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20 février 2016 6 20 /02 /février /2016 00:01

Le dimanche 20 février 1944, sur le lac Tinn, dans le comté norvégien de Telemark, le ferry SF Hydro explose et sombre avec ses passagers et son chargement de dioxyde de deutérium (que le appelle «eau lourde») en provenance de l'usine Vemork Nors Hydro.

 

Ce fait divers passe inaperçu dans un monde rempli des derniers rugissements de la Seconde Guerre mondiale. Ce n'en est pas moins le dernier épisode d'un long conflit entre services secrets alliés et militaires allemands, la « bataille de l'eau lourde ».

 

 

L’eau lourde

Dès les années 1930, les scientifiques mettent au point le principe de la fission nucléaire, à l'origine de la bombe atomique : un premier noyau d'uranium, bombardé par un neutron, se casse ; il libère de l'énergie et deux neutrons qui, à leur tour, vont bombarder d'autres noyaux d'uranium... La réaction en chaîne génère une énergie considérable.

Pour être efficace, la fission doit toutefois être ralentie par un « modérateur », du graphite ou de l'« eau lourde », ainsi appelée parce qu'il s'agit de molécules d'eau dans lesquelles les atomes d'hydrogène sont remplacés par un isotope, le deutérium, à la densité plus élevée (deux fois plus lourd parce que le noyau contient un neutron en plus du proton présent dans chaque atome d’hydrogène).

 

               

Le film franco-norvégien de 1948 « La bataille de l'eau lourde » (mélangeant documentaire et fiction) relate cette bataille.

En 1939, à la veille de la seconde guerre mondiale, le savant français Frédéric Joliot-Curie intervient auprès de Raoul Dautry, ministre des armements, pour que la France s'assure, auprès de la Norvège, l'exclusivité de l'approvisionnement en eau lourde dont il a besoin pour poursuivre ses recherches sur la fission l'atome. La Norvège accepte de céder au gouvernement français son stock d'eau lourde qu'elle vient de refuser à l'Allemagne.

La guerre survient, la France est envahie, l'eau lourde est transportée en Grande-Bretagne. La Norvège, à son tour est occupée par les armées allemandes et ce sont maintenant les laboratoires du Reich qui disposent de la précieuse eau lourde distillée par l'usine Norsk Hydro.

L'état-major allié décide en 1943 le sabotage de l'usine. Un groupe de quatre Norvégiens est parachuté sur les monts Télémark pour préparer l'intervention d'un commando aéroporté britannique.

Mais, c'est l'échec total de l'opération...

 

Un second groupe de parachutistes rejoint les premiers. Leur objectif est de détruire de l'usine gardée comme une forteresse, au sommet d'une falaise abrupte. Et, cette fois, en dépit des difficultés, c'est un succès complet : le sabotage a demandé seulement quelques minutes.

Les saboteurs, poursuivis par les avions, les traîneaux, les skieurs et les chiens de la Werhmacht, gagnent, les uns la Suède, les autres la côte et l'Angleterre. Deux d'entre eux restent en Norvège, échappant aux recherches des Allemands et perdant le contact avec l'état-major allié.

Conscient de la menace qu'ils font peser sur l'usine qui a repris son fonctionnement, le haut commandement allemand décide de transporter t'eau lourde en Allemagne. Mais les saboteurs ont déposé une bombe à retardement dans la cale du ferry-boat qui doit assurer ce transport. Lorsqu'explose le navire, la bataille de l'eau lourde est définitivement gagnée.

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4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 00:01

Le 4 février 1536 fut signé l'Acte d'Union, série de mesures parlementaires prises entre 1535 et 1542, qui intègrent le Pays de Galles aux systèmes judiciaires et administratifs anglais.

Jusqu'à cette date, le Pays de Galles était divisé en cinq comtés, mais le roi Henry VIII d'Angleterre se méfiait de quelques seigneurs des Marches. Le chef de l'administration, Thomas Crownell, décida alors d'annexer le Pays de Galles à l'Angleterre.

 

Le Royaume-Uni est un état souverain englobant l'Angleterre, l'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande du Nord.

Le Pays de Galles, envahi par l'Angleterre sous le règne d'Henri VIII a été rattaché à l'Angleterre par un Union Act en 1536.

Ce sont les actes d'Union de 1707 qui, unissant le Parlement anglais et le Parlement écossais, marquent la naissance d'un « Royaume de Grande-Bretagne ».

En 1800, un autre acte d'Union rassemble le royaume de Grande-Bretagne et le royaume d'Irlande pour former le « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande ».

En 1922, l'État libre d'Irlande obtient son indépendance et se sépare de l'Irlande du Nord, qui demeure une partie du Royaume-Uni.

Depuis 1927, le nom officiel de la Grande-Bretagne est le « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord »

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 00:01

Le compromis de Luxembourg fut signé le 30 janvier 1966, suite à la politique de la chaise vide menée par le général de Gaulle depuis juillet 1965.

De Gaulle s'oppose à deux réformes institutionnelles majeures de la CEE.

