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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 23:01

Le mercredi 15 juin 1977, après plus de quarante ans de dictature et deux ans après la mort du général Franco, l'Espagne connaît les premières élections parlementaires libres.

Adolfo Suárez vote en compagnie de sa femme

En 1936, les dernières élections de la IIe République avaient apporté la victoire au Front populaire, suivie d’une guerre civile provoquée par une rébellion militaire, et d’une longue dictature du général Franco.

Les élections générales se sont tenues le 15 juin 1977, afin d'élire les trois cent cinquante députés et les deux cent six sénateurs de la législature constituante espagnole.

 

L'UCD (Union du centre démocratique) d'Adolfo Suárez, et le PSOE (Parti socialiste ouvrier) de Felipe Gonzáles, avec 34 et 29% de voix, sortent vainqueurs au détriment des partis plus radicaux tels que l'Alliance populaire à droite ou le PCE (Parti communiste) qui vient d'être légalisé. La transition démocratique espagnole culminera avec l'adoption d'une nouvelle Constitution en décembre 1978.

 

Voir également : 18 juillet 1936 - Début de la guerre civile espagnole

 

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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 23:01

Le 1er mai 1997, le Parti travailliste gagne les élections législatives, avec une large victoire de 43% des voix (soit 419 sièges sur 659), mettant un terme au courant conservateur né avec les années Thatcher. Dès le lendemain, Tony Blair succède à John Major et emménage à Downing Street, où il prend ses fonctions de Premier ministre.

 

Anthony Charles Lynton Blair, dit « Tony Blair », né le 6 mai 1953 à Édimbourg (Écosse), est  fut élu chef du parti travailliste (Labour Party) le 21 juillet 1994. Il a réformé en profondeur l'idéologie et la pratique du travaillisme britannique, largement converti aux mérites de l'économie de marché.

Le courant de pensée de Tony Blair, défini comme une « troisième voie » entre la gauche et la droite traditionnelles, est surnommé le « blairisme ». Dans l'histoire du Parti travailliste britannique, la période du leadership de Blair et de son entourage est surnommée le New Labour.

Les réformes les plus importantes de son mandat concernent la lutte contre le chômage, la réforme des institutions et la signature d’un accord de paix avec l’Irlande du Nord.

 

Le 27 juin 2007,  Tony Blair  se rend au palais de Buckingham pour présenter officiellement sa démission à la reine Élisabeth II. Son successeur, Gordon Brown, intronisé chef du Labour le 24 juin, est automatiquement désigné Premier ministre. Tony Blair a choisi de faire ses adieux politiques au Parlement où il a été longuement ovationné.

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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 00:01

Le 16 janvier 1947, Vincent Auriol devient le premier président de la IVe République.

Vincent Auriol est né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne). Licencié en droit en 1905 à Toulouse où il a suivi les cours de Jean Jaurès, puis docteur en droit, il exerce la profession d'avocat à Toulouse, milite à la SFIO dès sa fondation. Député de Muret (Haute-Garonne) de 1914 à 1940, puis maire de cette même ville en 1925, secrétaire du groupe socialiste à la Chambre des députés à partir de 1928.

Ministre socialiste des Finances, de 1936 à 1937, dans le cabinet du Front populaire dirigé par Léon Blum, puis garde des Sceaux de 1937 à 1938 dans les troisième et quatrième cabinet de Camille Chautemps, il occupe l'éphémère ministère chargé de la Coordination des services ministériels à la présidence du Conseil en 1938, dans le second cabinet de son ami Léon Blum.

Il est l'un des quatre-vingts parlementaires à refuser de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, le 10 juillet 1940. En septembre 1940, le gouvernement de Vichy le fait arrêter. Vincent Auriol est d'abord incarcéré à Pellevoisin (Indre) puis à Vals-les-Bains (Ardèche).

En 1942, il entre dans la Résistance. Il écrit « Hier et demain », qui sera publié en 1944 à Alger, et dans lequel il entame une réflexion sur les institutions qui, selon lui, devraient remplacer celles de la IIIe République. En 1943, il parvient à rejoindre Londres en avion et se met au service du général de Gaulle. En 1944, il est président de la Commission des Finances de l'Assemblée consultative d'Alger.

En octobre 1945, il est élu président du Conseil général de la Haute-Garonne. Du 21 novembre 1945 au 23 janvier 1946, Auriol est Ministre d'État dans le deuxième gouvernement du général de Gaulle. Il est élu le 21 octobre 1945 député à la première Assemblée constituante, dont il devient président le 23 janvier 1946, succédant à Félix Gouin élu à la présidence du gouvernement provisoire. Réélu député le 2 juin 1946, il continue de présider l'Assemblée constituante, chargée de mettre en œuvre la future Constitution.

Le 3 décembre 1946, l'Assemblée nationale, issue des élections du 10 novembre précédent, élit Vincent Auriol à sa présidence. C'est à ce titre que le 16 janvier 1947, il préside le Parlement réuni à Versailles pour l'élection présidentielle dont il sort vainqueur et qui met fin à son mandat à la tête de l'Assemblée nationale.

 

À l'occasion de sa brillante victoire dès le premier tour à l'élection présidentielle, il devient le premier président de la IVe République, élu par par 452 voix sur 883, contre 242 à son adversaire Auguste Champetier de Ribes.

 

Son unique mandat est marqué par la guerre d'Indochine et par la mise en place de la « troisième force », coalition politique regroupant plusieurs partis pour rivaliser avec les communistes et les gaullistes. À l'issue de son mandat en 1951, Vincent Auriol refusera de se représenter.

Le 1er janvier 1966, Vincent Auriol s'éteint à Paris.

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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 00:01

Zanzibar (en swahili Funguvisiwa ya Zanzibar), est un archipel de l'océan Indien situé en face des côtes tanzaniennes, formé de trois îles principales (Unguja, Pemba et Mafia) et de plusieurs autres petites îles.

Le dimanche 12 janvier 1964, un soulèvement populaire met fin dans le sang au sultanat féodal de Zanzibar. Cette île, ancien protectorat britannique, a accédé à l'indépendance le 10 décembre 1963.

 

La naissance de l'État de Zanzibar se fait dans l'agitation avec des émeutes raciales durant les élections législatives de 1961. Les Britanniques, réalisant qu'une autodétermination est inévitable, mettent fin au protectorat et accordent l'indépendance à Zanzibar le 10 décembre 1963 sous la forme d'un sultanat membre du Commonwealth avec à sa tête Jamshid bin Abdullah, le sultan au pouvoir depuis juillet 1963.

