, enfoncent les portes des appartements, ouvrent le feu dans les restaurants, arrêtent, enlèvent, égorgent, au hasard des rencontres.

Des rafales de mitraillette balaient les terrasses des cafés, les porches, les voitures. Sur les atrocités commises, de nombreux témoignages se recoupent : exécutions sommaires d’Européens et de musulmans soupçonnés de leur avoir été favorables, scènes de lynchage (place d’Armes, boulevard de Sébastopol, place Karguentah, boulevard de l’Industrie, rue d’Arzew et ailleurs), actes de torture (pendaison, pendaison à des crocs de boucher, mutilations, énucléations).

Les enlèvements

Les premiers rapts sont signalés vers 12 heures 10 : une centaine d’Européens sont dirigés sur Ville-Nouvelle (quartier musulman du centre). D’autres rapts ont lieu avenue de Sidi-Chami (12 heures 20). Entre 12 heures et 12 heures 30, la poste principale est envahie, les fonctionnaires présents sont égorgés et une trentaine de personnes, hommes et femmes, sont enlevées, contraintes de se déplacer à genoux. À 13 heures 15, des zouaves signalent de nombreux enlèvements d’Européens, rue du Lieutenant-Dahan et dans le secteur du cinéma Rex (rue de Tlemcen). D’autres sont signalés boulevard du 2e-Zouaves, rue d’Arzew (rue Général-Leclerc), boulevard de Mascara (boulevard Édouard-Herriot) et boulevard du Corps-Expéditionnaire-Français. Les hommes de l’ALN quadrillent la ville. Ils enlèvent des personnes, et les regroupent. C’est ainsi qu’ils conduisent des Européens en cortège au commissariat central, ou vers Petit-Lac (quartier musulman, au sud-est). Certains de ces prisonniers sont tués en chemin.

 

Il faut attendre 17 heures pour que l’armée Française prenne position dans la ville et commence à rétablir le calme. Au soir de cette journée, le général De Gaulle apparaît comme prévu à la télévision, et proclame l’indépendance de l’Algérie. Aucune information ne filtre sur les ondes en Métropole sur les évènements du jour à Oran !

 

Cet épisode tragique, qui accélère et amplifie fortement la fuite massive des pieds-noirs vers la métropole, demeure un sujet sensible et controversé.

Chaque camp a donné sa version des événements et de l'origine des tirs qui ont déclenché des exactions et des chasses à l'homme visant des Européens et des musulmans suspectés d'être hostiles à l'indépendance.

Une bataille de chiffres persiste sur le nombre de victimes (morts et disparus), qui serait vraisemblablement de l'ordre de 700 à 1000, selon les différentes sources.

 

Relire aussi :

14 juin 1830 - Les Français débarquent en Algérie

18 mars 1962 - Accords d'Évian

Repost 0
28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 00:40

Le mercredi 28 mars 1979 à 4 heures du matin, le système de refroidissement de la centrale nucléaire de « Three Mile Island » (Pennsylvanie) tombe en panne.

Quelques instants plus tard, un technicien désamorce le dispositif de refroidissement de secours par inadvertance. La température grimpe dangereusement au cœur du réacteur nucléaire qui commence à fondre. Des barrettes d'uranium se brisent. La vapeur d'eau radioactive s'accumule et menace de faire exploser la structure.

Les causes de l'accident nucléaire de Three Miles Island

Les causes qui ont mené à la fusion du cœur de l’unité 2 de la centrale (TMI-2) sont une succession d’erreurs de conception, d’erreurs humaines et de pannes matérielles.

 

Tout a commencé par la panne d’une pompe à eau entraîne un problème du générateur de vapeur et donc du refroidissement. La turbine puis le réacteur s’arrêtent alors.

Face à l’augmentation de pression du circuit primaire, un technicien ouvre une vanne pour éviter une surpression dangereuse. Hélas, la fermeture automatique de la vanne ne se produit pas et aucun signal ne l’indique. Une fuite du liquide de refroidissement provoque alors une nouvelle surchauffe et la production d’une multiplicité de signaux confus.

Incapables de déterminer le niveau du liquide refroidissement ni d’identifier le problème, les techniciens déclenchent une série d’actions qui aggravent la situation.

