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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 00:01

1876 : Élection contestée de R. B. Hayes à la présidence américaine

Rutherford Birchard Hayes (1822-1893) est élu 19e président des Etats-Unis (1877-1881) dans la controverse. Gouverneur de l'Ohio et membre du Parti républicain, il ne dut sa victoire qu'à une voix pile, après validation du Collège des Grands électeurs, suite à des semaines d'une intense polémique. Une réputation de fraude entacha ainsi son accession, le candidat démocrate Samuel Jones Tilden ayant acquis le vote populaire. Son camp admit sa défaite par le compromis de 1877 en échange du retrait militaire des États du Sud.

 

1916 : Woodrow Wilson est réélu président des États-Unis

Thomas Woodrow Wilson est élu président des États-Unis pour un second mandat. Le candidat démocrate a obtenu 49,2 % des suffrages tandis que son adversaire républicain, Charles E. Hughes, n'en a obtenu que 46,1 %. L'année suivante, les États-Unis viendront apporter leur soutien à la France et à l'Angleterre dans le cadre de la Première Guerre mondiale. Quand bien même, le prix Nobel de la paix sera décerné à Woodrow Wilson en 1919.

 

1944 : Quatrième élection de Franklin D. Roosevelt à la présidence américaine

Le 7 novembre 1944, Franklin Delano Roosevelt est élu pour la quatrième fois consécutive à la présidence des États-Unis. Il triomphe du candidat républicain, le conservateur Thomas Dewey. Il est le dernier président américain à avoir effectué plus de deux mandats consécutifs, et est décédé quelques mois après son élection. Harry Truman l'a remplacé et a eu la lourde tâche d'effectuer ce pour quoi Roosevelt avait été réélu : mettre fin à la guerre.

 

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 23:01

L'OMNIC (Office municipal Nantais d'Information et de Communication) est créée en septembre 1989, présidée par le maire socialiste de Nantes nouvellement élu Jean-Marc Ayrault (également député). Elle est administrée exclusivement par l'équipe municipale jusqu'à sa dissolution en février 1995 !

Ce montage juridique avait pour effet de soustraire aux règles et contrôles administratifs, notamment ceux du code des marchés publics, les activités confiées par Jean-Marc Ayrault à cette association. Celle-ci était en quelque sorte le doublon de l'équipe municipale.

 

L’OMNIC se voit allouer annuellement une subvention d'environ 6 millions de francs par an, et confier diverses publications, principalement la confection et la distribution du journal municipal « Nantes Passion », ainsi que les campagnes de communications.

Ainsi, Jean-Marc Ayrault, sous couvert de sa qualité de président d'OMNIC, confiera dès 1989, et jusqu'au 1er janvier 1994, l'ensemble de ces activités à une seule et même société, la SNEP (Société nantaise d'édition et de publicité). Celle-ci est dirigée par Daniel Nedzela, connu pour avoir été le financier du parti socialiste dans plusieurs villes de l'ouest, ceci sans appel formalisé à la concurrence, ni contrat écrit.

 

Le 13 juin 1996, Jean-Marc Ayrault, Guy Lorant, son directeur de la communication, et Daniel Nedzela ont été mis en examen par le juge d'instruction Jean-Pierre Pétillon, à la suite d'un rapport de la chambre régionale des comptes de février 1995 pour le non-respect du code des marchés publics.

 

Le vendredi 17 octobre 1997, les accusés comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Nantes pour délit de favoritisme envers Daniel Nedzela, directeur de la SNEP.

 

Le 19 décembre 1997, Jean-Marc Ayrault est finalement condamné à une peine de six mois de prison avec sursis et 30.000 francs d'amende, condamnation supérieure à la demande du procureur, pour octroi d'avantage injustifié. Il ne fera pas appel du jugement.

Le prestataire Daniel Nedzela, qui faisait déjà appel d'un jugement rendu le 19 septembre 1997 pour trafic d'influence à trois ans de prison dont six mois ferme et 500.000 francs d'amende, fut condamné à 6 mois de prison avec sursis et 200.000 francs d'amende pour recel d'octroi d'avantage injustifié.

Guy Lorant, le directeur de la communication municipale, qui encourait 3 mois de prison, fut condamné à deux mois avec sursis.

 

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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 23:01

Le mercredi 28 septembre 1864, au cours d'une réunion au Saint Martin's Hall à Londres, des leaders ouvriers européens fondent l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) qui sera plus tard connue sous le nom de « Première internationale ».

L'association est issue d'un vaste mouvement de protestation en faveur des Polonais, victimes en 1863 d'une féroce répression russe. Son objectif est de coordonner les luttes de tous les pays.

Fondation de la première Internationale socialiste

C'est un intellectuel allemand, réfugié à Londres depuis l'échec des révolutions de 1848, qui rédige les statuts de l'Association internationale des travailleurs. Il a 46 ans et s'appelle… Karl Marx.

En 1864, il est surtout connu des syndicalistes et des socialistes par un opuscule qu'il a publié en 1848 avec son riche ami Friedrich Engels : Le Manifeste du Parti communiste (son œuvre principale, Das Kapital, paraîtra en 1867).

En juillet 1889, six ans après la mort de Marx, à l'initiative de Frierich Engels, ami de Marx, mort six ans plus tôt,  les socialistes se retrouvent à Paris où ils fondent une deuxième Internationale.

 

De 1919 à 1943, la IIe Internationale est concurrencée par une IIIe Internationale dite communiste (Komintern) et sévèrement contrôlée par Staline. Une IVe Internationale, concurrente des précédentes, fait également son apparition à l'initiative de Trotski, en 1938. Elle sera très en vogue parmi les jeunes contestataires français de Mai 68.

La IIe Internationale est relayée en France par la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière), issu de la fusion, le 26 avril 1905, de différents partis socialistes, dont celui, réformiste, de Jean Jaurès et celui, marxiste, de Jules Guesde. Ses compromissions dans les guerres coloniales, sous l'autorité de Guy Mollet, l'amènent, le 4 mai 1969, à changer son nom pour celui de Parti socialiste.

 

Relire également :

11 mai 1924 - Le Cartel des Gauches au pouvoir

4 mai 1969 - LA SFIO devient le PS

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 23:01

Le « parti républicain radical » est fondé à l'occasion d'un congrès, à Paris, les 21, 22 et 23 juin 1901.

La création du plus ancien parti politique français se fait donc avant même l’adoption des lois de juillet 1901 sur les associations.

Auparavant, les élus se regroupaient par affinités mais ne disposaient d'aucune structure solide, avec financement et militants, pour les soutenir.

Le premier président est le franc-maçon Gustave Mesureur.

À la tête du Bloc des gauches aux élections législatives de 1902, il participe au gouvernement Émile Combes et réalise notamment, après la chute de Combes, la séparation des Églises et de l'État de 1905. À la suite de nombreux avatars sous la IVe et la Ve République et du fait de la scission, intervenue en 1971, d'avec les « radicaux de gauche », il se situe désormais au centre droit de l'échiquier politique.

 

Le 23 avril 1905, Jean Jaurès et Jules Guesde fondent à Paris le deuxième grand parti de la gauche française : la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière).

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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 00:01

Le « manifeste du Parti communiste » est tout d'abord publié de manière anonyme avant d'être de nouveau édité avec les noms de ses auteurs : Karl Marx et Friedrich Engels.

Il s'agit d'un essai politique et philosophique commandé par l'organisation la Ligue des communistes. Karl Marx, qui se charge de la rédaction, se sert alors des textes et des discours préparés par l'organisation et notamment des écrits d'Engels pour rédiger l'ouvrage.