Mais le climat de tension populaire et politique ne se calme pas : les manifestations sont courantes, les séances parlementaires sont agitées et des émeutes raciales d'une grande violence débouchent sur une révolution. Ces actions menées par un groupe armé de quelques centaines de paramilitaires dirigés par John Okello originaire de l'île de Pemba, débutent dans la nuit du 11 au 12 janvier 1964 et se poursuivent dans la nuit. Le lendemain, les infrastructures de communication de l'île et les trois casernes de polices sont aux mains des rebelles qui peuvent renverser le sultan et instaurer une junte marxiste-léniniste.

 Le chef de l'Afro Shirazi Party, le Cheik Abeid Amani Karume, est alors nommé président de la République populaire et les autres dirigeants du parti constituent le Gouvernement révolutionnaire de Zanzibar.

 

Le 18 janvier 1964, l'île de Pemba déclare son indépendance vis-à-vis de la République populaire de Zanzibar. Mais cette nouvelle République sera réintégrée avant la fin du mois à Zanzibar…

 

Le 26 avril 1964, sera créé l'Union tanzanienne, regroupant l'archipel de Zanzibar et le Tanganyika continental. « République unie de Tanganyika et de Zanzibar »

Elle sera rebaptisée quelques mois plus tard « République unie de Tanzanie » ou plus simplement « Tanzanie » avec à sa tête Julius Nyerere comme président et Abeid Amani Karume comme vice-président. Mais l'accord stipule néanmoins qu'Abeid Amani Karume reste à la tête du Gouvernement révolutionnaire de Zanzibar qui est chargé de gérer l'autonomie politique de Zanzibar.

 

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4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 00:01

Le vendredi 4 janvier 1935, le ministre socialiste des Affaires étrangères, Pierre Laval, se rend à Rome, capitale de l'Italie fasciste pour rencontrer le Président du Conseil italien Benito Mussolini.

 

Pierre Laval a succédé à Louis Barthou aux Affaires étrangères après l'assassinat de ce dernier à Marseille aux côtés du roi de Yougoslavie le 9 octobre 1934. Il emprunte à son prédécesseur l'idée d'un système de sécurité collective destiné à contenir la menace hitlérienne en Europe.

Il propose d'abord au Duce de signer avec lui un traité qui réglerait le contentieux colonial franco-italien. Ce contentieux concerne notamment la Tunisie que revendique l'Italie fasciste.

Pierre Laval va jusqu'à rassurer Mussolini sur l'attitude de la France dans le cas où l'Italie déciderait de conquérir le dernier pays africain indépendant, l'Éthiopie.

Mussolini, à l'époque, n'est en effet pas un ami d'Adolf Hitler car il redoute son pangermanisme agressif qui en annexant l'Autriche (voire la Suisse) amènerait l'Allemagne sur la frontière italienne.

Le 7 janvier 1935, Laval et Mussolini signent les accords franco-italiens à Rome.

Pour donner essayer de créer une ceinture sanitaire autour de l'Allemagne nazie, Pierre Laval signe à Moscou, le 2 mai 1935, avec le gouvernement de Staline un traité d'assistance mutuelle.

Mais quand l'Italie attaque l'Éthiopie en octobre 1935 et qu'elle est sanctionnée par la Société des Nations, le « front de Stresa » se rompt. Mussolini est poussé dans une alliance avec Hitler. Ce dernier prend prétexte du traité franco-soviétique pour dénoncer le pacte de Locarno et remilitariser la Rhénanie le 7 mars 1936.

 

Voir aussi :

3 janvier 1925 - L'Italie entre dans la dictature

16 octobre 1925 - Signature des accords de Locarno

3 octobre 1935 - L'Italie envahit l'Éthiopie

7 mars 1936 - L'Allemagne viole le traité de Versailles

5 mai 1936 - L'Italie annexe l'Éthiopie

 

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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 00:01

 

Le vendredi 11 décembre 1931, le parlement de Londres vote le Statut de Westminster qui crée le « Bristish Commonwealth of Nations ».

Cette communauté confère ainsi aux colonies britanniques leur indépendance. Le Canada, la fédération australienne, l'Union sud-africaine, l'Irlande, la Nouvelle-Zélande et Terre-neuve ne seront plus désormais considérés comme des dominions mais au même titre que la Grande-Bretagne, ils auront le statut de « communauté autonome ».

 

Lire également : 19 octobre 1926 - Fin de la Conférence impériale au Royaume-Uni qui marque le début du Commonwealth

 

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 00:01

Alignée à la Grande Colombie après sa séparation de l'Espagne en 1821, le Panama déclare son indépendance de la Colombie le 3 novembre 1903 après une rébellion menée par un groupe d'indépendantistes.

Après 17 tentatives de séparations et 4 séparations déclarées, le 3 novembre 1903 une nouvelle rébellion se forma pour l'indépendance du Panama et des troupes américaines furent envoyées pour soutenir le nouveau gouvernement panaméen. Le lendemain, le 4 novembre 1903, le Conseil Municipal de Panama créa la Junte Provisoire du Gouvernement.

Les États-Unis qui souhaitent y percer un canal pour relier les océans Atlantique et Pacifique, ont soutenu les indépendantistes. Ainsi, ils obtiennent par traité la concession de la zone du canal. Les travaux avaient commencé en 1881 par Ferdinand de Lesseps qui fit faillite. La zone du canal ne reviendra sous souveraineté panaméenne qu'en 1999.

 

Le Jour de l'indépendance est la fête nationale du Panama et un jour férié officiel.

 

Voir aussi : 7 juin 1914 – Le canal de Panama ouvert à la navigation

 

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 23:01

Après un an passé à institutionnaliser la « Terreur blanche »  et à tenter de forcer la marche du pays vers l’Ancien Régime, la « Chambre introuvable » est dissoute par Louis XVIII.

Plus royaliste que le roi, cette chambre a prôné l’exécution ou l’exil des « traîtres » des Cent Jours, muselé la presse et surtout créé des tribunaux spéciaux : les Cours Prévôtales.

Plus modéré et épaulé le Duc de Richelieu et Decazes, Louis XVIII mise sur l’élection d’une chambre plus modérée susceptible de ramener la sérénité en France.

 

Aujourd'hui encore, le terme de « Chambre introuvable » est utilisé pour désigner une chambre basse, ou même un parlement, où les partisans du gouvernement ont une majorité écrasante, se montrant parfois même plus extrémiste dans ses choix que le gouvernement.