La surchauffe entraîne la rupture des barres de maintien des barres de combustible, qui entrent en fusion. Malgré cette situation critique, les craintes des prévisionnistes ne se réalisent pas : l’enceinte de confinement du réacteur ne se rompt pas pour répandre massivement des radiations.

 

En fin de matinée, les autorités américaines font évacuer les femmes enceintes et les enfants dans un rayon de 8 km. Une fuite de radiation du circuit secondaire et la formation d’une bulle d’hydrogène provoquent des inquiétudes. Un million et demi de litres d'eau contaminée seront déversés dans la rivière Susquehanna pour accélérer le refroidissement du réacteur. La menace d'explosion durera plusieurs jours.

Pour les États-Unis c'est le plus grave accident nucléaire jamais survenu.

Suite à l’étude de cette catastrophe évitée de peu, les exigences en termes de conception, de systèmes de contrôle, de formation des personnels et de procédures d’urgence ont été fortement renforcées et améliorées.

Repost 0
30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 00:01

Le contexte

L'Irlande est devenue indépendante en 1922 à l'exception des provinces du nord (Ulster), majoritairement peuplées par les descendants de colons protestants.

La frontière « provisoire » entre les deux parties de l'île, va se pérenniser et la scission entre l'Ulster et l'État libre d'Irlande devenir irrévocable, laissant en suspens le sort de la minorité catholique d'Irlande du Nord, soumise à de constantes vexations et discriminations.

Cette injustice permanente va déboucher sur une longue guerre civile dans les années 1960-1990, avec en point d'orgue de ce « Bloody Sunday » : le dimanche 30 janvier 1972, des paras britanniques tirent délibérément sur une manifestation pacifique de catholiques à Derry (Londonderry).

 30 janvier 1972 - « Bloody Sunday » en Irlande du Nord

 

Le dimanche sanglant

L’après-midi du dimanche 30 janvier 1972, 15 à 20.000 manifestants se réunissent dans le quartier du Bogside, à Derry, la deuxième ville d’Irlande du Nord.

L’initiative de la marche revient à l’Association nord-irlandaise pour les droits civiques (NICRA), qui lutte depuis la fin des années 1960 contre la discrimination faite à l’encontre de la minorité catholique d’Irlande du Nord, notamment en matière de vote et de logement.

 

Cette marche doit partir du Central Drive de Creggann pour traverser le quartier du Bogside en empruntant le pont qui longe le quartier pour se terminer sur Guildhall Square. Ivan Cooper, est à la tête de cette marche pacifique, et prône l’égalité des droits entre catholiques et protestants. Malgré son dialogue avec les autorités unionistes et ses tentatives de négociation avec les forces de l’ordre britanniques, la manifestation est déclarée illégale par les autorités anglaises.

 

À l’origine pacifique, la manifestation dégénère lorsque le 1er bataillon du régiment de parachutistes du Royaume-Uni est envoyé sur place pour contenir les possibles émeutiers. Les soldats britanniques ouvrent le feu sur la foule, tuant treize personnes (dont six adolescents) et en blessant quatorze autres. Un 14e manifestant décède plus tard des suites de ses blessures.

 

Cette journée, désormais inscrite dans l’Histoire sous le nom de « Bloody Sunday », marque une nouvelle étape dans le conflit nord-irlandais.

 

Les Victimes du Bloody Sunday

John Johnston, 59 ans. Le premier touché, il ne décèdera que plusieurs jours après.

Jack Duddy, 17 ans. Tué alors qu’il traversait en courant Rossville Street.

Michael Kelly, 17 ans. Reçu une balle dans l’estomac, il mourut après plusieurs minutes.

James Wray, 22 ans. Fut blessé en traversant Glenfada Park. Achevé à bout portant.

Gerald McKinney, 35 ans. Reçu une balle en pleine poitrine alors qu’il se rendait aux soldats mains au-dessus de la tête à Glenfada Park.

William McKinney, 26 ans. Tué alors qu’il porte secours à Gerald MacKinney.

Gerald Donaghey, 17 ans. Frappé à l’abdomen. Décède sur le chemin de l’hôpital.

John Young, 17 ans. Fauché par une balle en pleine tête.