Le  Manifeste  du  Parti  Communiste  n’est  pas  un  texte  précis  et  chiffré,  ni  un programme. Il s’agit plutôt, pour les auteurs, d’analyser la société, ce qui conduit à sa division en  classes  et  de  démontrer  qu’il  existe  une  force  transnationale  qui  «  naît,  se  développe, s’organise  et  qui  s’appelle  le  prolétariat,  et  ensuite  à  affirmer  l’émergence  d’une  force politique  nouvelle  et  embryonnaire  qui  veut  se  faire  connaître,  le  communisme  ».  Ainsi, le manifeste a plutôt une fonction de synthèse des idées naissantes de la ligue des communistes de l’époque.

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 12:21

Au lendemain de la libération de la Corée du Nord du joug japonais en 1945, les comités provinciaux, qui forment le Comité populaire provisoire nord-coréen, exercent les fonctions de gouvernement provisoire. C'est le 8 février 1946 qu'ils élisent à leur tête Kim Il-sung, l'un des grands artisans de la libération du pays. Dès lors, ce dernier se révélera être l'homme fort du régime nord-coréen, notamment en mettant en place une succession de réformes.

Kim Il-sung (ou Kim Il-song), né le 15 avril 1912 et mort le 8 juillet 1994, est un homme politique nord-coréen. Né sous le nom de Kim Song-ju (« le pilier du pays ») à Pyongyang, il prend son nom définitif lors de la résistance face aux Japonais. Fondateur et le premier dirigeant de la Corée du Nord en 1948, il dirigea le pays jusqu'à sa mort.

Il occupa les postes de premier ministre de 1948 à 1972 et de président de la République à partir de 1972, tout en occupant de manière permanente le poste de secrétaire général du Parti du travail de Corée.

Il fut surnommé le « Président éternel » ou « professeur de l'humanité tout entière ». Son fils Kim Jong-il lui succéda à la tête du parti et du régime.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 14:14

La ministre de la Santé de Valéry Giscard d'Estaing fait voter son texte autorisant l'avortement en France avec l'appoint des voix de gauche, après un débat houleux.

28 décembre 1967 :

Loi relative à la régulation des naissances, qui autorise la fabrication et l’importation de contraceptifs, leur vente exclusive en pharmacie sur ordonnance médicale, avec autorisation parentale pour les mineures, et qui interdit toute publicité commerciale ou propagande anti-nataliste.

 

5 avril 1971 :

Le Nouvel Observateur publie un manifeste signé par 343 femmes, parmi lesquelles de nombreuses personnalités (actrices, avocates, femmes de lettres, enseignantes, etc.), qui déclarent avoir avorté et réclament l’avortement libre.

Juillet 1971 :

Création de l’association "Choisir", autour de l’avocate Gisèle Halimi, qui lutte pour l’abrogation de la loi de 1920 qui fait de l’avortement un crime.

20 novembre 1971 :

Marche internationale pour l’abolition des lois contre l’avortement à Paris.

 

4 décembre 1974 :

Loi portant diverses dispositions relatives à la régulation des naissances, qui libéralise la contraception et élargit le dispositif de la loi de 1967 : notamment remboursement de la contraception par la Sécurité sociale et suppression de l’autorisation parentale pour les mineures (loi n° 74-1026).

 

13 novembre - 20 décembre 1974 :

Après une longue procédure législative et des débats très vifs, le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse, présenté en Conseil des ministres le 13 novembre, est adopté le 20 décembre, par 277 voix contre 192 à l’Assemblée nationale et 185 voix contre 88 au Sénat.

La loi autorise l’IVG dans un délai de 10 semaines, sur simple demande à un médecin ; elle laisse la possibilité à tout médecin ou à tout établissement hospitalier privé de refuser de donner suite à une demande d’IVG ; elle s’efforce de limiter les IVG à des cas de nécessité et d’empêcher qu’elles ne deviennent un moyen de réguler les naissances ; elle ne prévoit pas le remboursement par la Sécurité sociale, mais une prise en charge sur demande au titre de l’aide médicale.

 

La loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dite « loi Veil » est promulguée 17 janvier 1975, à titre provisoire pour une période de 5 ans. (loi n° 75-17)

Elle sera reconduite le 31 décembre 1979.

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 00:01

Le Premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, décide de créer, à l'occasion d'un remaniement gouvernemental, un nouveau ministère, celui de la Protection de la Nature et de l'Environnement. Le portefeuille est confié à Robert Poujade, secrétaire général de l'UDR (Union de la Droite Républicaine).

 

Robert Poujade

Ne doit pas être confondu avec Pierre Poujade (qui a donné son nom au poujadisme).

Robert Poujade, né le 6 mai 1928, s'engage dès l'âge de 18 ans au sein du mouvement gaulliste.

La protection de l’environnement l'intéresse tôt puisqu'il est membre dans les années 1960 de la Ligue urbaine et rurale et de la Ligue Contre le Bruit. Président du Haut comité de l'environnement créé en 1970 sous la responsabilité de la DATAR, il est nommé en janvier 1971 ministre délégué auprès du premier ministre, chargé de la protection de la nature et de l'environnement, dans les gouvernements Chaban-Delmas (janvier 1971-juillet 1972) et Messmer (juillet 1972-mars 1973), puis ministre de la protection de la nature et de l'environnement (Gouvernement Messmer, avril 1973-février 1974).

 

Avec un budget de près de 200 millions de francs et 300 fonctionnaires, ce ministère s'étoffe suite au premier choc pétrolier. Ses premières missions concernent la lutte contre la pollution sonore, le développement d’un réseau de contrôle de la qualité de l’air, l'extension des compétences des agences de l’eau, des contrats entre l’État avec les branches industrielles polluantes pour mettre en place des normes de lutte contre les nuisances (notamment avec la papeterie, cimenterie, l’industrie de surfaçage, BTP, cette dernière le menaçant indirectement).

 

Relire aussi :
28 février 1970 - Georges Pompidou tire le signal d’alarme

 

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 00:01

Les socialistes français tiennent leur 18e congrès à Tours, le 25 décembre 1920… jour de Noël !

Ce congrès s'achève, cinq jours plus tard, sur la division du mouvement.

À l'initiative de Marcel Cachin et Ludovic Frossard, 2/3 des congressistes quittent la SFIO (Section Française de l'Internationale Ouvrière) et fondent la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), affiliée à la IIIe Internationale de Lénine. Ils acceptent ce faisant les 21 conditions de celui-ci.

La SFIC deviendra plus tard le Parti communiste français (PCF).

La SFIO socialiste ne conserve donc qu’un triers des militants (30.000) mais aussi la majorité des élus. Elle place à sa tête Léon Blum qui déclara : « Pendant que vous irez courir l'aventure, il faut que quelqu'un reste garder la vieille maison».

 

L'année suivante, la CGT (Confédération Générale du Travail) opère à son tour une scission mais seule une minorité de militants rejoint le camp communiste, fondant la CGTU (CGT Unitaire).

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Par Archimède - dans Politique
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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 00:01

Le 2 décembre 1887, Jules Grévy (80 ans), quatrième président de la République française, est contraint de remettre sa démission suite aux malversations de son gendre Daniel Wilson.

Daniel Wilson, l'un des fondateurs de la gauche républicaine, député d’Indre-et-Loire, est au cœur d’un trafic de décorations géré par le Général Caffarel. Wilson sera d’ailleurs le seul à ne pas être inquiété par cette affaire et continuera à siéger. Mais le climat difficile, alimenté par les conflits autour du colonialisme et l’attitude à adopter face à l’Allemagne, mènera à la crise boulangiste.