 

Relire aussi : 22 août 1815 - Élection de la « Chambre introuvable »

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 23:01

La « Monarchie de juillet » tire son nom des révoltes parisiennes des « Trois Glorieuses », les 26, 27 et 28 juillet 1830 qui eurent pour conséquences l'abdication du roi Charles X le 28 juillet et la fin de la Restauration.

La Monarchie de juillet s'étendra jusqu'en février 1848. Cette période de l'histoire de France correspond à une forte expansion économique avec le début de la révolution industrielle, ainsi qu'à un renouveau philosophique et artistique.

 

La Charte constitutionnelle du 14 août 1830

LOUIS-PHILIPPE, ROI DES FRANÇAIS, à tous présents et à venir, SALUT. NOUS AVONS ORDONNÉ ET ORDONNONS que la Charte constitutionnelle de 1814, telle qu'elle a été amendée par les deux Chambres le 7 août et acceptée par nous le 9, sera de nouveau publiée dans les termes suivants :

 

Droit public des Français

ARTICLE PREMIER : Les Français sont égaux devant la loi, quels que soient d'ailleurs leurs titres et leurs rangs.

ART. 2 : Ils contribuent indistinctement, dans la proportion de leur fortune, aux charges de l'État.

ART. 3 : Ils sont tous également admissibles aux emplois civils et militaires.

ART. 4 : Leur liberté individuelle est également garantie, personne ne pouvant être poursuivi ni arrêté que dans les cas prévus par la loi et dans la forme qu'elle prescrit.

ART. 5 : Chacun professe sa religion avec une égale liberté, et obtient pour son culte la même protection.

ART. 6 : Les ministres de la religion catholique, apostolique et romaine, professée par la majorité des Français, et ceux des autres cultes chrétiens, reçoivent des traitements du Trésor public.

ART. 7 : Les Français ont le droit de publier et de faire imprimer leurs opinions en se conformant aux lois : La censure ne pourra jamais être rétablie.

ART. 8 : Toutes les propriétés sont inviolables, sans aucune exception de celles qu'on appelle nationales, la loi ne mettant aucune différence entre elles.

ART. 9 : L'État peut exiger le sacrifice d'une propriété pour cause d'intérêt public légalement constaté, mais avec une indemnité préalable.

ART. 10 : Toutes recherches des opinions et des votes émis jusqu'à la Restauration sont interdites : le même oubli est commandé aux tribunaux et aux citoyens.

ART. 11 : La conscription est abolie. Le mode de recrutement de l'armée de terre et de mer est déterminé par une loi.

 

Formes du gouvernement du roi

ART. 12 : La personne du roi est inviolable et sacrée. Ses ministres sont responsables. Au roi seul appartient la puissance exécutive.

ART. 13 : Le roi est le chef suprême de l'État ; il commande les forces de terre et de mer, déclare la guerre, fait les traités de paix, d'alliance et de commerce, nomme à tous les emplois d'administration publique, et fait les règlements et ordonnances nécessaires pour l'exécution des lois, sans pouvoir jamais ni suspendre les lois elles-mêmes ni dispenser de leur exécution. Toutefois aucune troupe étrangère ne pourra être admise au service de l'État qu'en vertu d'une loi.

ART. 14 : La puissance législative s'exerce collectivement par le roi, la Chambre des pairs et la Chambre des députés.

ART. 15 : La proposition des lois appartient au roi, à la Chambre des pairs et à la Chambre des députés : Néanmoins toute loi d'impôt doit être d'abord votée par la Chambre des députés.

ART. 16 : Toute loi doit être discutée et votée librement par la majorité de chacune des deux Chambres.

ART. 17 : Si une proposition de loi a été rejetée par l'un des trois pouvoirs, elle ne pourra être représentée dans la même session.

ART. 18 : Le roi seul sanctionne et promulgue les lois.

ART. 19 : La liste civile est fixée pour toute la durée du règne par la première législature assemblée depuis l'avènement du roi.

 

De la Chambre des pairs

ART. 20 : La Chambre des pairs est une portion essentielle de la puissance législative.

ART. 21 : Elle est convoquée par le roi en même temps que la Chambre des députés. La session de l'une commence et finit en même temps que celle de l'autre.

ART. 22 : Toute assemblée de la Chambre des pairs qui serait tenue hors du temps de la session de la Chambre des députés, est illicite et nulle de plein droit, sauf le seul cas où elle est réunie comme cour de justice, et alors elle ne peut exercer que des fonctions judiciaires.

ART. 23 : La nomination des pairs de France appartient au roi. Leur nombre est illimité : il peut en varier les dignités, les nommer à vie ou les rendre héréditaires, selon sa volonté.

ART. 24 : Les pairs ont entrée dans la Chambre à vingt-cinq ans, et voix délibérative à trente ans seulement.

ART. 25 : La Chambre des pairs est présidée par le chancelier de France, et, en son absence, par un pair nommé par le roi.

ART. 26 : Les princes du sang sont pairs par droit de naissance : ils siègent immédiatement après le président.

ART. 27 : Les séances de la Chambre des pairs sont publiques, comme celles de la Chambre des députés.

ART. 28 : La Chambre des pairs connaît des crimes de haute trahison et des attentats à la sûreté de l'État, qui seront définis par la loi.

ART. 29 : Aucun pair ne peut être arrêté que de l'autorité de la Chambre et jugé que par elle en matière criminelle.

 

De la Chambre des députés

ART. 30 : La Chambre des députés sera composée des députés élus par les collèges électoraux dont l'organisation sera déterminée par des lois.

ART. 31 : Les députés sont élus pour cinq ans.

ART. 32 : Aucun député ne peut être admis dans la Chambre, s'il n'est âgé de trente ans et s'il ne réunit les autres conditions déterminées par la loi.

ART. 33 : Si néanmoins il ne se trouvait pas dans le département cinquante personnes de l'âge indiqué payant le cens d'éligibilité déterminé par la loi, leur nombre sera complété par les plus imposés au-dessous du taux de ce cens, et ceux-ci pourront être élus concurremment avec les premiers.

ART. 34 : Nul n'est électeur, s'il a moins de vingt-cinq ans, et s'il ne réunit les autres conditions déterminées par la loi.

ART. 35 : Les présidents des collèges électoraux sont nommés par les électeurs.