Michael McDaid, 20 ans. Même sort que John Young au même endroit.

William Nash, 19 ans. Toujours au même endroit, sur Rossville Street, reçoit une balle en pleine poitrine.

Patrick Doherty, 31 ans. La balle rentre par la fesse, lui traverse l’estomac et ressort par la poitrine. Il meurt sur le coup.

Bernard McGuigan, 41 ans. La balle pénètre l’arrière de la tête et le tue instantanément.

Hugh Gilmour, 17 ans. La balle le traverse de part en part alors qu’il rampe vers Rossville Street.

Kevin McElhinney, 17 ans. La balle voyage à travers son corps, rentrant par l’anus et ressortant par son épaule.

 

 

La suite des événements

En réponse, le 22 février, l'Armée républicaine irlandaise (IRA) fera exploser le mess des officiers parachutistes d'Aldershot en Angleterre, provoquant la mort de six civils et d'un militaire.

 

Jusqu’à la fin des années 1990, attentats, fusillades et représailles sanglantes ont rythmé la vie quotidienne des Irlandais du Nord. Entre 1969 et 2002, près de 3.500 personnes ont trouvé la mort dans le cadre du conflit. Plus de 45.000 blessés ont également été recensés.

 

L’escalade de la violence est freinée en 1998 lorsque des accords de paix sont signés entre catholiques et protestants. En 2010, le retrait total du gouvernement britannique de la vie politique nord-irlandaise marque un nouveau coup d’arrêt aux troubles. Mais la paix est aujourd’hui encore précaire : ponctuellement, des affrontements entre catholiques et protestants peuvent éclater.

 

Les commémorations du Bloody Sunday restent sensibles et cristallisent les tensions.

 

Repost 0
28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 00:01

A 11h38, la navette spatiale américaine « Challenger » explose lors de son 25eme vol, une minute trente après son décollage. Les spectateurs présents à Cap Canaveral ainsi que des millions de téléspectateurs assistent en direct à la plus grande catastrophe de l'ère spatiale. Les sept astronautes présents à bord périssent dans l'explosion.

 

Il faisait très froid ce mardi 28 janvier 1986. Pendant la nuit, la neige s'était amoncelée sur le pas de tir du centre spatial Kennedy en Floride, où la navette Challenger attendait ses occupants.

Pendant la nuit, la température était descendue bien au-dessous de zéro. Les sept astronautes (dont 2 femmes) arrivèrent sur le pas de tir à 8 heures du matin et s'installèrent dans leurs sièges.

Le décollage était à l'origine prévu pour 9 h 38 (heure locale), mais une première, puis une seconde heure de décalage furent décidées, pour laisser à la neige le temps de fondre.

Finalement, Challenger décolla à 11h38 pour accomplir sa 10eme mission, STS-51-L.

Au moment du décollage, la température au sol sur le pad de tir 39B était de -2°C, soit 15° de moins que lors des lancements précédents. C'était la température la plus basse jamais enregistrée lors du décollage d'une navette spatiale.

 

 

 

La rupture d'un joint de l'un des propulseurs d'appoint est à l'origine de l'accident.

 

Au lendemain de la catastrophe, la NASA a été critiquée pour son manque d'ouverture à la presse. Le New York Times a noté le lendemain de la catastrophe que « ni Jay Greene, le directeur de vol pour l'ascension, ni aucune autre personne dans la salle de contrôle, n'a été mis à la disposition de la presse par l'agence spatiale ». Cet accident a entraîné une interruption de 32 mois du programme de la navette et la formation de la Commission Rogers pour enquêter sur l'accident.

 

L'enquête de la Commission Rogers s'étendit sur plusieurs mois et conclut qu'un joint torique gelé fabriqué par Thiokol avait été à l'origine de l'accident. On mis également en cause le contrôle qualité de la NASA et le manque de professionnalisme des équipes chargées de la logistique qui auraient accepté d'utiliser des pièces de moins bonnes qualités pour des raisons d'économie.