La première concerne les modalités de vote au sein du Conseil des ministres, censé passer du principe de l'unanimité à celui à la majorité qualifiée.
La seconde porte sur le renforcement des compétences budgétaires du Parlement européen (dénommé à l’époque Assemblée des communautés) et de la Commission européenne dans le contexte du financement de la Politique agricole commune (PAC) lors de la phase d'achèvement de l'Union douanière.

La France ne peut accepter une telle évolution qu'elle considère comme un abandon inacceptable de souveraineté !

Charles De Gaulle suspend donc la participation de la France aux réunions du Conseil des Ministres de la CEE, bloquant de fait les décisions.

 

Les membres de la CEE se rassemblent pour trouver un compromis et mettre fin à la crise. Au terme des discussions, plusieurs compromis sont adoptés, dont le principe d’unanimité décisionnelle. 

Dès lors, un État membre pourra faire reporter un vote et prolonger les discussions sur un projet, dans la mesure où celui-ci affecte ses intérêts essentiels. En effet, le compromis de Luxembourg, prévoit que :
« Lorsque, dans les cas de décisions susceptibles d'être prises à la majorité sur proposition de la Commission, des intérêts très importants d'un ou plusieurs partenaires sont en jeu, les membres du Conseil s'efforceront, dans un délai raisonnable, d'arriver à des solutions qui pourront être adoptées par tous les membres du Conseil, dans le respect de leurs intérêts mutuels et de ceux de la Communauté ».

 

Charles de Gaulle se félicite du « compromis de Luxembourg », qui permet de contenir les aspects supranationaux de l'intégration européenne communautaire et de commencer à réorienter la construction européenne dans un sens intergouvernemental.

 

Depuis, le « compromis de Luxembourg »  est souvent invoqué par les États membres quand ils entendent bloquer des décisions majoritaires. Contrairement à l'interprétation littérale du texte, ils s'appuient en effet sur le compromis pour faire, en pratique, de l'unanimité la procédure normale de délibération. Les délégations nationales ont ainsi laissé dégénérer le compromis de Luxembourg en un droit de veto pour des questions quelquefois secondaires….

 

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 00:01

En 1914, la Grande-Bretagne ne dispose que d'une armée de métier de 300.000 hommes et fait appel au volontariat pour compléter ses effectifs. Patriotisme aidant, 700.000 jeunes Britanniques s'engagent d'eux-mêmes dès les premiers mois de la guerre. Les activités sociales telles que les matches de rugby ou de cricket, pratiquées à grande échelle à l'arrière du front, contribuent à maintenir la cohésion des troupes.

En 1915, les recrutements se font plus difficiles. Pour convaincre les hésitants, l'état-major encourage les « bataillons de copains » : les amis de quartier ou d'école vont ensemble au bureau de recrutement avec l'assurance de combattre côte à côte.

Mais cette consolation ne suffit bientôt plus à vaincre les réticences et le gouvernement se résout à instaurer le service militaire obligatoire le 24 janvier 1916.

3 millions de conscrits viennent ainsi s'ajouter aux 3 millions de volontaires.

 

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22 janvier 2016 5 22 /01 /janvier /2016 00:01

A Bruxelles, l'Irlande, le Royaume-Uni, le Danemark et la Norvège signent un traité d'adhésion au marché commun européen.

Dès le 1er janvier 1973, les Britanniques, les Danois et les Irlandais intègreront la CEE. En revanche, les Norvégiens, soumis à un référendum, refuseront d'entrer dans la Communauté européenne.

L'Europe des Six devient l'Europe des Neuf 

En Irlande, le premier ministre John Lynch tient un référendum le 10 mai 1972 sur la question de l'adhésion à la CEE. Il est remporté par une écrasante majorité de 5 contre 1 qui est séduite par ce que la CEE peut offrir : coopération économique, élimination progressive des barrières douanières et élaboration d'un tarif douanier commun avec l'extérieur.

Le Royaume-Uni du premier ministre Edward Heath fait face à une forte inflation, au chômage, de même qu'à des troubles en Irlande. Le gouvernement maintient tout de même le cap et approuve l'adhésion à la CEE.

Au Danemark, le premier ministre Jens Otto Krag soumet la question à un référendum. Malgré une campagne très émotive et des difficultés économiques importantes, cette monarchie constitutionnelle choisit de se joindre à la CEE.

En Norvège, est malgré l'appui de 75% des députés du Storting, le Parlement norvégien, le premier ministre Trygve Bratteli respecte cependant la volonté populaire exprimée lors d'un référendum organisé le 25 septembre 1972. Les opposants à l'adhésion l'emportent alors avec 53,5% des voix.

 

Relire aussi :

17 mars 1948 - Signature du Traité de Bruxelles

18 avril 1951 - Création de la CECA

25 mars 1957 - Le traité de Rome

12 juin 1985 - L'Espagne et le Portugal adhèrent officiellement à la CEE

7 février 1992 - Le traité de Maastricht

 

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 00:01

Le 20 janvier 1831, au cours de la conférence qui s'est réunie à Londres le 4 novembre 1830 en vue de reconnaître l'indépendance de la Belgique, les grandes puissances (Angleterre, Autriche, Prusse, France, Russie) proclament solennellement la neutralité du nouvel État.

 

Protocole du 20 janvier 1831

Article premier.