ART. 36 : La moitié au moins des députés sera choisie parmi les éligibles qui ont leur domicile dans le département.

ART. 37 : Le président de la Chambre des députés est élu par elle à l'ouverture de chaque session.

ART. 38 : Les séances de la Chambre sont publiques mais la demande de cinq membres suffit pour qu'elle se forme en Comité secret.

ART. 39 : La Chambre se partage en bureaux pour discuter les projets qui lui ont été présentés de la part du roi.

ART. 40 : Aucun impôt ne peut être établi ni perçu, s'il n'a été consenti par les deux Chambres et sanctionné par le roi.

ART. 41 : L'impôt foncier n'est consenti que pour un an. Les impositions indirectes peuvent l'être pour plusieurs années.

ART. 42 : Le roi convoque chaque année les deux Chambres : il les proroge et peut dissoudre celle des députés ; mais, dans ce cas, il doit en convoquer une nouvelle dans le délai de trois mois.

ART. 43 : Aucune contrainte par corps ne peut être exercée contre un membre de la Chambre durant la session et dans les six semaines qui l'auront précédée ou suivie.

ART. 44 : Aucun membre de la Chambre ne peut, pendant la durée de la session, être poursuivi ni arrêté en matière criminelle, sauf le cas de flagrant délit, qu'après que la Chambre a permis sa poursuite.

ART. 45 : Toute pétition à l'une ou à l'autre des Chambres ne peut être faite et présentée que par écrit : la loi interdit d'en apporter en personne et à la barre.

 

Des ministres

ART. 46 : Les ministres peuvent être membres de la Chambre des pairs ou de la Chambre des députés : Ils ont en outre leur entrée dans l'une ou l'autre Chambre et doivent être entendus quand ils le demandent.

ART. 47 : La Chambre des députés a le droit d'accuser les ministres et de les traduire devant la Chambre des pairs qui seule a celui de les juger.

 

De l'Ordre judiciaire

ART. 48 : Toute justice émane du roi ; elle s'administre en son nom par des juges qu'il nomme et qu'il institue.

ART. 49 : Les juges nommés par le roi sont inamovibles.

ART. 50 : Les cours et tribunaux ordinaires actuellement existants sont maintenus. Il n'y sera rien changé qu'en vertu d'une loi.

ART. 51 : L'institution actuelle des juges de commerce est conservée.

ART. 52 : La justice de paix est également conservée. Les juges de paix, quoique nommés par le roi, ne sont point inamovibles.

ART. 53 : Nul ne pourra être distrait de ses juges naturels.

ART. 54 : Il ne pourra en conséquence être créé de commissions et de tribunaux extraordinaires, à quelque titre et sous quelque dénomination que ce puisse être.

ART. 55 : Les débats seront publics en matière criminelle, à moins que cette publicité ne soit dangereuse pour l'ordre et les mœurs ; et, dans ce cas, le tribunal le déclare par un jugement.

ART. 56 : L'institution des jurés est conservée. Les changements qu'une plus longue expérience ferait juger nécessaires, ne peuvent être effectués que par une loi.

ART. 57 : La peine de la confiscation des biens est abolie et ne pourra pas être rétablie.

ART. 58 : Le roi a le droit de faire grâce et celui de commuer les peines.

ART. 59 : Le Code civil et les lois actuellement existantes qui ne sont pas contraires à la présente charte restent en vigueur jusqu'à ce qu'il y soit légalement dérogé.

 

Droits particuliers garantis par l'État

ART. 60 : Les militaires en activité de service, les officiers et soldats en retraite, les veuves, les officiers, et soldats pensionnés, conserveront leurs grades, honneurs et pensions.

ART. 61 : La dette publique est garantie. Toute espèce d'engagement pris par l'État avec ses créanciers est inviolable.

ART. 62 : La noblesse ancienne reprend ses titres, la nouvelle conserve les siens. Le roi fait des nobles à volonté ; mais il ne leur accorde que des rangs et des honneurs, sans aucune exemption des charges et des devoirs de la société.

ART. 63 : La Légion d'honneur est maintenue. Le roi déterminera les règlements intérieurs et la décoration.

ART. 64 : Les colonies sont régies par des lois particulières.

ART. 65 : Le roi et ses successeurs jureront à leur avènement, en présence des Chambres réunies, d'observer fidèlement la Charte constitutionnelle.

ART. 66 : La présente Charte et tous les droits qu'elle consacre demeurent confiés au patriotisme et au courage des gardes nationales et de tous les citoyens français.

ART. 67 : La France reprend ses couleurs. A l'avenir, il ne sera plus porté d'autre cocarde que la cocarde tricolore.

 

Dispositions particulières

ART. 68 : Toutes les nominations et créations nouvelles de pairs faites sous le règne du roi Charles X sont déclarées nulles et non avenues. L'article 23 de la charte sera soumis à un nouvel examen dans la session de 1831.

ART. 69 : Il sera pourvu successivement par des lois séparées et dans le plus court délai possible aux objets qui suivent :
1° L'application du jury aux délits de la presse et aux délits politiques ;
2° La responsabilité des ministres et des autres agents du pouvoir ;
3° La réélection des députés promus à des fonctions publiques salariées ;
4° Le vote annuel du contingent de l'armée ;
5° L'organisation de la garde nationale, avec intervention des gardes nationaux dans le choix de leurs officiers ;
6° Des dispositions qui assurent d'une manière légale l'état des officiers de tout grade de terre et de mer ;
7° Des institutions départementales et municipales fondées sur un système électif ;
8° L'instruction publique et la liberté de l'enseignements ;
9° L'abolition du double vote et la fixation des conditions électorales et d'éligibilité.

ART. 70 : Toutes les lois et ordonnances, en ce qu'elles ont de contraire aux dispositions adoptées pour la réforme de la Charte, sont dès à présent et demeurent annulées et abrogées.

 

Voir aussi : 9 août 1830 - Louis-Philippe Ier devient roi des Français

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 23:01

La République de Weimar  est le nom donné au régime politique en place en Allemagne de 1918 à 1933. Elle a été proclamée pendant le cours de la Révolution de 1918, le 9 novembre 1918, soit deux jours avant la fin des hostilités de la Première Guerre mondiale consécutivement à la défaite de l'Empire allemand.

Elle tire son nom de la ville où se réunit en février 1919 une Assemblée nationale dominée par les sociaux-démocrates et les modérés, dont les travaux aboutissent à la promulgation d'une Constitution qui fait de l'Allemagne un État fédéral, le Reich, composé de 17 États (Länder) autonomes, eux-mêmes représentés au Reichsrat. La constitution a été adoptée le 31 juillet 1919 et promulguée le 11 août suivant.