 

 

De nombreux écoliers étaient venus saluer le premier vol spatial d'une enseignante, Christa McAuliffe, âgée de 37 ans. Celle-ci périt avec tous les membres d’équipage dans l’explosion de la navette Challenger. En 1984, elle avait été choisie parmi quelque 10.000 candidats pour devenir le premier astronaute civil. Elle avait proposé de tenir un journal relatant sa période d’entraînement, les détails de son expérience dans l’espace et ses impressions à la suite de son retour sur terre. Elle projetait également de donner à bord de la navette spatiale au moins deux cours qui auraient été retransmis en direct à des élèves du monde entier.

 

Repost 0
13 janvier 2015 2 13 /01 /janvier /2015 00:01

Peu avant 8h00, le 13 janvier 1915, un gigantesque tremblement de terre se produit au sud des Abruzzes, à Avezzano.

Ce séisme de magnitude 7 a affecté toute la région de la Marsi et une partie du sud du Latium et fut ressenti aussi à Rome, à 100 km du lieu de son épicentre. Il a fait 32.600 morts, et la ville d'Avezzano perdit 82% de sa population.

Ce séisme a été l'un des plus désastreux de l'histoire italienne ; c'est le 20e tremblement de terre le plus meurtrier de l'histoire de la planète.

 13-janvier-1915---seisme-d-Avezzano.jpg

Aujourd'hui Avezzano est une ville de 42.000 habitants qui est le centre économique le plus important de la Marsi et l'un des plus importants des Abruzzes. C’est une ville en constante expansion.

 

La région des Abruzzes est caractérisée par une activité sismique importante, principalement liée à des processus de la croûte d'étirement. Elle a connu de graves tremblements de terre dans son histoire.

Le 2 février 1703, un séisme se produit à L'Aquila, le jour du Carnaval. La fête est interrompue, et il y a des milliers de morts. Dorénavant, pour commémorer ce tremblement de terre, le carnaval aura toujours lieu le 3 février, contrairement au reste de l'Italie.

En 2009, le 6 avril, un tremblement de terre de magnitude 6.3 se produit dans les Abruzzes. Ce séisme, dont l'épicentre se situe à proximité de la ville de L'Aquila, a fait 293 victimes et plus de 50.000 sans-abri.

 

Repost 0
29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 00:01

Dans le Dakota du Sud, près de 300 indiens sioux, dont des femmes et des enfants, sont exterminés par les troupes nord-américaines.

Cinq cents soldats du 7e régiment de cavalerie des États-Unis appuyé par quatre mitrailleuses Hotchkiss ont encerclé un campement d'indien Lakota avec l'ordre de les convoyer en train vers Omaha dans le Nebraska.

Le commandant du 7e avait reçu l'ordre de procéder à un désarmement préalable. Il existe différentes versions du massacre mais les historiens s'accordent sur le fait que les tirs ont commencé pendant le désarmement des Indiens.

Un coup de fusil a retenti et les Indiens, désarmés et encerclés, ont été mitraillés. Vingt-cinq soldats de la cavalerie ainsi que 153 indiens Sioux ont alors été tués, y compris 62 femmes et enfants. Les cadavres indiens furent enterrés dans une fosse commune sur le lieu du massacre.

 

D'autres Sioux sont morts de leurs blessures ultérieurement.

Les soldats tirant de quatre cotés à la fois, certaines des victimes militaires ont probablement été touchées par leurs camarades.

 

Le massacre de Wounded Knee met un terme aux guerres indiennes qui sévissent en Amérique du Nord depuis le début de la colonisation blanche au XVIIème siècle. Les Blancs déclarent dès lors la conquête des territoires de l'Ouest terminée.

 

Repost 0
26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 00:01

26 décembre 1999 : Une tempête exceptionnelle en France

Le 26 décembre 1999 au nord et le 27 au sud, une tempête passe sur la France, causant la mort de 88 personnes et un préjudice naturel et économique considérable. 500.000 ha de forêts sont détruites, et trois millions et demi de foyers privés d’électricité ou de chauffage. Les rafales ont soufflé à plus de 200 km/h par endroits.

 

26 décembre 2003 : Un séisme détruit Bam

Un séisme de magnitude 6,3 sur l'échelle de Richter touche l'Iran. A l’épicentre du séisme , Bam, une ville de près de 100.000 habitants, est détruite à 70 %. La citadelle historique, joyau de l’architecture iranienne, est elle aussi quasiment rasée. Le bilan humain s ‘établira à plus de 40 000 morts, 30.000 blessés, et des dizaines de milliers de sans-abris.