Les limites de la Hollande comprennent tous les territoires, places, villes et lieux qui appartenaient à la ci-devant république des Provinces-unies des Pays-Bas en l'année 1790.

Article 2.

La Belgique sera formée de tout le reste des territoires qui avaient reçu la dénomination de royaume des Pays-Bas dans le traité de 1815, sauf le grand-duché de Luxembourg, qui, possédé à un titre différent par les princes de la maison de Nassau, fait et continuera à faire partie de la Confédération germanique.

Article 3.

Il est entendu que les dispositions des articles 108 jusqu'à 117 inclusivement, de l'acte général du Congrès de Vienne, relatives à la libre navigation des fleuves et rivières navigables seront applicables aux rivières et aux fleuves qui traversent le territoire hollandais et le territoire belge.

Article 4.

Comme il résulterait néanmoins des bases posées dans les articles 1 et 2 que la Hollande et la Belgique posséderaient des enclaves sur leurs territoires respectifs, il sera effectué par les soins des cinq cours tels échanges et arrangements entre les deux pays, qui leur assureraient l'avantage réciproque d'une entière contiguïté de possessions et d'une libre communication entre les villes et les fleuves compris dans leurs frontières.

Article 5.

La Belgique, dans les limites telles qu'elles seront arrêtées et tracées conformément aux bases posées dans les articles 1, 2 et 4 du présent protocole, formera un État perpétuellement neutre. Les cinq puissances lui garantissent cette neutralité perpétuelle, ainsi que l'intégrité et l'inviolabilité de son territoire dans les limites mentionnées ci-dessus.

Article 6.

Par une juste réciprocité, la Belgique sera tenue d'observer cette même neutralité envers tous les autres États, et de ne porter aucune atteinte à leur tranquillité intérieure ni extérieure.

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 00:01

Le 18 janvier 1919, débute la conférence de paix de Paris avec pour but de négocier les traités de paix entre les pays vainqueurs de la Première Guerre mondiale et l'Allemagne.

18 janvier 1919 - Ouverture de la conférence de la paix à Paris

C'est lors de cette convention que fut créée la Société des Nations afin d'assurer la paix en Europe et à l'échelle mondiale. Les représentants des territoires du monde entier y assistèrent. Certains eurent une influence déterminante, notamment les dirigeants de quatre des puissances victorieuses : Georges Clemenceau pour la France, David Lloyd Georges, premier ministre britannique, Vittorio Orlando pour l'Italie et Woodrow Wilson, président des États-Unis.

 

Extraits du discours de Raymond Poincaré retranscrit le lendemain dans le Figaro :

 « Ces énormes sacrifices, la France les a subis sans avoir la moindre responsabilité dans l'épouvantable cataclysme qui a bouleversé l'univers ; et, au moment où s'achève ce cycle d'horreur, toutes les puissances dont les délégués sont assemblés ici peuvent se rendre elles-mêmes cette justice qu'elles n'ont aucune part dans le crime d'où est sorti un désastre sans précédent. Ce qui vous donne toute qualité pour établir une paix de justice, c'est qu'aucun des peuples dont vous êtes les mandataires n'a trempé dans l'injustice. L'humanité peut vous faire confiance, parce que vous n'êtes pas de ceux qui ont violé les droits de l'humanité.»

[…] « Ce que la justice exclut, ce sont les rêves de conquête et d'impérialisme, le mépris des volontés nationales, les échanges arbitraires de provinces entre États, comme si les peuples “n'étaient que des meubles ou des pions dans un jeu”. Le temps n'est plus où les diplomates pouvaient se réunir pour refaire d'autorité, sur un coin de table, la carte des empires. Si vous avez à remanier la carte du monde, c'est au nom des peuples et à la condition de traduire fidèlement leurs pensées; de respecter le droit des nations, petites et grandes, à disposer d'elles-mêmes et de le concilier avec le droit, également sacré, des minorités ethniques et religieuses. Besogne formidable, que la science et l'histoire, vos deux conseillères, se chargeront d'éclaircir et d'alléger. »

[…] « Il y a quarante-huit ans, jour pour jour, le 18 janvier 1871, l'Empire d'Allemagne était proclamé, par une armée d'invasion, dans le château de Versailles. Il demandait au rapt de deux provinces françaises sa première consécration. Il était ainsi, vicié dans ses origines mêmes et, par la faute de ses fondateurs, il contenait en lui un germe de mort. Né dans l'injustice, il a fini dans l'opprobre. Vous êtes assemblés pour réparer le mal qu'il a fait et pour en empêcher le retour. Vous tenez dans vos mains l'avenir du monde. Je vous laisse, Messieurs, à vos graves délibérations et je déclare ouverte la Conférence de Paris. »

 

Extraits du discours de Georges Clemenceau retranscrit dans le Figaro du 19 janvier 1919 :

« M. le Président Wilson a une autorité particulière pour dire que c'est la première fois qu'on voit ensemble une délégation de tous les peuples civilisés de la terre. Plus grande a été la catastrophe sanglante qui a dévasté et ruiné l'une des plus riches parties de la France, plus large et plus belle doit être la réparation, non seulement la réparation des faits, la réparation vulgaire, si j'ose dire, qui nous est due à tous, mais la réparation plus noble et plus haute que nous allons tâcher de faire pour que les peuples puissent enfin échapper à cette étreinte fatale qui, amassant les ruines et les douleurs, terrorise les populations et ne leur permet pas de s'abandonner librement au travail, par crainte des ennemis qui peuvent surgir du jour au lendemain. »