Le Reichsrat partage le pouvoir législatif avec le Reichstag, dont les députés sont élus au suffrage universel. Le pouvoir exécutif est représenté par le président du Reich, lui aussi élu au suffrage universel pour un mandat de sept ans. Commandant suprême de la Reichswehr, il nomme le gouvernement et son chef, le chancelier, qui est responsable devant le Reichstag.

 

Profitant des effets de la crise mondiale qui frappe sévèrement l'Allemagne à la fin des années 1920, les nazis mettent fin au régime républicain lors de l'arrivée d'Hitler à la chancellerie en 1933.

 

Voir également : 6 février 1919 – l’Assemblée nationale de Weimar entre en fonction

 

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 23:02

Dans la nuit du 22 au 23 juillet 1952, l'organisation clandestine « les officiers libres » prend le pouvoir en Égypte, renverse le roi Farouk 1er et restaure la pleine indépendance du pays après 70 ans de tutelle britannique.

La République est proclamée et le général Mohamed Neguib est porté à la tête du pouvoir.

L'Égypte vit une crise importante depuis la fin de la première guerre israélo-arabe (1948-1949) : le roi est tenu pour responsable de la défaite face à Israël et sa soumission aux Britanniques, installés sur le canal de Suez, choque les différents courants politiques du pays.

Le mouvement progressiste qui l'évince est fondé par le jeune colonel Gamal Abdel Nasser qui deviendra bientôt Premier ministre adjoint. Le roi Farouk abdiquera le 26 juillet et s'exilera à Monaco. Le général Mohamed Néguib sera alors choisi comme président de la République.

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 23:01

Le 9 juillet 1816, la bourgeoisie créole de Buenos Aires proclame officiellement l'indépendance de l'ancienne vice-royauté espagnole du Rio de la Plata sous le nom de « Provinces-Unies de la Plata ».

La vice-royauté du Rio de La Plata est crée en 1776 par la couronne espagnole. La dynastie des Bourbons qui siège alors en Espagne est en déclin. En 1810, dans l’Amérique du Sud espagnole, la Révolution de mai remplace la vice-royauté coloniale par une junte militaire connue sous le nom de « Provincial Unidas en Sudamérica ».

Ces Provinces-Unies regroupent alors l’Argentine, l’Uruguay et une partie de la Bolivie. 

L'acte d'indépendance est lu à San Miguel de Tucuman, où la bourgeoisie créole s'est mise d'accord pour instaurer un état fédéral. Le général José de San Martin, leader du mouvement indépendantiste de la région, poursuivra sa « croisade » dans toute l'Amérique du Sud en libérant par la suite le Pérou et le Chili.

 

Voir aussi : 24 mars 1976 - Coup d'État militaire en Argentine

 

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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 23:01

Le 5 juillet 1811, les guerres napoléoniennes et l'occupation de l'Espagne encouragent la bourgeoisie de Caracas, capitale du Venezuela, à revendiquer l'indépendance du pays, sous la conduite de Francisco de Miranda. Le Venezuela est ainsi la première colonie espagnole d'Amérique à devenir indépendante.

Lorsque les troupes de Napoléon occupent l'Espagne, en 1808, la colonie du Venezuela doit apprendre à se gouverner seule. Cela donne à la bourgeoisie blanche de Caracas, l'idée de s'émanciper complètement de la tutelle coloniale.

Le petit peuple se tient en retrait de ce mouvement, par attachement au roi Ferdinand VII et surtout dans la crainte (justifiée) d'être davantage exploité par les futurs dominants qu'ils ne le sont par les fonctionnaires espagnols.

Le Congrès vénézuelien, composé des représentants des sept provinces du pays et réuni à Caracas, se prononce pour l'indépendance. C'est le plaidoyer des deux indépendantistes, Francisco Miranda et Simon Bolivar, qui a emporté la décision du Congrès. L'acte d'indépendance est rédigé dans les heures qui suivent.

Pourtant, la guerre contre les colonisateurs espagnols va continuer jusqu'en juin 1821.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 23:01

Bien que bénéficiant d'une certaine autonomie depuis 1935 et la création du « Commonwealth des Philippines », le pays demeure néanmoins un État vassal des États-Unis depuis 1898.

L'histoire des Philippines a commencé avec l'arrivée des premiers hommes par voie terrestre, il y a au moins 30 000 ans. Ferdinand Magellan est le premier européen à visiter l’archipel, le 16 mars 1521. La colonisation espagnole commence avec l’arrivée de Miguel López de Legazpi en 1565. Les Espagnols apportent une unité politique à un archipel auparavant formé de royaumes et communautés indépendantes.
Les Philippines sont gérées comme un territoire de la Nouvelle-Espagne et administrées à partir de Mexico entre 1565 et 1821, puis directement de Madrid entre 1821 et la fin de la guerre hispano-américaine en 1898, avec une brève période d’administration britannique entre 1762 et 1764.

 

La révolution philippine contre l’Espagne débute en avril 1896, et se termine deux ans plus tard par la proclamation d’indépendance et l’établissement de la Première République des Philippines. Toutefois, le traité de Paris de 1898 qui marque la fin de la guerre hispano-américaine, transfère le contrôle des Philippines aux États-Unis. Cet accord n’est pas reconnu par le gouvernement philippin qui déclare la guerre aux États-Unis le 2 juin 1899. Le président du pays, Emilio Aguinaldo, est capturé en 1901 et le gouvernement américain déclare le conflit officiellement terminé en 1902. Les leaders philippins reconnaissent la victoire américaine, mais les hostilités se poursuivent jusqu’en 1913. L’administration américaine des Philippines commence réellement en 1905.

Une autonomie partielle est promulguée en 1935, en préparation de l’indépendance complète du pays prévue pour 1946.

L'occupation japonaise de l'archipel dès 1941, puis sa reconquête par les Américains en 1945, accéléreront les velléités d'indépendance des Philippins. Ces derniers obtiendront satisfaction le 4 juillet 1946 avec la proclamation de l'indépendance de leur pays, qui met fin à près d'un demi-siècle de domination américaine.

 

La République des Philippines est constituée d'un archipel de 7.107 îles dont onze d'entre elles totalisent plus de 90 % des terres et dont un peu plus de 2.000 seulement sont habitées ; environ 2.400 îles n'ont même pas reçu de nom.