 

Le scandale des décorations

L'affaire débuta le 7 octobre 1887 lorsque la presse dévoila un trafic de décorations mis en place par Daniel Wilson, député d'Indre-et-Loire et gendre du président de la République Jules Grévy. L'enquête révéla que Wilson trafiquait de son influence pour négocier des participations d'hommes d'affaires dans ses entreprises en échange de l'obtention de décorations. Il avait revendu depuis un bureau de l'Élysée des milliers de décorations — notamment la Légion d'honneur pour 25 à 100 000 francs4 de l'époque — pour verser des subventions à des journaux de province. Parmi ses complices, on comptait le général Caffarel, deux maquerelles (la dame Limouzin et la dame Ratazzi) qui doivent révéler à la brigade des mœurs que ces décorations se négocient dans leurs maisons closes suite à une dénonciation d'une ancienne prostituée, Henriette Boissier.

 

La rue, les journalistes et la classe politique, aux premiers rangs desquels Georges Clemenceau et Jules Ferry, profitent de cette affaire pour s’acharner sur Jules Grévy.

Dans un premier temps, le président s’accroche à son poste. « Je suis un roc. On n’imagine pas ce qu’il peut y avoir de force chez un juriste comme moi. D’ailleurs, le patriotisme m’oblige à rester à mon poste. Si je me démettais, je créerais le précédent le plus fâcheux. Je resterai... »

Mais les parlementaires bloquent les institutions, la rue se déchaîne et le 2 décembre, vaincu, Jules Grévy démissionne. Le lendemain, Sadi Carnot sera élu à la tête de l’Etat.

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 00:00

Détournement de fonds publics, corruption, financement illégal des partis, fausses factures... l’Affaire du Carrefour du développement est l'un des premiers scandales du premier septennat de François Mitterrand qui discrédite durablement le parti socialiste dans ce qu’on appellera plus tard l'« affairisme rose ».

Yves Chalier, trésorier de l'ACAD (association Carrefour du Développement)  et chef de cabinet de Christian Nucci (ancien ministre socialiste délégué à la coopération et du développement) s'enfuit au Brésil au printemps 1986 suite à la révélation de ce détournement d’argent par le nouveau ministre (suite à la défaite de la gauches aux élections législatives).

 

Le 16 novembre 1986, sous le coup d'un mandat d'arrêt, fatigué par six mois de cavale,  Yves Chalier téléphone au juge Jean-Pierre Michau : il veut se rendre à la justice, mais il demande une protection policière.

Il revient en France le 17 novembre.

 

Le 4 avril 1990, la Haute Cour prononcera en faveur de Christian Nucci un non-lieu partiel, assorti de l'amnistie prévue par la loi du 15 janvier 1990 taillée sur mesure après la reconquête du pouvoir en 1988.

Par contre, le 1er avril 1992, Yves Chalier  est reconnu coupable d'avoir détourné près de 27 millions de francs, dont plus de 5 millions à son profit personnel.

 

Origine de l’affaire

En 1984, le président François Mitterrand charge Christian Nucci (ministre délégué auprès du ministre des relations extérieures, chargé de la coopération et du développement) de superviser l’organisation d’un sommet international des chefs d’État africains qui doit se tenir le 11 et 12 décembre à Bujumbura, au Burundi.

Mais cet Etat très pauvre et totalement sous-équipé est incapable d'accueillir une rencontre internationale.

Christian Nucci confie l'affaire à son chef de cabinet Yves Chalier, qui crée l'ACAD (association Carrefour du Développement) en vue de collecter des fonds publics (80 millions de francs) à cette fin.

 

Yves Chalier, trésorier de l’ACAD, après un voyage de repérage, réalise que ce budget est insuffisant pour financer notamment la mise en place de lignes hertziennes ou le pont aérien chargé d'acheminer groupe électrogènes, cabines de conférences. C'est dans ce contexte qu'est mise en place une comptabilité fictive avec des fausses factures qui servent à couvrir d'autres dépenses :

  • 1,4 millions de francs pour Chalier (achat d'un appartement à Quimper, d'un studio à Paris, dons et prêts à sa maîtresse ou à son ex-femme) ;
  • 20,5 millions de francs pour Christian Nucci (financement des affiches de sa campagne électorale de 1986, règlements de ses cotisations au parti socialiste, réceptions faramineuses offertes à des dignitaires africains dans sa villa de Beaurepaire) ; financement de l'opération Manta ;
  • 3,3 millions pour l'achat et la restauration d'un château en Sologne, prétendument destiné à la formation de cadres africains, par Yves Chalier et la sous-préfète du Cher, Marie-Danielle Bahisson, la rumeur voulant que ce centre de formation serve à abriter un bordel pour les personnalités africaines.

 

Le scandale éclate au grand jour

La cohabitation va transformer ce discret scandale, connu - déjà - de la seule Cour des comptes, en une retentissante affaire d'Etat. En effet, dès l'arrivée de la droite au pouvoir, en 1986, des membres du cabinet du nouveau ministre de la Coopération s'intéressent à l'affaire…

En avril 1986, lorsque Michel Aurillac, ministre de la Coopération, rend public un rapport de la Cour des comptes accablant pour son prédécesseur.

 

Yves Chalier s'affole. Il obtient du nouveau ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, un « vrai-faux » passeport qui lui permet de s'enfuir au Brésil et de pouvoir ainsi déballer son sac à l'abri des poursuites. Ce « vrai-faux » passeport, c'est l'affaire dans l'affaire. Sa révélation aura un effet boomerang sur le nouveau gouvernement, contribuant au discrédit de la droite comme de la gauche.

 

Jeune avocat, Arnaud Montebourg défend la présidente de l'association, Michèle Bretin-Naquet qui est relaxée.

 

Il faut sauver le soldat Nicci

En janvier 1990, est promulguée une loi d'amnistie, taillée sur mesure, qui évite à Christian Nucci de comparaître devant la Haute Cour de Justice.

Il sera seulement astreint à une lourde amende personnelle pour son implication dans le scandale du Carrefour du Développement.

Par arrêt du 4 avril 1990, la commission d’instruction de la Haute Cour de justice a déclaré qu’il existait des « charges suffisantes contre M. Christian Nucci, ancien ministre, d’avoir commis les crimes de complicité de tentative de soustraction de fonds publics pour un montant de 9.928.740 francs et de complicité de soustraction de fonds publics pour un montant de 8.071.260 francs et de recel de fonds publics pour un montant de 1.385.413 francs ».

Elle a constaté que ces crimes sont amnistiés en application de l’article 19 de la loi du 15 janvier 1990.

 

Son ancien directeur de cabinet Yves Chalier a moins de chance…

Le 1er avril 1992, Yves Chalier est condamné à 5 ans de réclusion criminelle pour soustraction de deniers publics, faux en écritures publiques et falsification de chèques.

Moins de deux ans plus tard, le 6 décembre 1993, Yves Chalier sort de prison. Il a écrit un livre : La République corrompue.

 

Lien du jour :

Carrefour du développement : rappels d’une longue affaire

 

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 00:01

L’affaire des écoutes de l’Élysée est une affaire française d’écoutes téléphoniques illégales qui s'est déroulée de 1983 à 1986 sous la présidence de François Mitterrand.

Elle s'est terminée par le jugement du mercredi 9 novembre 2005 du Tribunal correctionnel de Paris.

Il a donc fallu près de vingt ans pour que l’affaire soit jugée !