[…] « Nous sommes venus amis, nous devons franchir cette porte frères. Telle est la première pensée que je tiens à exprimer. »

[…] « La Société des Nations, elle est ici, elle est en vous c'est à vous de la faire vivre, et pour cela, il faut qu'elle soit dans nos cœurs ; il faut, je l'ai dit au Président Wilson, qu'il n'y ait pas de sacrifice que nous ne soyons prêts à consentir. Je ne doute pas que vous y soyez tous disposés. »

[…] « Le programme de cette Conférence a été établi par M. le Président Wilson : ce n'est plus la paix de territoires plus ou moins vastes que nous avons à faire, ce n'est plus la paix des continents, c'est celle des peuples. Ce programme se suffit à lui-même, il n'y a plus de parole superflue à ajouter, Messieurs, tâchons de faire vite et bien. »

 

Relire aussi :

28 juin 1919 - Le traité de Versailles

 

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13 janvier 2016 3 13 /01 /janvier /2016 00:01

Les articles 45 à 50 du traité de Versailles font du bassin de la Sarre un territoire placé sous mandat de la jeune Société des Nations. La durée du mandat est fixée à quinze ans, à l’issue desquels un plébiscite décidera du statut de la Sarre. Le traité concède également les mines de charbon « en propriété entière et absolue » à la France, comme compensation pour les dommages infligés par l’armée allemande aux houillères du Nord et du Pas-de-Calais.

En 1933, de nombreux opposants au nazisme quittent l’Allemagne pour s’installer en Sarre, le seul territoire allemand échappant au contrôle du régime nazi, et lancent une campagne visant à ce que la Sarre reste sous mandat de la Société des Nations aussi longtemps qu’Adolf Hitler se trouvera à la tête de l’Allemagne.

 

Le 13 janvier 1935, un plébiscite se déroule conformément aux dispositions du traité de Versailles.

90,8% des électeurs votent en faveur du rattachement de la Sarre à l’Allemagne... sans prêter attention au fait que celle-ci est depuis deux ans passée sous la botte nazie !...

Le 17 janvier 1935, le conseil de la Société des Nations approuve le rattachement à l’Allemagne et le 1er mars, le Reich reprend officiellement contrôle du territoire.

 

À Berlin, Hitler exulte. Le choix librement exprimé par les Sarrois cautionne son gouvernement, sa propagande et également ses succès économiques. Le Führer annonce peu après que son pays n'a plus de revendication territoriale à l'Ouest. Il renonce officiellement à toute prétention sur l'Alsace-Lorraine !

Ce discours rassure les pacifistes français et européens qui n'en demandaient pas tant.

 

La Sarre, région frontalière franco-allemande, a longtemps fait l’objet de tensions entre les 2 pays.

Principauté allemande avant la Révolution, la Sarre fut occupée par les troupes françaises dès 1792 et devint un département français entre mars 1801 et novembre 1815. Redevenue allemande, elle fut partagée entre la Prusse rhénane et le Palatinat bavarois. Son intérêt majeur résidait dans les riches gisements de charbon que son sous-sol recélait, permettant le développement de l'industrie sidérurgique.

 

Après la Première Guerre mondiale, la France n'ayant pu faire faire valoir ses positions concernant la rive gauche du Rhin, Clemenceau mit en avant la question sarroise, provoquant de si vives dissensions que la rupture fut proche chez les Alliés. Un compromis fut finalement trouvé : c'est celui qui est inscrit dans la partie III (Clauses politiques européennes), section IV et son annexe (Bassin de la Sarre), du Traité de Versailles du 28 juin 1919.

 

 

Le 15 décembre 1947, une constitution sarroise est adoptée par des conseillers politiques français, faisant de cette région un protectorat français, doté de souveraineté propre. Malgré cette autonomie politique, cette région demeure source de tensions entre la France et Allemagne, qui se disputent continuellement sa tutelle économique et militaire. Afin de doter la Sarre d’un statut européen, un référendum est organisé le 23 octobre 1955. Ayant échoué (60% des voix se prononçant contre l’obtention du statut européen pour la Sarre), le vote est suivi des accords de Luxembourg une année plus tard, rendant la Sarre à la République Fédérale d’Allemagne.

 

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 00:01

Le 10 janvier 1356, l'empereur Charles IV promulgue la Bulle d'or de Nuremberg. Ce texte fondateur du Saint-Empire romain germanique détermine, au moyen de 31 articles, les règles de transmission de la charge d'empereur.

Bulle d'or de Nuremberg 1356

Charles IV de Luxembourg (39 ans) est élu à la tête du Saint Empire en 1355. L'année suivante, le 10 janvier 1356, il promulgue devant les représentants de l'empire réunis à Nuremberg un texte qui fixe les conditions d'élection à la tête du Saint Empire ou empire d'Allemagne, plus tard appelé Saint Empire romain germanique.