 

Voir aussi :

16 mars 1521 - Magellan découvre les Philippines

27 avril 1565 - Les Philippines deviennent espagnoles

 

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 23:01

Le mercredi 3 juillet 1996, Boris Eltsine est réélu à la tête de la confédération de Russie avec 53,5% des suffrages.

Son principal rival, le candidat du Parti communiste Guennadi Ziouganov, ne remporte que 40,5% des voix.

Le score du général Alexandre Lebed, militaire faisant ses débuts en politique en 1995 sous la bannière du « Congrès des communautés russes », fut une surprise se positionnant 3e avec 14,5 % des voix.

 

Boris Eltsine, qui avait été élu à la présidence le 12 juin 1991, fut réinvesti le 9 août. Il n'achèvera pas son second mandat présidentiel à cause des pressions économiques et du conflit au Kosovo.

Il démissionnera le 31 décembre 1999 pour laisser la place à son Premier ministre, Vladimir Poutine.

Jusqu'à sa mort le 23 avril 2007, Eltsine ne prend plus part au débat public.

 

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 23:01

Le mardi 27 juin 1905, dans la mer Noire, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, principal cuirassé de la flotte russe de la mer Noire.

Depuis sa défaite de Tsushima, un mois plus tôt, face à la flotte japonaise, la marine du tsar Nicolas II est agitée par des mouvements divers et les officiers ont le plus grand mal à se faire respecter de leurs hommes. Sur terre, dans tout le pays, se multiplient grèves et rébellions depuis la révolte sanglante du « Dimanche rouge » du 22 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg.

 

Mis en service deux ans plus tôt, le navire (113 mètres, 12.600 tonnes) transporte environ 700 hommes. Ses marins sont pour la plupart des paysans sans éducation, recrutés de force quelques mois plus tôt pour combler les effectifs creusés par la guerre. Ils n'ont pas encore l'expérience du feu.

 

Tandis qu'il effectue des exercices sur la mer Noire, au large d'Odessa, le cuirassé est ravitaillé comme de coutume en provisions. Au petit matin, les marins s'approchent des carcasses qui pendent sur le pont en attendant leur mise en cale et découvrent une viande en putréfaction, puante et truffée d'asticots. Ils se rassemblent autour des carcasses. C'est l'indignation. Le médecin du bord, le docteur Smirnov, examine la viande. Avec mépris pour les brutes qui l'entourent, il prétend sentencieusement que la viande est «comestible» sous réserve d'être simplement lavée avec du vinaigre.

 

Les marins murmurent et se retirent. Arrive l'heure du déjeuner. Dans le réfectoire, les cuisiniers amènent les marmites de bortsch, avec la viande bouillie. Cette fois, c'est l'explosion !

Le commandant et d'autres officiers sont tués et jetés à la mer.

L'insurrection s'étendra à d'autres villes de l'Empire russe. La répression fera plusieurs centaines de morts et certains marins du « Potemkine » trouveront asile en Roumanie.

 

Le film de Sergueï Eisenstein en 1925 immortalisera cette mutinerie.

En 1965, Jean Ferrat lui a consacré aussi l'une de ses plus belles chansons.

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15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 23:03

Le 16 juin 1946, à Bayeux, De Gaulle formule dans un discours retentissant une critique en règle des institutions de la IVème République. C’est l’un des discours les plus importants du général de Gaulle, figure charismatique de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Le contexte de son retrait

Alors que le Général de Gaulle devient le chef du gouvernement provisoire de la République au sortir de la guerre et suite à l’effondrement du régime de Vichy, celui-ci sent bien que la France et le milieu politique n’est pas prêt pour un changement en profondeur des institutions.
Tandis qu’il regarde avec envie (et méfiance) le Président des États-Unis Franklin D. Roosevelt jouir d’une forte puissance exécutive soutenue par deux chambres acquises à ses combats, il doit pour sa part faire face à des forces politiques opposées à ses projets de grandeur.
Au lieu d’avaliser un projet de quatrième République en contradiction avec ses propres projets institutionnels, De Gaulle préfère démissionner du pouvoir pour commencer à bâtir une force politique capable d’appliquer sa vision de l’État le moment venu. Pour lui, la France doit pouvoir se munir d’un exécutif puissant, porté par un Président de la République aux pouvoirs élargis, c’est-à-dire tout le contraire du Président de la quatrième, qui ne sert, selon sa formule, qu’à « inaugurer les chrysanthèmes ».

 

Une vision pour la France

Charles De Gaulle quitte sa retraite de Colombey-les-deux-Églises (Haute-Marne) et rentre brutalement dans l'arène politique. Il prononce un discours à proximité de la sous-préfecture de Bayeux (première sous-préfecture libérée en juin 1944). C’est la première fois qu’il s’adresse aux Français depuis sa démission de la tête du gouvernement, le 20 janvier 1946.

Le résistant, qui ne supporte pas l'inaction, exprime sa propre vision du partage des pouvoirs entre législatif (Parlement) et exécutif (chef de l'État et gouvernement) avec le souhait d'être rappelé par les Français...

Le général de Gaulle donne des idées à propos de la Ve République :

    le Parlement doit être composé de deux Chambres exerçant le pouvoir législatif.

    le chef d'état est un arbitre au-dessus des partis.

    le président de l'Union française est aussi celui de la République.

    le président nomme son premier ministre et ses ministres.

    le président prend des décrets et promulgue la loi.

    le président préside le Conseil des ministres.

    le président est le garant de l'indépendance nationale.

    le président discute et ratifie les traités.

 

Mais cette vision laisse la classe politique indifférente.

 

L'année suivante, le général fonde son propre parti, le Rassemblement du Peuple Français (RPF).

En 1953, délaissé par ses propres députés et prenant acte de l'inanité de son action, le Général se met en retrait du RPF et se retire dans sa résidence de Colombey-les-deux-Églises et se met à l'écriture.

 

Lien du jour : Texte intégral du discours de Bayeux

 

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 23:01

Le jour même où s'achève le mandat britannique sur la Palestine, le président Chaïm Weizmann proclame l'État d'Israël.

L'ancien État d'Israël avait disparu en 70 après Jésus Christ, lorsque Jérusalem avait été détruite par les romains.  Depuis vingt siècles, une partie la diaspora juive nourrissait le rêve d'un retour vers la Terre promise. Ce rêve prend forme en Europe à la fin du XIXe siècle sous le nom de « sionisme ».