 

Sous prétexte de défense de la sécurité nationale , après l’attentat de la rue des Rosiers, la cellule a surtout cherché à étouffer certaines affaires compromettantes pour le pouvoir ou taire les secrets d'alcôve du président, écoutant des personnalités.

3.000 conversations concernant 150 personnes ont ainsi été enregistrées et archivées entre janvier 1983 et mars 1986. Les noms de 2.000 personnes sont conservés dans trois fichiers informatiques.

Le procès

Le procès de l’affaire s’est ouvert le 15 novembre 2004 devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Douze personnes ont été inculpées :

  • Christian Prouteau, chef de la cellule antiterroriste de l’Élysée et ancien chef du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).
  • Marie-Pierre Sajous, secrétaire de M. Prouteau.
  • Cinq membres de la-dite cellule :
  • Jean-Louis Esquivié, général de gendarmerie, ancien numéro 2 de la cellule ;
  • Pierre-Yves Gilleron, ancien commissaire de la Direction de la surveillance du territoire (DST) ;
  • Jean Orluc, ancien commissaire divisionnaire des Renseignements généraux (RG) ;
  • Michel Tissier, commissaire de police des Renseignements généraux, adjoint de Jean Orluc ;
  • Dominique Mangin, commissaire de police, ancien de la DST.
  • Pierre-Eugène Charroy, général de brigade de l’armée de terre, qui était responsable à l’époque du Groupement interministériel de contrôle (GIC).
  • Gilles Ménage, ancien directeur du cabinet de François Mitterrand.
  • Michel Delebarre, ancien directeur du cabinet de Pierre Mauroy, ancien ministre.
  • Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon, PDG de Renault jusqu'au 29 avril 2005.
  • Paul Barril, capitaine de gendarmerie, ancien chef du GIGN4, déjà impliqué dans le scandale des Irlandais de Vincennes.

Les onze premiers sont poursuivis pour atteinte à la vie privée, et le dernier, qui est également partie civile, ayant lui-même fait l’objet d’écoutes, pour recel de fichiers informatiques.

 

Des peines symboliques

Gilles Ménage a été condamné à six mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende.

Christian Prouteau a été condamné à huit mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende.

Louis Schweitzer  ainsi que Michel Delebarre ont été reconnus coupables uniquement pour le placement sur écoutes de l'écrivain Jean-Edern Hallier mais… le tribunal les a dispensés de peine !

 

Lire également :

2 avril 1993 - Libération révèle clairement les écoutes téléphoniques illégales de l’Élysée

Mitterrand était au cœur des écoutes

Le tribunal juge Mitterrand responsable des écoutes

 

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 00:01

Le 4 novembre 1904, le ministre de la Guerre, le général Louis André, est giflé à la Chambre par le député nationaliste du IIème arrondissement, Gabriel Syveton.

L'incident porte à son paroxysme le conflit entre l'Église et le gouvernement de la IIIe République, que d'aucuns qualifient de « république des francs-maçons » (on évalue à 30.000 le nombre de francs-maçons dans les instances politiques parmi lesquels 250 députés, 200 sénateurs et un grand nombre d'instituteurs).

 

Chasse aux sorcières

Il était reproché au ministre comme à son homologue le ministre de la Marine Camille Pelletan, d'avoir favorisé la promotion des officiers laïques et athées sans prendre en compte le critère de compétence. Louis André avait fait rédiger par des francs-maçons des fiches de renseignements sur les opinions religieuses des officiers républicains.

Un premier scandale éclate le 29 mars 1904, avec formation d'une commission parlementaire, quand on découvre que le ministre de la Marine Camille Pelletan refuse de recevoir les amiraux, tous bons catholiques.

Il encourage par ailleurs les mouvements de grève dans les chantiers navals, cela au moment où l'Allemagne et l'Angleterre accélèrent le renforcement de leur flotte !

Désireux de son côté de favoriser l'avancement des officiers républicains anticléricaux, le ministre de la Guerre, le général Louis André, n'attend pas l'arrivée d'Émile Combes à la présidence du Conseil. Il lance une vaste enquête interne sur les opinions religieuses des gradés : vont-ils à la messe? Ont-ils envoyé leurs enfants dans des écoles catholiques ?...

Près de vingt mille fiches sont établies par les francs-maçons de la loge du Grand Orient de France, fer de lance de la lutte contre l'Église et confiées au bureau des fiches pour vérification.

 

Malgré le scandale le fichage continue de plus belle !

Emile Combe n’en resta pas là...

Le 18 novembre, après la démission de son ministre de la guerre, il envoie aux préfets une circulaire leur enjoignant de ficher les candidats à la fonction publique. L’état d’esprit et les opinions des futurs fonctionnaires sont collectés par les élus du bloc républicain et les notables favorables à la gauche.

Le 9 décembre 1904, cette délation dans la fonction publique fit débat devant la chambre. Alexandre Millerand demande à la chambre de « libérer ce pays de la domination la plus abjecte et la plus répugnante que jamais gouvernement ait entrepris de faire peser sur l’honneur et les intérêts des citoyens ».

Le 18 janvier 1905, Emile Combe démissionna faute de soutien à la Chambre. Son biographe reconnu que le système des fiches était « la tentation de la dictature républicaine ».

Le 24 janvier 1905, le président Émile Loubet appelle Maurice Rouvier à la présidence du Conseil. Sous son gouvernement est votée la loi sur la séparation des Églises et de l'État. Elle jette les bases de la laïcité à la française et met fin aux polémiques anticléricales.

 

Conséquences oubliées par certains historiens

Entre le 2 août et le 31 décembre 1914, Joseph Joffre devra limoger pour incompétence 180 des 425 généraux français, soit 42%. En deux mois de guerre, les Allemands étaient arrivés à Vitry le François, Beauvais et aux portes de Paris.

Le système des fiches et la discrimination positive allaient conduire au même désastre que celui de la guerre de 1870 !

 

Les mauvaises habitudes reviennent parfois assez vite

Ce système fut remis à l’honneur sous le gouvernement de Léon Blum en 1936. Le sous-chef de bureau au cabinet du directeur de la sûreté nationale était chargé de superviser les fiches, collectées dans différentes administrations, de cinq millions de Français et de deux millions d’étrangers classés « suspects » ou « indésirables ».

Ce haut fonctionnaire s’appelait René Bousquet !

 

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 22:27

L'affaire de la MNEF  (Emplois fictifs, détournements d’argent, lien avec le PS…) a provoqué la démission de Dominique Strauss-Kahn de ses fonctions de ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie.

En 1998, quand éclate ce que les médias appelleront « l'affaire de la MNEF », les dérives de gestion de la MNEF (Mutuelle Nationale des Etudiants de France) durent depuis plus de 16 ans.

Chronologie

9 septembre 1998 : une information judiciaire visant trois sociétés sous-traitantes de la MNEF, chargées de la communication et des travaux d'impression, est ouverte. Elle est confiée aux juges Armand Riberolles et Françoise Neher. Démission d’Olivier Spithakis, directeur général de la MNEF depuis 1983.

10 septembre 1998 : Plusieurs noms de personnalités du PS ayant eu des liens avec la MNEF circulent dans la presse, dont celui du ministre de l'économie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn, de Jean-Marie Le Guen, patron de la fédération de Paris, ou Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS.

2 janvier 1999 : Ouverture d'une deuxième information judiciaire concernant des escroqueries au préjudice de la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM), des largesses indûment consenties aux filiales, d’emplois fictifs et certaines opérations immobilières.

19 juin 1999 : un rapport provisoire de l'Inspection générale des affaires sociales, accablant pour la MNEF, est rendu public par le journal Le Monde.