Le roi doit, selon ce document, être élu par un collège électoral de princes-électeurs composé de trois archevêques et quatre aristocrates. La précision des conditions d'élection permet de se passer de toute validation papale, et définit en outre les prérogatives du roi, ainsi que la répartition des pouvoirs.

La promulgation est renouvelée le 25 décembre 1356 à la diète de Metz et une copie du texte est confiée à Francfort, siège de la Diète impériale (ces deux exemplaires, les seuls qui subsistent, sont conservés dans leur ville respective).

 

 

Le nom de bulle, donné aux actes ou ordonnances rendus par les empereurs romains, provient du latin, bulla, la langue dans laquelle elle était promulguée. L'attribut d'or exprime que l'empereur Charles IV l'a scellée par son cachet en or.

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 00:01

A la mort de Frédéric-Guillaume IV, Guillaume 1er lui succède, devenant ainsi le cinquième empereur de Prusse. Celui-ci fait appel à Otto Von Bismarck pour devenir ministre-président de Prusse.

Cette nomination amènera une série de conflits qui agrandiront considérablement le territoire de la Prusse.

Guillaume 1er empereur de Prusse

En 1871, Guillaume 1er deviendra également le premier empereur allemand. Il occupera ces deux fonctions jusqu'à sa mort le 9 mars 1888, à Berlin. C'est son fils, Frédéric III, qui le remplacera sur le trône.

 

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 00:01

Le 23 décembre 1865, la Belgique, la France, l'Italie et la Suisse signent une convention monétaire à l'initiative de l'Empereur des Français Napoléon III. C'est la naissance de la première union monétaire de l'Histoire : l'Union latine.

 

Le principe en est simple : les monnaies de référence de chaque pays de l'Union ont le même poids d'or fin tout en gardant leur nom (franc français, franc suisse, lire...) et leur symbole national. Ces monnaies et leurs subdivisions principales peuvent de la sorte circuler indifféremment dans tous les pays de la convention: il devient possible de payer à Bruxelles ou Paris ses achats avec des lires ou des francs suisses !

La convention exclut de son champ les pièces dites « de billon », dont la valeur faciale est inférieure à 20 centimes, ainsi que le papier-monnaie dont la circulation est encore confidentielle.

Les 4 pays seront rejoints par la Grèce en1868.

 

Une Union européenne avant celle que nous connaissons aujourd’hui

L'Union latine va néanmoins fonctionner de manière très satisfaisante pendant plusieurs décennies, illustrant le très haut niveau d'intégration atteint par l'Europe à la fin du XIXe siècle.

C'est l'une des périodes où les Européens ont au plus haut point le sentiment d'appartenir à une communauté de civilisation, unie par des valeurs et des croyances identiques. Ce sentiment se retrouve au XIIIe siècle (le temps des cathédrales), au début de la Renaissance et... de nos jours. La Grande Guerre (1914-1918) va mettre à mal cette solidarité. L'Union latine s'éteindra le 1er janvier 1927.

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 00:52

Dominés par les Russes depuis 1809, la Finlande profite de la Révolution d'Octobre et de la première guerre mondiale pour proclamer son indépendance.

 

La déclaration d'indépendance finlandaise fut adoptée par le Parlement de Finlande le 6 décembre 1917. Elle déclare la Finlande souveraine et indépendante. Ainsi elle rompt avec les obligations liées à son statut de Grand-duché de Finlande.

Elle se sépare donc de la Russie tsariste mais ce n'est qu'en 1920 que l'URSS reconnaîtra officiellement l'indépendance de son ancien dominion.

 

Déclaration d'indépendance

« Le peuple de Finlande a, par cet acte, pris son destin entre ses mains ; un acte à la fois justifié et exigé par les présentes circonstances. Le peuple de Finlande ressent profondément qu'il ne peut remplir son devoir national et international sans une souveraineté totale. Le désir séculaire de liberté demande aujourd'hui à être comblé ; le peuple de Finlande s'avance comme une nation libre parmi les autres nations du monde.

 [...] Le peuple de Finlande ose attendre, avec confiance, que les autres nations du monde reconnaissent, qu'en possession de sa totale indépendance et liberté, le peuple de Finlande fera de son mieux pour atteindre son objectif qui est de se gagner une place au sein des peuples civilisés. »

 

Avec « la guerre d'hiver » lancée le 30 novembre 1939, la Russie tentera de reconquérir la Finlande, en vain.

 

De nos jours, la République de Finlande est divisée en 6 provinces : 6 provinces (laanit, singulier - laani) : Aland, Etela-Suomen Laani (Sud Finland), Ita-Suomen Laani (Est Finland), Lansi-Suomen Laani (Ouest Finland), Lappi (Lapland), Oulun Laani.

Le 6 décembre est fête nationale en Finlande.

 

Voir aussi : 30 novembre 1939 - L'URSS attaque la Finlande 

 

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 00:01

Le 3 décembre 1952, l'un des plus spectaculaires procès de l'ère stalinienne s'achève à Prague.

 

Les hommes sont accusés d'avoir comploté pour écarter le PC de Tchécoslovaquie. Leur chef de file est Rudolf Slansky, ex-secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque, un communiste qui a eu le tort de déplaire à Staline.