 

L'assemblée générale avait voté le 29 novembre 1947 le principe d'un partage du territoire entre deux États, l'un arabe, l'autre juif, au sein d'une union douanière, le secteur de Jérusalem et Bethléem étant quant à lui placé sous administration internationale (résolution 181).

Le mandat anglais prend donc fin le 14 mai 1948 et ce jour-là, conformément au plan onusien, les derniers soldats britanniques quittent la Terre sainte.

 

Ce 14 mai 1948 à 16 heures précises, David Ben Gourion, président du Conseil national juif, se lève et frappe la table de son marteau. Debout sous le portrait de Théodore Herzl, père du sionisme, encadré de deux drapeaux frappés de l'étoile de David, il déclare annonce :

« Permettez-moi de vous lire la déclaration d'Indépendance de l'État adoptée en première lecture par le Conseil national. »

Après avoir  décrit le contexte historique et les raisons pour lesquelles cette déclaration a été adoptée, il lit celle-ci :

« Nous, membres du Conseil national, représentants du peuple juif en Palestine et du Mouvement sioniste mondial, sommes réunis en assemblée extraordinaire en ce jour qui met un terme au mandat britannique en Palestine. Et c'est en vertu des droits historiques et naturels du peuple juif et de la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies que nous proclamons ici la création d'un État juif en Palestine, qui s'appellera désormais l'État d'Israël. »

 

Le monde arabo-musulman attaquera aussitôt Israël : toutes les armées des pays voisins (Égypte, Syrie, Transjordanie, Irak et Liban) se ruent contre le nouvel État.

 

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 23:01

Au terme de sanglantes émeutes entre communautés noires et arabes, l'archipel de Zanzibar rejoint le Tanganyika pour former l'actuelle « République unie de Tanzanie ».

Le dimanche 26 avril 1964, le Tanganyika et le Zanzibar fusionnent à l'intérieur d'une République du Tanganyika et de Zanzibar qui deviendra, en octobre 1964, la République unie de Tanzanie.

Le premier Président de la nouvelle République est Julius Nyerere, surnommé le « mwalimu » (l'instituteur en langue swahilie). Ce leader socialiste, charismatique mais incompétent, énonce en 1967 la « doctrine d'Arusha » en vue de bâtir une société communiste fondée sur les « ujamaas », villages collectivistes. Il va en un temps record entraîner son peuple dans un dénuement extrême.

Le nouvel État se donnera pour capitale politique la ville nouvelle de Dodoma, la ville principale demeurant le port de Dar-es-Salam.

 

Politique intérieure

Nyerere, qui préside le pays de 1962 à 1985, domine la vie politique avec la TANU, puis son successeur, le Chama Cha Mapinduzu (Parti d'État révolutionnaire), seuls partis autorisés. Il procède à des réformes et des nationalisations, tentant de développer un modèle socialiste original qui se heurte à un contexte économique difficile. Le départ de Nyerere de la présidence, en 1985, est suivi par des réformes démocratiques et un virage vers le libéralisme économique. Des élections multipartites sont tenues à partir des années 1990, mais le processus démocratique, entaché par des irrégularités, est contesté et le Chama Cha Mapinduzu continue de dominer la vie politique.

Politique extérieure

La Tanzanie demeure au sein du Commonwealth et conserve de bonnes relations avec la Grande-Bretagne. Sous Julius Nyerere, elle effectue néanmoins des rapprochements avec le monde communiste, notamment l'Union des républiques socialiste soviétiques (URSS) et la Chine avec qui elle signe un traité d'amitié au cours des années 1960. Membre du mouvement des non-alignés, la Tanzanie apporte également son soutien aux luttes coloniales qui se déroulent au Mozambique et au Burundi. En 1979, elle intervient même militairement en Ouganda, contribuant au renversement de la dictature d'Idi Amin Dada. Impliqué au sein de plusieurs organisations internationales, le gouvernement tanzanien participe à plusieurs initiatives de paix sur le continent africain.

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17 avril 2016 7 17 /04 /avril /2016 13:56

Le 17 avril 1971, le Bangladesh (« pays du Bengale » en bengali) proclame son indépendance et se sépare de la partie occidentale du Pakistan dont il est séparé par 2000 km.

L'indépendance vient de ce que le général-dictateur pakistanais Yahya Khan refuse à la province l'autonomie que réclame la Ligue Awami du cheikh Mujibur Rahman, un parti de notables victorieux aux élections de décembre 1970. Le cheikh lance une campagne de désobéissance civile. La répression brutale par l'armée lui vaut le ralliement de toute la population.

 

Après la proclamation d'indépendance, l'Inde d'Indira Gandhi intervient militairement au côté du Bangladesh. Il s'ensuit une épouvantable guerre qui se conclut le 17 décembre 1971 par la défaite des Pakistanais.

 

Le Bangladesh, très pauvre, occupe le delta du Brahmapoutre et du Gange (144.000 km2). Il compte 169 millions d'habitants.

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20 mars 2016 7 20 /03 /mars /2016 00:01

Le mardi 20 mars 1956, la France met fin à son protectorat sur la Tunisie, 18 jours après avoir reconnu celle du Maroc.

C'est l'aboutissement des revendications menées par le Destour, un parti fondé en 1920, et plus encore le Néo-Destour, un parti indépendantiste plus radical que le précédent, fondé en 1934 par Habib Bourguiba. Celui-ci est arrêté par le résident général Jean de Hauteclocque en janvier 1953.

Là-dessus, coup de théâtre. Le 31 juillet 1954, le président du Conseil Pierre Mendès France se rend à Tunis et, par son « discours de Carthage », reconnaît l'autonomie interne de la Tunisie, premier pas vers l'indépendance. Dans le mois qui suit celle-ci, le Néo-Destour s'assure une majorité écrasante aux élections. Son chef Bourguiba, devenu le chef du gouvernement, abolit le beylicat et proclame la République le 25 juillet 1957.

Lire aussi : 2 mars 1956 - Indépendance du Maroc

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 00:01

Le 2 mars 1956, Christian Pineau, ministre des Affaires Étrangères, et le plénipotentiaire marocain, Si Bekkaï, signent la déclaration commune qui rend caduc l'accord de Fès (naissance du protectorat, le 30 mars 1912) et donne naissance au Maroc indépendant.

C'est la conclusion de la conférence ouverte à Aix-les-Bains le 22 août 1955 à l'initiative du président du Conseil Edgar Faure et de son ministre des Affaires étrangères Antoine Pinay.