28 juin 1999 : Bruno Pelletier, ancien directeur d'Efic (imprimerie de la MNEF), est extradé du Togo et placé en détention provisoire en France. Il est soupçonné d'avoir financé des élus en leur fournissant gratuitement des travaux d'impression entre 1991 et 1993. D'autres « faux-facturiers » présumés, dont Eric Bérardingo et Thierry Bonnes, seront également mis en examen et écroués.

14 octobre 1999 : Première mise en examen d'un responsable de la MNEF. Ancien chef de cabinet d'Olivier Spithakis, Philippe Plantagenest est poursuivi pour « complicité d'abus de biens sociaux ».

26 et 27 octobre 1999 : mises en examen de deux hommes d'affaires, Alain Obadia, et Wilson Bihi Zenou, dans le cadre d'une opération immobilière réalisée en 1990 à Paris. Le second est écroué. -

28 octobre 1999 : M. Spithakis est mis en examen et écroué pour « recel et complicité de détournement de fonds publics ». Un réquisitoire supplétif est délivré par le parquet de Paris aux juges pour « faux et usage » contre Dominique Strauss-Kahn, Olivier Spithakis « et tous autres ».

29 octobre : François Bernardini, premier secrétaire de la fédération PS des Bouches-du-Rhône, est mis en examen. C'est le premier responsable politique à être poursuivi dans cette affaire. Dominique Strauss-Kahn dément, mettant en doute la réalité d'un travail rémunéré qu'il aurait effectué en qualité d'avocat conseil de la Mutuelle en 1997.

31 octobre 1999 : Dominique Strauss-Kahn s'entretient à Matignon avec Lionel Jospin.

2 novembre 1999 : Dominique Strauss-Kahn démissionne de ses fonctions de ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.

 

Les grandes lignes de cette vaste escroquerie

Pendant toutes ces années, les dérives de gestion de la MNEF sont innombrables : elles concernent les salaires (100.000 Francs par mois) et émoluments d'Olivier Spithakis et d'autres dirigeants, l'embauche prioritaire des militants de l'UNEF-ID, liés d'une manière générale au mouvement trotskiste, puis intégrés dans le parti socialiste comme Jean-Christophe Cambadélis ou Marc Rozenblatt, président de l'UNEF-ID.

Le journal Le Point parlera du « binôme MNEF-Unef-ID : un vivier de jeunes loups socialistes ». Ces dérives comprennent également des « gestes » de complaisance tels 300.000 francs versés à SOS Racisme par « le courtier d'assurances maison, l'Iram ».

La direction crée un ensemble de filiales afin d'« opacifier » sa gestion. Ces structures satellites servent des intérêts politiques et permettent de salarier des personnalités prometteuses telles que Jean-Marie Le Guen, Manuel Valls ou Fodé Sylla, l'ex-président de SOS Racisme. Elles permettent de créer des systèmes de fausses factures (par exemple pour la filiale EFIC, spécialisée dans l'imprimerie), des montages financiers sophistiqués (l'un d'entre eux permettant à Marc Rozenblatt, grâce à la vente de sa société Iram, d'encaisser 17 millions de francs de plus-value) ou des opérations immobilières suspectes.

Ainsi, en 1998, autour de la MNEF gravite un « entrelacs complexe et obscur d'une cinquantaine de sociétés commerciales réalisant un chiffre d'affaires d'environ 2,5 milliards de francs ».

Condamnations

En mars 2004, dans le volet financier de l'affaire, Olivier Spithakis a été condamné à deux ans de prison dont six mois avec sursis pour « complicité d'abus de biens sociaux, détournements de fonds publics et abus de confiance ».

Au bout de huit ans de procédure, des peines de prison avec sursis - la plupart étant couvertes par la loi d'amnistie votée après la présidentielle de 1995 - et des amendes ont finalement été prononcées à l'encontre de 17 prévenus, dans le procès des emplois présumés fictifs de la MNEF.

Jean-Christophe Cambadélis a été condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20.000 euros d'amende, pour une supposée mission de conseil sur les étudiants étrangers, entre 1991 et 1993.

Marie-France Lavarini a reconnu n'avoir jamais effectué de véritable mission pour la MNEF et a remboursé l'argent perçu. Jean-Michel Grosz a été condamné à deux ans avec sursis et 150 000 euros d'amende, et Olivier Spithakis à deux ans avec sursis et 50.000 euros.

 

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 23:01

Le mardi 9 octobre 1945, l'école nationale d'administration est fondée à Paris.

ENA

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, française souffrait d'une image particulièrement négative : le désastre de 1940 n'avait pas seulement été imputé aux chefs militaires mais également aux hommes politiques et hauts fonctionnaires. Dans sa grande majorité, l'administration française avait également servi loyalement le régime de Vichy. Le général de Gaulle veut donc moderniser les institutions françaises et organiser la formation des hauts fonctionnaires destinés à constituer les cadres supérieurs de l'administration.

Une « mission provisoire de réforme de la fonction publique » avait été mise en place au sein du Gouvernement provisoire sous l'égide de Jules Jeanneney. Michel Debré, Conseiller d'État et proche du général de Gaulle, y joua un rôle déterminant. Les travaux de cette mission établirent rapidement la nécessité d'unifier et de démocratiser la haute fonction publique, en assurant notamment une formation unique pour les futurs hauts fonctionnaires.

 

Une ordonnance du 9 octobre 1945, décida de créer une École Nationale d'Administration (ENA) et de nationaliser l'École Libre des Sciences Politiques, principal vivier de la haute fonction publique de l'entre-deux-guerres.

Les étudiants doivent suivre des enseignements théoriques, pratiques et sportifs.

 

Les dernières évolutions

1990 : Création d’un concours ouvert aux salariés du secteur privé et aux élus locaux : c’est le troisième concours, qui permet d’élargir le champ de recrutement de l’École.

1991 : Le siège de l’ENA est transféré de Paris à Strasbourg.

2002 : L’ENA fusionne avec l’Institut international d’administration publique (IIAP) et renforce ainsi son ouverture vers l’international.

2004 : Le concours d’entrée s’ouvre aux candidats ressortissants de l’Union européenne.

2005 : L’ENA se dote d’un pôle européen en intégrant le Centre des études européennes de Strasbourg, rattaché totalement en 2009, et devenant la direction des affaires européennes en 2010. La scolarité, partagée entre Paris et Strasbourg jusqu’en 2005, est définitivement organisée dans la capitale alsacienne.

2006 : Réforme de la scolarité en trois modules thématiques (Europe, Territoires, Gestion et management publics) et un module optionnel : l’option Approfondissement.

2009 : Création dans les locaux parisiens d'une classe préparatoire au concours externe d'entrée à l'ENA pour les jeunes issus de milieux sociaux modestes ; scolarité des élèves à 24 mois (au lieu de 27) ; modernisation dans le sens d'une plus grande professionnalisation de la formation.

 

Selon une tradition qui remonte à la création de l'École, chaque année avant le début de leur scolarité, les élèves choisissent librement, par vote, lors d’un séminaire d’intégration le nom de leur promotion. Ils motivent leur choix par un communiqué de presse.

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 23:01

Le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame la République Populaire de Chine.

Il lance sa proclamation du balcon de la Porte de la Paix céleste, qui donne sur la grande place Tien An Men, non loin de la Cité interdite des anciens empereurs.

L'anniversaire de ce jour est depuis lors devenu fête nationale en Chine populaire.