Durant le procès, les accusés sont forcés d'avouer des crimes politiques absurdes. Ainsi, Rudolf Slansky déclarant avoir lui-même organisé l'arrestation de ses collaborateurs.

Les 14 prévenus, essentiellement des juifs, sont inculpés de trahison au profit d'Israël.

Arthur London, survivant du procès, a raconté celui-ci dans L'Aveu. Le roman est devenu un film à succès de Costa Gavras, avec Yves Montand dans le rôle principal.

 

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 00:01

Le samedi 1er décembre 1640, la petite noblesse du Portugal se soulève contre les Espagnols qui occupent leur pays depuis quatre décennies. Elle rétablit l'indépendance du Portugal et porte sur le trône l'un des siens, le duc Jean de Bragance (36 ans).

Le nouveau roi est couronné sous les acclamations populaires, et avec l'approbation des députés des Cortès, le 15 décembre et prend le nom de Jean IV (João IV). Il sera surnommé « le Fortuné ».

Ce soulèvement bénéficie du soutien du cardinal français Richelieu, heureux de jouer un bon tour à la maison des Habsbourg qui gouverne l'Espagne... Il reçoit aussi l'appui intéressé des Hollandais et des Anglais, qui en profitent pour enlever au Portugal le monopole du fructueux commerce des épices.

Comme les Espagnols tentent quatre ans plus tard de reprendre pied au Portugal, Jean IV les défait à Montijo, près de Badajoz. Par la signature du traité de Lisbonne, l'Espagne met fin à la guerre qui l'oppose au Portugal et reconnaît son indépendance le 13 février 1668.

 

Abolition de la Monarchie et la proclamation de la République interviendra en 1910.

 

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 00:01

Sans même lui avoir déclaré la guerre, Staline envahit la Finlande suite à un différent frontalier concernant l'isthme de Carélie. L'Opinion internationale s'insurge contre cette agression et l'URSS sera exclue de la SDN le 14 décembre.

Origine du litige

La Finlande s'était émancipée de la Russie pendant la Grande Guerre de 1914-1918 et la frontière entre les deux pays avait été établie à quelques dizaines de kilomètres de Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg).

En 1939, tandis qu'il partage la Pologne avec Hitler, Staline s'inquiète de la vulnérabilité de cette frontière et du risque d'une invasion de la deuxième région économique de l'URSS via la Finlande.

Il propose aux Finlandais de reculer leur frontière méridionale, dans l'isthme de Carélie, en échange de vastes territoires situés plus au nord. Il demande aussi de pouvoir installer une base navale à Hanko, à la pointe sud du pays.

Le gouvernement finlandais veut bien négocier un échange de territoires mais refuse de sacrifier sa souveraineté en cédant une base.

Loin de chercher un quelconque arrangement avec le dictateur, il renforce ses fortifications frontalières longues de 140 km et connues sous le nom de «ligne Mannerheim», du nom du maréchal finlandais d'origine suédoise, le baron Carl Gustaf Emil von Mannerheim, qui a repoussé les bolcheviques en 1917 et commande l'armée nationale.

Une agression brutale

400.000 soldats russes prennent d'assaut le pays. La capitale, Helsinki est bombardée ainsi que la ville de Viborg.

La Finlande, qui ne dispose que de 265.000 hommes, 270 avions et 26 tanks.

Les Finlandais résisteront à l'Armée rouge dans ce conflit, appelé la « Guerre d'hiver ».

En effet, malgré la disproportion des forces et la brutalité de l'attaque, du golfe de Finlande à l'océan Arctique, les Soviétiques piétinent plusieurs mois sur la frontière et les Finlandais remportent même de nettes victoires au nord.

Les groupes de combattants finlandais, à ski et en tenue de camouflage blanche, harcèlent les unités soviétiques, mal commandées, mal entraînées et mal préparées au froid.

Staline, qui a tout de même pu occuper la partie orientale de la Finlande, renonce à l'occupation complète du pays. Il conclut avec son adversaire le traité de Moscou du 12 mars 1940 par lequel il annexe la Carélie orientale et les abords du lac Ladoga. La plupart des habitants (environ un dixième de la population finlandaise) quittent leurs foyers pour la Finlande libre.

 

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 00:01

L'Assemblée constituante à majorité communiste élue le 24 novembre, proclame la République fédérale populaire de Yougoslavie. Le monarque Pierre II s'exile.

En décembre, le Croate Ivan Ribar sera élu président de la République et Josip Broz, le futur maréchal Tito, deviendra Premier ministre. La Yougoslavie, sur laquelle Staline n’avait pas de vue en 1945, aura un statut particulier en Europe.

C’est en effet le seul régime communiste d’Europe qui ne passe aucun accord avec l’URSS et qui garde sa totale indépendance, si bien que Tito sera considéré comme un véritable traître par les Soviétiques.

ex yougoslavie carte

 

Lire aussi :

1er décembre 1918 - Naissance de la Grande Roumanie et de la future Yougoslavie

3 octobre 1929 - Naissance de la Yougoslavie

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 00:47

Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo.

Il est emprisonné sur l'île de Sainte-Hélène depuis le mois d'octobre.