 

Le 7 mars, l'Assemblée nationale ratifie l'indépendance. Enfin, le 28 mai 1956, des accords de coopération redéfinissent les rapports franco-marocains.

L'Espagne à son tour reconnaît l'indépendance du pays le 7 avril 1956 avant de lui restituer un peu plus tard l'enclave d'Ifni et le littoral méditerranéen (à l'exception de Ceuta et Melilla). Enfin, le statut international de Tanger est aboli le 21 octobre de la même année et le grand port du nord retourne dans le giron du royaume.

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 00:01

Lors du XXème Congrès du Parti communiste d'URSS, le Premier secrétaire Nikita Khrouchtchev brosse un bilan désastreux des années Staline (1941-1953).

Le 14 février 1956 s'ouvre au Kremlin le XXe Congrès du PCUS. Les représentants de 55 « partis frères » ont fait le voyage ; 1 430 délégués représentant plus de 7 millions de communistes soviétiques sont présents.

Dans la nuit du 24 au 25 février 1956, le congrès s'achemine vers sa fin. Les délégués du XXe Congrès du Parti Communiste d'URSS s'apprêtent à quitter la salle après dix jours de débats sans anicroche ni surprise. Les journalistes et les délégués étrangers sont déjà sortis. Mais à la surprise générale, Nikita Khrouchtchev, Premier secrétaire du parti, demande alors aux délégués de se rasseoir.

Pendant quatre heures, il va leur lire un rapport secret dont il leur sera expressément demandé de ne divulguer aucun extrait écrit à l'extérieur.

Il accuse son prédécesseur Staline de crimes ignobles, notamment de la mise en accusation et de l'exécution de nombreux dirigeants communistes lors des grands procès de Moscou, vingt ans plus tôt (parmi lesquels Trotski). Il condamne également le culte de la personnalité qui a entouré le « petit père des peuples » et met en cause ses qualités de stratège pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cependant Khrouchtchev reconnaît à Staline un « rôle positif » dans la collectivisation des terres et l'industrialisation, même si ces opérations se sont soldées par la déportation et le massacre de plusieurs millions de Soviétiques dans les années 1931-1936 !

 

Malgré la demande de ne divulguer, le New York Times publie des extraits du rapport secret dès le 16 mars. Le texte a été fourni au quotidien par la CIA, qui l'a elle-même obtenu d'un leader communiste polonais juif, irrité par des allusions antisémites de Khrouchtchev, par l'intermédiaire du Mossad. Le rapport est même publié dans son intégralité quelques semaines plus tard.

Ces accusations provoqueront la scission du PC d'URSS avec le PC chinois de Mao Tsé-toung qui défendra la mémoire de Staline.

 

Lien du jour :

Les crimes du communisme - Révélations sur le rapport Khrouchtchev

 

Relire aussi mes articles :

3 avril 1922 - Staline élu Premier secrétaire du PC

7 avril 1930 - Création du Goulag

12 juin 1937 - Les purges continuent - Staline décapite son armée

3 décembre 1952 - Purges Staliniennes : Procès de Prague

 

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 00:01

Le 10 janvier 1356, l'empereur Charles IV promulgue la Bulle d'or de Nuremberg. Ce texte fondateur du Saint-Empire romain germanique détermine, au moyen de 31 articles, les règles de transmission de la charge d'empereur.

Bulle d'or de Nuremberg 1356

Charles IV de Luxembourg (39 ans) est élu à la tête du Saint Empire en 1355. L'année suivante, le 10 janvier 1356, il promulgue devant les représentants de l'empire réunis à Nuremberg un texte qui fixe les conditions d'élection à la tête du Saint Empire ou empire d'Allemagne, plus tard appelé Saint Empire romain germanique.

Le roi doit, selon ce document, être élu par un collège électoral de princes-électeurs composé de trois archevêques et quatre aristocrates. La précision des conditions d'élection permet de se passer de toute validation papale, et définit en outre les prérogatives du roi, ainsi que la répartition des pouvoirs.

La promulgation est renouvelée le 25 décembre 1356 à la diète de Metz et une copie du texte est confiée à Francfort, siège de la Diète impériale (ces deux exemplaires, les seuls qui subsistent, sont conservés dans leur ville respective).

 

 

Le nom de bulle, donné aux actes ou ordonnances rendus par les empereurs romains, provient du latin, bulla, la langue dans laquelle elle était promulguée. L'attribut d'or exprime que l'empereur Charles IV l'a scellée par son cachet en or.

 

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4 janvier 2016 1 04 /01 /janvier /2016 00:01

Le colonisateur britannique quitte la Birmanie le dimanche 4 janvier 1948. Sous le nom d'Union Birmane, le pays accède à l'indépendance sous la forme d'une fédération d'États.

Les Britanniques, après avoir soumis au XVIIIe siècle les Indes voisines, ne tardent pas à poser leur regard sur la Birmanie. Ils vont s'en emparer au terme des trois guerres anglo-birmanes (1826, 1852 et 1886).

Au début du XXe siècle naît un mouvement nationaliste birman. Il s'organise autour d'une élite de jeunes gens, dont certains ont étudié à Londres. La crise économique des années 1930 entraîne en outre une importante révolte paysanne qui est violemment réprimée par les Britanniques.

En 1937, la Birmanie est séparée des Indes et devient une colonie à part entière, avec un niveau relativement élevé d'autonomie interne.

 

La Birmanie constitue un champ de bataille majeur de la Seconde Guerre mondiale (là se situe l'épisode du pont de la rivière Kwai, magnifié par le roman de Pierre Boulle). En 1941, les Japonais, épaulés par l'Armée de Libération birmane conduite par Aung San, repoussent les Britanniques auxquels seules les minorités restaient fidèles. Cependant, la dureté de l'occupation par l'armée japonaise, qui ne tolère qu'un gouvernement birman fantoche, retourne rapidement l'opinion birmane.

Aung San prend contact avec les Alliés en 1944 et ses troupes vont contribuer à la défaite des Japonais.

Leur reddition est signée le 28 août 1945 à Rangoun, capitale de la colonie (aujourd'hui Yangon).

 

Après une période de négociations serrées, marquées par des grèves qui paralysent tout le pays, les Britanniques admettent le principe de l'indépendance de la Birmanie. Aung San est assassiné le 19 juillet 1947 avant que celle-ci ne devienne effective. C'est son compagnon de lutte U Nu qui devient le Premier 

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