 

26 décembre 2004 : Un tsunami gigantesque ravage les côtes de l'Océan Indien

Un tremblement de terre d’une amplitude exceptionnelle de 9 sur l’échelle de Richter secoue les fonds marins au large de Sumatra. Quelques heures plus tard des vagues géantes, atteignant 10 mètres de haut, s’abattent sur l’Indonésie, la Thaïlande, le Sri Lanka, l’Inde et la Malaisie. Elles tuent plus de 220 000 personnes et font plus d’un million de réfugiés. Située en zone hautement touristique, la catastrophe prend une ampleur mondiale et suscite l’émoi et la solidarité dans le monde entier.

 

Repost 0
15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 00:08

Naples et sa région subissent un important séisme qui fait environ 30.000 victimes.

 

La science et les témoignages de l’époque ne sont pas suffisamment précis pour estimer l’intensité de la secousse et les dégâts engendrés. Toutefois, il semblerait qu’il y ait eu des conséquences sur l’économie de la région. Le travail de reconstruction qui a suivi fut en effet conséquent.

Jusqu’à la fin du Moyen-âge, les séismes n'était pas vraiment recensés ni étudiés en Europe, sinon par des religieux qui les interprètent comme des signes divins.

Il en résulte une déformation et souvent une exagération des faits. Mais à l’aube de la Renaissance, le regard semble un peu se modifier même s’il faudra attendre le 19ième siècle pour disposer d’outils scientifiques efficaces.

 

Repost 0
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 00:03

Un train militaire déraille dans la descente de la vallée de la Maurienne (Savoie). Il était rempli de permissionnaires, partis aider l'armée italienne à reprendre les territoires perdus lors de la bataille de Caporetto.

 http://danger-ahead.railfan.net/images/dispix/modane_md.jpg

Le train composé de 20 wagons, d’un poids de 526 tonnes est freiné par un frein automatique commandé depuis la locomotive par le mécanicien et par 7 serre-freins manuels commandés par 7 cheminots répartis dans les wagons le long du convoi.

 

Le démarrage du train s’effectue normalement et très lentement dans la rampe qui se trouve au départ de Modane. La voie depuis Modane jusqu’à St Michel de Maurienne sur une distance de 14,5 km n’est qu’une longue descente à 4 ou 5%. Afin de contrôler son lourd convoi, le mécanicien ferme l’arrivée de vapeur avant la forte pente qui précède le tunnel des Epines blanches. Cependant la vitesse continue à augmenter malgré tout et le mécanicien commence à serrer le frein automatique et de plus, bat à contre vapeur en lâchant du sable sous les roues de sa loco pour essayer de s’arrêter complètement afin de prendre d’autres dispositions de freinage car il sent que quelque chose d’anormal se passe dans le comportement de son train.

Malgré cela le train continue à prendre de la vitesse, celle-ci devenant excessivement forte malgré l’ordre donné à coups de sifflets aux sept serres frein d’actionner les freins manuels dans les wagons où ils sont affectés. Un ralentissement sensible se fait sentir après la gare de La Praz, qui se situe sur un palier puis elle recommence à augmenter à la pente suivante.

La vitesse du lourd convoi lancé dans la descente augmente rapidement. Le chrono-tachymètre de la locomotive examiné plus tard, enregistra les vitesses suivantes : 43km/h (vitesse normale pour ce tronçon) puis 72km/h pour revenir à 43km/h et une saute brusque à 70km/h puis 78, 102, et enfin 135 km/h atteints sur cette voie où les 40 km/h ne devraient pas être dépassés…La catastrophe s’est produite alors que le train filait à 102km/h…

 

L'hôpital militaire de Saint-Jean-de-Maurienne et l'usine de pâtes alimentaires Bozon-Verduraz furent immédiatement réquisitionnés afin de servir de poste de secours et de chapelle ardente. Avec 457 morts dont 455 soldats, cet évènement constitue le plus grave accident ferroviaire survenu en France.

 

Repost 0

Sites et blogs incontournables logo

Rechercher

Calendrier lunaire