Mao Fondation de la République Populaire de Chine

Après plusieurs années d'une sanglante guerre civile opposant le gouvernement nationaliste aux communistes, le président du Comité central du Parti communiste chinois, Mao Zedong, proclame la République populaire de Chine à Beijing.

Le « grand Timonier » devient président du comité central du gouvernement. Cet événement étend par ailleurs la Guerre froide au continent asiatique.  Mao dirigera la Chine d'une main de fer jusqu'à sa mort, le 9 septembre 1976.

 

Le 27 janvier 1964, le Général de Gaulle, alors président de la République française, reconnaît officiellement la République populaire de Chine.

 

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 00:00

Début septembre 1958, à peine revenu aux affaires après les événements de mai, et répondant tant à une demande de rencontre du Chancelier qu’à son propre désir de le voir, de Gaulle fait connaître sa décision de recevoir Konrad Adenauer les 14-15 septembre dans sa résidence privée à Colombey-les-deux-Églises.

14 septembre 1958 – Konrad Adenauer rend visite à Charles De Gaulle

Ainsi, le dimanche 14 septembre 1958, le Chancelier allemand et le président de la République française se rencontrent pour la première fois dans la maison familiale du Général.

Les deux hommes appartiennent à la même génération, le général parle allemand et le chancelier est francophile.

Le Konrad Adenauer sera le seul chef de gouvernement étranger à avoir séjourné une nuit (14 au 15) à « la Boisserie ».

 

Treize ans après la fin de la Seconde guerre mondiale, cette entrevue marque le début d'une amitié franco-allemande qui ira bien plus loin que de simples relations diplomatiques. Les deux chefs d'Etat partageront une estime et une amitié réciproques qui faciliteront grandement le rapprochement entre les deux pays et la construction de la Communauté européenne.

 

Lien du jour : Chronologie des relations franco-allemandes de 1958 à 1963

 

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 23:01

Sukarno, le fondateur du parti national indonésien (en 1927), proclame l'indépendance de l'Indonésie, dont il devient le premier président. Les Pays-Bas, qui s'estiment propriétaires de cet archipel depuis 1602, refusent la proclamation. Cette indépendance sera pleinement reconnue au plan international qu'en décembre 1949.

Emprisonné par les Néerlandais dès 1933, Sukarno est libéré au milieu de la Deuxième Guerre mondiale par les Japonais. Lors d'un discours prononcé le premier juin 1945, Sukarno avait précisé les « cinq piliers » de son approche politique qui tente de combiner plusieurs courants : le nationalisme, l'internationalisme, la démocratie représentative, le marxisme et l'islam.

La proclamation de l'indépendance de l'Indonésie, en indonésien « Proklamasi Kemerdekaan Indonesia », a été lue à 10h00, le vendredi 17 août 1945.

 

À la fin du mois, les alliés (les Néerlandais, les Australiens, les Britanniques et les Américains) débarquent à Java pour bloquer le processus d'indépendance. Le Gouverneur néerlandais Van Mook préconise l'établissement de plusieurs États dans l'archipel, dans l'espoir de créer une « Indonésie fédérale » encore liée à la couronne des Pays-Bas. Pendant trois ans les différentes factions religieuses et politiques vont s'affronter dans une guerre civile et une guerre d'indépendance sanglantes.

Aujourd’hui, l’Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé du monde après les Etats-Unis. Il abrite 245 millions d’habitants constitués 375 groupes ethniques. Java et Sumatera sont les deux îles où se concentrent plus de 65% de la totale population. Plus de 300 langues et dialectes locaux sont parlés dans tout le pays. Depuis l’indépendance, la langue indonésienne, le bahasa Indonesia qui dérive de la langue malaise, a été adoptée en tant que langue officielle du pays.

 

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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 23:04

Le 16 août 1960, Chypre, alors colonie de la Couronne britannique, devient une République indépendante avec un Président élu par la communauté grecque, Mgr Makarios en personne, et un vice-Président élu par la communauté turque, Fasil Füçük.

En 1878, l’Empire Ottoman cède Chypre (Conquise en 1571) à la Grande-Bretagne.

Au début de la Première Guerre mondiale (le 5 novembre 1914 exactement), l’île de 9.000 kilomètres carrés devient un protectorat britannique (lors de l’entrée en guerre de l’Empire Ottoman). Elle devienne une colonie britannique en 1925, malgré la désapprobation des habitants grecs. Chypre est revendiquée par la Grèce et la Turquie.

Le 15 janvier 1950 : 96 % des chypriotes grecs se prononcent en faveur du rattachement à la Grèce.

Le 1er avril 1955 : l'EOKA déclenche la lutte armée contre l'occupation britannique. La Grande-Bretagne s'appuie sur la minorité turque.

Le 11 février 1959 : Accord de Zurich pour la création d'un État indépendant bi-communautaire. Accord de Londres le 19 février.

Le 6 avril 1960 : Signature du projet de Constitution, proclamée le 16 août suivant.

Le 15 juillet 1974, un coup d'Etat en faveur de l'union avec la Grèce (Enôsis) provoquera le déparquement de troupes turques dans le nord (Opération Attila le 20 juillet).

Du 8 au 15 août 1974, l'armée turque prend le contrôle de près de 40 % du territoire, provoquant le regroupement de la communauté turque (80.000 personnes) au Nord et expulsant 200.000 personnes vers le Sud.
Le 13 février 1975, les Turcs créent un État fédéré de Kirbis.

drapeau gif animé chypre

 

Aujourd’hui, l’île de Chypre est partagée en deux entités séparées par une zone tampon sous contrôle des Nations unies : la République de Chypre, dans la partie sud, qui est membre de l’Union européenne depuis 2004, et, dans la partie nord, la République turque de Chypre du Nord, non reconnue par la communauté internationale, à l’exception de la Turquie. À ces deux entités, s’ajoutent deux bases militaires sous souveraineté britannique.

Cartes détaillée de Chypre

 

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 00:01

Le 1er février 1935, François Mitterrand participe à la manifestation de l’Action française contre les médecins étrangers autorisés à exercer en France, aux cris de « La France aux Français » (plus connu sous le nom de manifestation contre « l’invasion métèque »).

Sa participation à cette manifestation fut attestée par deux photographies, publiées dans « Les Camelots du Roi » de Maurice Pujo, où François Mitterrand apparaît face à un cordon de policiers.

Francois_Mitterrand-1er-fevrier-1935-la-france-aux-franca.jpg

mitterrand-action-francaise-1935.jpg

 

En 1994 certaines vérités sortent au grand jour suite au livre de Pierre Péan « Une jeunesse française ».

 

A dix-huit ans (en 1934), Mitterrand, vient à Paris pour étudier à la faculté de droit et à l’École libre des sciences politiques. Il devient un membre actif des Volontaires Nationaux, la « branche jeunesse » des Croix-de-Feu.

Le 1er février 1935, il participe donc à cette manifestation « contre l’invasion des métèques ».

En 1936, on le retrouve une nouvelle fois aux côtés de l’extrême droite dans des manifestations hostiles à Gaston Jèze, un professeur de droit connu pour ses partis-pris anticolonialistes. A la même époque, Mitterrand écrit des articles dans les Echos de Paris, le journal officieux du PSF (successeur des Croix-de-Feu) que Libération décrit comme « viscéralement opposé à la gauche ». Mitterrand n’hésitait pas à y comparer le quartier latin à une déplorable « tour de Babel ».

En 1939, Mitterrand est envoyé sur le front et est fait prisonnier des allemands. Il s’évade et regagne la France.