 

Suite au retour imprévu de Napoléon Ier au mois de Mars et sa défaite à Waterloo en juin, les alliés signent à Paris un traité visant à mettre un terme à l'impérialisme français. Il met fin à la guerre et crée une organisation chargée de veiller sur la paix européenne.

Un premier traité avait déjà été signé en mai 1814 après l'abdication de l'empereur, mais sa fuite de l'île d'Elbe a changé la donne. La France est sanctionnée par les quatre grandes puissances (Angleterre, Autriche, Prusse, Russie) et doit payer une amende de 700 millions de francs.

Mais surtout, la France est quasiment ramenée à ses frontières de 1790. Elle perd, au profit de la Prusse, de la Bavière et des Pays-Bas Landau, Sarrebruck et Sarrelouis, Bouillon, Philippeville et Mariembourg, ainsi que les conquêtes territoriales des armées révolutionnaires en 1790-1792, que le traité de 1814 lui permettait de garder tels qu'Annecy ou la Savoie.

Le même jour, dans un autre document, la Grande-Bretagne, la Russie, l’Autriche, et la Prusse signent un nouveau pacte de Quadruple-Alliance.

 

 

Relire également :

18 mai 1804 - La Constitution de l'an XII institue l'Empire

18 juin 1815 - Waterloo, la dernière bataille

15 octobre 1815 - Napoléon arrive à Sainte-Hélène

 

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 00:01

À la suite de la conquête de l’Angleterre par son père, Sven Ier barbe-fourchue, le roi danois Knut le Grand établit en 1028 un royaume réunissant le Danemark, l’Angleterre et la Norvège.

Lorsqu’il décède, le 12 novembre 1035 à Shaftesbury, en Angleterre, son immense empire est partagé en trois. Les Saxons prennent le pouvoir jusqu'à l'arrivée de Guillaume le Conquérant en terre britannique en 1066.

 

Relire aussi : 14 octobre 1066 - Bataille d'Hastings

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 00:01

Le 11 novembre 1215, le pape Innocent III ouvre le quatrième concile du Latran. Il hisse ainsi la papauté à un niveau de prestige qu'elle n'avait encore jamais atteint. Ce quatrième concile œcuménique du Latran (souvent surnommé Latran IV) est le douzième concile œcuménique de l’Église catholique.

 

De nouvelles structures pour l'Église

Le concile Latran IV marque l'apogée de la chrétienté médiévale et de la papauté après l'effort de renouveau inauguré, 150 ans plus tôt, par Grégoire VII.
Environ 800 abbés et 400 évêques se réunissent dans la basilique romaine dont les papes du Moyen Âge ont fait leur principale résidence.

 

Pendant les trois semaines que dure le concile, du 11 au 30 novembre 1215, de nombreuses décisions sont prises qui renforcent l'emprise du Saint-Siège sur la chrétienté occidentale.

Le concile réglemente en premier lieu la confession. Il établit l'obligation de se confesser et de communier au moins une fois l'an, à Pâques. Il instaure la confession auriculaire (à l'oreille du prêtre) en remplacement de la confession publique, rare et réservée aux actes graves et connus de tous. La religion catholique confirme ainsi son emprise sur les populations d'Europe occidentale.

Avec le concile Latran IV apparaît un nouveau personnage, le curé. Celui-ci est un prêtre affecté à un territoire, la paroisse, avec la charge d'en soigner les âmes. D'où son nom, dérivé du latin «cura animarum» (soin des âmes).

 

70 décrets ou canons, préparés par le pape, sont ratifiés, notamment :

- profession de foi qui contient pour la première fois la définition de la transsubstantiation dans l’Eucharistie : « Il n’y a qu’une seule Église universelle des fidèles, hors de laquelle nul n’est absolument sauvé, et dans laquelle Jésus-Christ est le prêtre et la victime, dont le corps et le sang sont véritablement dans le sacrement de l’autel sous les espèces du pain et du vin ; le pain étant transsubstantié au corps de Jésus-Christ, et le vin en son sang, par la puissance divine… » (Canon 1) ;

- anathématisation et condamnation des hérétiques cathares et des vaudois : « Le concile prononce anathème contre toutes les hérésies (...) et ordonne que les hérétiques, après avoir été condamnés, seront livrés aux puissances séculières. Il ajoute que l’on avertira ces puissances, et qu’on les contraindra, même par censures, de prêter serment en public, qu’elles chasseront de leurs terres tous les hérétiques notés par l’Église ; que, si les seigneurs temporels négligent de le faire, ils seront excommuniés par le métropolitain et les évêques de la province » (Canon 3) ;

- exhortation aux Grecs « à se réunir et à se conformer à l’Église romaine, afin qu’il n’y ait qu’un pasteur et qu’un troupeau ; et l’on défend aux Grecs, sous peine d’excommunication et de déposition, de laver les autels où les prêtres latins avaient célébré, et de rebaptiser ceux qu’ils avaient baptisés » (Canon 4) ;

- interdiction de fonder de nouveaux ordres religieux (Canon 13) ;

- mesures contre les clercs incontinents, ivrognes, cupides (Canons 14 à 17) ;