En 1941, grand admirateur de Pétain et de la révolution nationale, haïsseur de tout ce qui fonde la IIIe république, il regagne tout naturellement Vichy où il trouvera ses premiers emplois : il établit des fiches sur les opposants au régime de Vichy.

Mitterrand rédige une lettre à sa sœur le 13 mars 1941 et dans laquelle il déclare : « j’ai vu le maréchal au théâtre […] il est magnifique d’allure, son visage est celui d’une statue de marbre. »

En 1942 il est promu au Commissariat au Reclassement des Prisonniers de Guerre.

En Avril 1942 il défend inconditionnellement, par une lettre à un ami, le gouvernement Laval imposé par les allemands.

En Décembre 1942 Mitterrand publie un article dans le journal de propagande du régime dans « France - Revue de l'État Nouveau » où il décrit les Français comme les « héritiers des cent cinquante années d’erreurs », c’est à dire que selon lui la déroute nationale date de la révolution française !

Dans la même revue, d’autres auteurs signent des articles antisémites et anticommunistes sans que cela n’émeuve celui qui se présentera quelques décennies plus tard comme « l’homme de gauche ».

Mitterrand reçoit au printemps 1943 la Francisque portant le N°2202 des mains du maréchal Pétain. Cette haute décoration est accordée selon des critères très stricts, en signe de reconnaissance suprême du régime de Vichy. Il prête serment selon la tradition en ces termes : « Je fais don de ma personne au Maréchal Pétain comme il a fait don de la sienne à la France. Je m'engage à servir ses disciplines et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre. »

 

Sources :

"François Mitterrand était de gauche."

François Mitterrand et l’extrême-droite

Qui était François Mitterrand 

Mitterrand : résistant pétainiste

 

Lire également :

19 juin 1942 - Mitterrand à Vichy

15 octobre 1942 - Mitterrand rencontre Pétain

La Francisque
 

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 23:01

En 1975, Pierre Mauroy, tout juste élu président du conseil régional, créé l'Orcep pour promouvoir la politique culturelle du PS et du PC, au sein des municipalités détenues conjointement. L'Orcep devient rapidement une machine à servir des intérêts personnels.

 

A la suite d'une plainte déposée en février 1993 par Marie-Christine Blandin, nouvelle présidente (Verts) du conseil régional, de graves dysfonctionnements ont été découverts dans la gestion de l'Orcep (Office régional pour la culture et l'éducation permanente).

Pierre Mauroy magouilles PS

Parmi ces graves dysfonctionnements :

absence de réunion du conseil d'administration et d'assemblée générale de 1987 à 1991 ; augmentation de 1.564 % des frais postaux et téléphoniques ;

augmentation de 300 % des cadeaux et de 240 % des défraiements entre 1988 et 1989 ;

utilisation frauduleuse d'emprunts, emplois plus ou moins fictifs de nombreux élus...

 

Mis en liquidation judiciaire, l'Orcep affichait un passif de 40 millions de francs.

 

Noël Josèphe (ancien président du conseil régional, conseiller régional, maire adjoint de Béthune après une fusion de communes de Beuvry et Béthune, PS).

Condamné le 29 septembre 1994 par le tribunal de grande instance de Lille, Josèphe devra rembourser 40 % de ce passif. Il a fait appel.

 

Pierre Frackowiak (conseiller municipal de Liévin, PS).

L'ancien président délégué et directeur de l'Orcep, mis en examen le 23 avril 1993, déclaré comptable de fait le 14 avril 1994 par la chambre régionale des comptes, a été condamné le 29 septembre par le tribunal de grande instance de Lille à rembourser 35 % du passif de l'Orcep, évalué à 40 millions de francs. Il a fait appel.

 

Pierre Prouvost (ancien maire de Roubaix, PS) : Condamné à verser 50.000 francs.

 

Ivan Renar (sénateur du Nord, PCF) : Ancien administrateur de l'Orcep, condamné à rembourser 50.000 francs du passif.

 

Marcel Dehoux (ancien député du Nord, PS, maire de Wignehies). Cet ancien membre du conseil d'administration de l'Orcep a été condamné à une amende de 50.000 francs.

 

Claude Huet (adjoint au maire de Marcq-en-Barœul, Nord). Condamné par le tribunal de grande instance de Lille au versement de 50.000 francs dans le cadre de l'affaire de l'Orcep.

 

 

Liens :

Des élus nordistes rattrapés par leurs largesses. 

Le PS en son royaume

Le temps des sales affaires

Une grande « famille »

14 janvier 1992 - Renaud Van Ruymbeke perquisitionne au siège du PS

 

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 23:01

Pierre Bérégovoy, ancien Premier ministre (1992-1993) et député-maire de Nevers est retrouvé avec une (ou 2 ?) balle dans la tête au bord du canal de la Nièvre. Il décède quelques heures plus tard des suites de ses blessures, au-dessus de Pithiviers dans l'hélicoptère qui le conduit à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce.

Les rumeurs de malversations financières et la défaite du parti socialiste aux dernières élections ont été avancées pour expliquer ce geste.

Un mois plus tôt, il avait quitté Matignon, après la déroute retentissante des socialistes aux législatives.

Le 1er février 1993, le Canard enchaîné avait révélé qu'il avait bénéficié en 1986, alors qu'il était député de la Nièvre, d'un prêt d'un million de francs (environ 150.000 euros) sans intérêt consenti par l'industriel Roger-Patrice Pelat, grand ami du président François Mitterrand.

Ce prêt avait servi à l'acquisition de son appartement parisien. L’acte avait été dûment enregistré chez un notaire. Mais très vite, Pierre Bérégovoy dut faire face au soupçon quant à son intégrité.

Il assura avoir remboursé la moitié de sa dette en meubles et livres anciens et le solde fin 1992. Mais plusieurs médias mirent en doute sa capacité à rembourser 500.000 francs (environ 75.000 euros) en objets et livres anciens, en raison de ses origines modestes.

Lors de ses obsèques, le président François Mitterrand dira que « toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme », en visant implicitement les journalistes.

 

Suicide ou homicide ?

La France est sous le choc. L’enquête de police a rapidement conclu, que Pierre Bérégovoy avec l’arme de service de son garde du corps s’est suicidé d’une balle dans la tempe en dérobant l’arme de service de son garde du corps qui était déposée dans la boîte à gants de sa voiture.

Des journalistes ont repris l’enquête à zéro, et rapidement, il apparait que plusieurs faits troublants et témoignages contradictoires ébranlent sérieusement la thèse officielle du suicide.

Parmi les éléments qui ont semé le doute : des témoins ont entendu une double détonation ; le carnet d'adresses de Pierre Bérégovoy n'a pas été retrouvé et, juste avant de passer à l'acte, il a téléphoné une dernière fois à une personne jamais identifiée. Sa veuve, Gilberte, va s'accrocher à cette thèse jusqu'à la fin de sa vie. Elle décédera persuadée que son époux a été abattu, tant il lui paraissait inconcevable que Pierre Bérégovoy ait pu se donner la mort.

Une chanson intitulée « Suicide ou homicide ? » a été postée sur les réseaux sociaux. Ses paroles relancent les interrogations autour de la mort de l'ancien Premier ministre.

« Que s'est-il passé ce 1er mai où il a commencé par offrir du muguet à sa femme ? »

 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 00:01

Suite à l'interdiction de la station de télévision privée « Télé FreeDom », de violentes émeutes éclatent à La Réunion. Le quartier du « Chaudron » à Saint-Denis est la scène d'actes de pillage.

L’arrêt de mort de la station de télévision privée est venu des plus hautes sphères de l’Etat puisque l’ordre de fermeture sera signifié par Michel Rocard alors Premier ministre. Cette fermeture mettra le feu aux poudres.

Le 23 février 1991, plus d’un millier de manifestants bravent l’interdiction de manifester dans les rues du chef-lieu en soutien au maintien de la fréquence de « Télé Freedom ».

Le préfet de l’époque, Daniel Constantin, fait disposer des rangées de CRS dans les rues de Saint-Denis. Alors que des appels au calme sont diffusés sur les ondes de radio Freedom par son fondateur, dans les rues, la colère poursuit son œuvre. Dans l’après-midi, les manifestants ne tardent pas à lancer des galets sur les forces de l’ordre. La réponse apportée par ces derniers avec le gaz lacrymogène repoussera une bonne partie des manifestants jusque dans le Nord de la ville, là où les événements prendront réellement corps.

C’est donc dans cette nuit du 23 février que les émeutes à proprement parler commencent dans la plus grande confusion dans les rues du « Chaudron ».

 

La situation reviendra « à la normale » le 25, mais le bilan est lourd : 11 morts.

Mais les pillages et les destructions se poursuivent jusqu’au 21 mars.

 

Le CSA ne reviendra pas sur sa décision d'interdiction.

 

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 00:01

Le mardi 14 janvier 1992, quelques heures à peine après la passation à la tête du PS de Pierre Mauroy à Laurent Fabius, un fait sans précédent se déroule au siège du parti, rue de Solférino à Paris.

Sans avertir quiconque, le nouveau juge d’instruction, Renaud Van Ruymbeke perquisitionne le siège du Parti Socialiste à la recherche de fausses factures.

L'affaire Urba

Ce n'est qu'à la fin des années 80 que la justice s'est, pour la première fois, intéressée au système de financement occulte du PS et du PCF. Les mécanismes et les réseaux existaient pourtant depuis des années.

Tout a commencé par un tragique mais banal accident du travail.

Le 13 juin 1990, deux ouvriers du bâtiment trouvent la mort sur un chantier de la communauté urbaine du Mans, où les conditions de sécurité n'ont pas été respectées.

Chargé d'enquêter sur les circonstances de cet accident, le juge d'instruction Thierry Jean-Pierre entend, le 8 janvier 1991, en qualité de témoin, le docteur Pierre Coicadan, conseiller municipal du Mans et secrétaire fédéral du Parti socialiste de la Sarthe.

Celui-ci fait d'importantes révélations : dans le cadre de ses activités politiques, il a eu connaissance de circuits de financement occulte, destinés au PS et au PC par l'intermédiaire d'associations et de bureaux d'études, tels Urba-Conseil, Urba-Technic, Gracco et Bretagne Loire Equipement (BLE).

L'affaire Urba est lancée !

Deux mois plus tard, le juge Jean-Pierre se procure une copie des cahiers Delcroix, (un responsable d'Urba qui consignait scrupuleusement dans des cahiers d'écoliers à spirale les comptes rendus des réunions du groupe).

Ces documents, saisis lors d'une perquisition à Marseille par l'inspecteur de police Antoine Gaudino apportent de précieuses précisions sur le fonctionnement du réseau :

Afin d'obtenir des marchés publics, les entreprises versent des commissions aux différentes officines concernées, généralement 2% des marchés obtenus. Cette somme est ensuite répartie selon des proportions bien établies.

Concernant Urba, 40% des sommes récoltées reviennent au groupe, 30% aux sections locales du Parti socialiste, et 30% à sa caisse nationale.

Lorsque Christian Giraudon, ancien délégué régional d'Urba dans la Sarthe, est interpellé, il confirme ces pratiques.

 

Le dimanche 7 avril 1991, le juge Jean-Pierre se rend à Paris pour perquisitionner le siège parisien d'Urba, provoquant le premier coup d'éclat de ce dossier.

Georges Kiejman, ministre délégué à la Justice de l’époque, condamne ce « cambriolage judiciaire ». Le juge Jean-Pierre est dessaisi du dossier, lequel est confié à la chambre d'accusation de la cour d'appel de Rennes, et le conseiller Renaud Van Ruymbeke hérite de l'instruction.

Il découvre qu'un autre bureau d'études, la « SAGES », dirigé par un proche du PS, Michel Reyt, fait également office de pompe à finances dans la Sarthe.

Concurrente d'Urba, la SAGES présente l'avantage de reverser les deux tiers des commissions perçues (au lieu de 30%) aux élus locaux.

Le 13 janvier 1992, Renaud Van Ruymbeke effectue plusieurs perquisitions : dans les locaux de la société à Paris mais aussi dans les locaux de la fédération du PS de la Sarthe. A l’issue desquelles Jacques Jusforgues, premier secrétaire, conseiller régional PS, et Pierre Villa, ancien adjoint au Mans, sont interpellés.

Van Ruymbeke, épaulé par les inspecteurs de la brigade financière du SRPJ de Rennes, se rend le 14 janvier 1992 au siège du PS.

Les investigations du juge lève le voile sur un système particulièrement bien huilé.

Henri Emmanuelli, alors président de l'Assemblée nationale, est à son tour entendu à Rennes par le juge Van Ruymbeke, en sa qualité de trésorier du PS de 1988 à 1992.

Le 14 septembre 1992, Henri Emmanuelli est mis en examen pour « complicité et recel de trafic d'influence ».

 

Relire aussi :

7 avril 1991 - perquisition au siège d'Urba

14 septembre 1992 - Henri Emmanuelli est inculpé

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 00:01

L'affaire Stavisky a éclaté le vendredi 29 décembre 1933 suite à la découverte d’irrégularités financières au Crédit Municipal de Bayonne.

 http://jcn54.unblog.fr/files/2012/01/stavisky.jpg

En 1931, un certain Serge Alexandre alias Alexandre Stavisky fonde, avec l’appui du député-maire de Bayonne, Joseph Garat un crédit municipal dans cette ville. Très vite, cet organisme émet une masse considérable de bons à intérêt, placés auprès des compagnies d’assurance, des banques, des petits épargnants.

La méthode de Stavisky est simple : s’enrichir sur le dos du Crédit Municipal en faisant ouvrir par des maires complices qui émettent des bons gagés sur la valeur des dépôts, négociables par les banques.

Le problème, c'est que les bons en question étaient souvent engagés sur de faux bijoux, ou des dépôts fictifs. Grâce à ses complicités, l’escroc a fait émettre à Bayonne des bons de caisse pour une valeur de 235 millions de Francs. Mais ceux-ci ne sont couverts qu'à hauteur de 20 millions par les dépôts.

 

Le scandale est d'autant plus énorme qu'il se révèle que Stavisky a déjà fait l'objet de poursuites, toutes étouffées sur intervention de ministres ou de parlementaires corrompus.

Stavisky est alors recherché et il prend la fuite. La police le traque jusqu’à son chalet près de Chamonix, dit le Vieux logis. Lorsque les policiers entrent dans la résidence, le 8 janvier 1934, un coup de feu retentit et Stavisky est trouvé mort, une balle dans la tête.

 

Le 9 janvier 1934, les Français apprennent la mort par balle du financier Alexandre Stavisky. S'il semblait avoir été assassiné, le suicide fut officiellement retenu. Mais l'opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques d'avoir fait assassiner l'escroc pour l'empêcher de dénoncer ses complices.

Tout le régime politique est alors soupçonné de corruption, des émeutes antiparlementaires ont lieu le 6 février.

 

Relire aussi :

9 janvier 1934 - L'affaire Stavisky

6 février 1934 - Manifestation sanglante à Paris

 

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