- « Défense aux clercs de dicter ou de prononcer une sentence de mort, ni de rien faire qui ait rapport au dernier supplice ; d’exercer aucune partie de la chirurgie où il faille employer le fer ou le feu ; de donner la bénédiction pour l’épreuve de l’eau chaude ou froide, ou du fer chaud » (Canon 18) ;

- obligation pour tous les fidèles de se confesser et de communier au moins une fois par an (Canon 21 : Omnis utriusque sexus) ;

- obligation du secret de la confession (la coutume du secret est rendue obligatoire, interdiction est faite au prêtre confesseur, mais aussi à l’interprète ou au passant ayant surpris par hasard une confession, d’en divulguer le contenu) : « Le confesseur doit aussi prendre garde de ne pas découvrir, par quelque parole ou par quelque signe, les péchés de ceux qui se confessent ; et celui qui se trouvera coupable en ce point sera déposé et enfermé dans un monastère, pour y faire pénitence le reste de ses jours » (Canon 21) ;

- institution de la charge de "curé" affecté à une paroisse (cura animarum) ;

- interdiction du mariage clandestin, publication des bans dans les églises et présence du prêtre obligatoire, interdiction d’épouser un parent en deçà du 4e degré (Canon 51),

- affirmation "que la dîme est due de droit divin à l’Église ; qu’elle doit se prendre sur toute la récolte, avant qu’on en ait rien levé pour les cens et les tributs ; que les terres acquises aux moines de Cîteaux, ou à d’autres, depuis la tenue de ce concile, doivent payer la dîme, soit qu’ils cultivent ces terres par eux-mêmes ou par des étrangers" (Canons 54 et 55) ;

- défense aux Juifs de pratiquer des "usures excessives envers les chrétiens, et on leur ordonne de payer la dîme et les autres oblations pour les maisons ou les héritages qu’ils ont achetés des chrétiens" (Canon 67) ;

- renonciation aux rites anciens des juifs par les juifs convertis à la foi chrétienne et baptisés volontairement "afin de ne pas faire un mélange du christianisme avec le judaïsme, qui ne serait propre qu’à ternir la beauté de la religion chrétienne" (Canon 70) ;

- affirmation de l’existence des Anges ;

- reconnaissance que le pape a le monopole de la canonisation ;

- prédication dans toute la chrétienté d'une nouvelle croisade vers l’Egypte ; le bénéfice de l'indulgence plénière est étendu à ceux qui contribuent à la construction des navires croisés, dans les mêmes conditions que pour ceux qui vont combattre en Terre Sainte. Le décret conciliaire frappe d'un impôt du vingtième les revenus ecclésiastiques et du dixième les biens du pape et des cardinaux, pendant trois ans. L'excommunication est portée contre tous ceux qui commercent avec les infidèles.

 

Innocent III a cherché à convaincre le sultan d’Égypte de restituer Jérusalem aux chrétiens, mais la construction d’une forteresse musulmane sur le mont Thabor, qui bloque Acre, l'a décidé à prêcher la cinquième croisade (1217-1221). La bulle concernant la croisade est publiée le 14 décembre.

 

Voir :
Histoire d'un lieu : Latran

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 00:01

Ladislas (né le 9 juin 1595 et décédé le 20 mai 1648) est le fils unique de Sigismond III de Pologne et de l'archiduchesse Anne d'Autriche, et appartient à la dynastie des Vasa.

Le 27 août 1610, âgé de 15 ans, alors que son père combat l'armée Russe et prend Moscou, il est nommé tsar par une petite partie des nobles boyards, mais les Russes refusent cette nomination et se soulèvent contre les 3.000 soldats polonais stationnés au Kremlin.

Bien que vaincu, Ladislas revendiquera le titre de Tsar de Russie jusqu'en 1634.

Il combat également contre les Ottomans en 1621, puis contre les Suédois de 1626 à 1629 et s'impose comme le défenseur du catholicisme. Il rêve même un temps de mener une croisade pour regagner les Balkans alors sous domination ottomane.

Ladislas est élu roi de Pologne par la Diète, l'assemblée des nobles de Pologne, le 8 novembre 1632.

Il est couronné le 6 février 1633 en la basilique-cathédrale Saints-Stanislas-et-Venceslas de Cracovie.

Il proclamera la Pologne neutre durant la guerre de Trente ans même s'il épousera ensuite l'archiduchesse Cécile Renée, des Habsbourg.

 

Voir : Des rois élus !

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 00:01

Le 30 octobre 1918 est signé l'armistice par lequel l'empire ottoman se retire de la guerre contre la Grande-Bretagne et ses alliés. La signature a lieu sur le cuirassé anglais HMS Agamemnon, en face de la rade de Moudros, sur l'île grecque de Lemnos, au débouché du détroit des Dardanelles.

Cette signature met face à face le ministre ottoman de la Marine Rauf bey et l'amiral britannique Arthur Calthrope. L'amiral Gauchet, présent à Moudros, n'a pu représenter la France aux négociations et à la signature finale.

 

Un mois plus tôt, le 29 septembre 1918, la Bulgarie, assaillie par les 28 divisions alliées de l'armée de Salonique, commandées par le général français Louis Franchet d'Espérey, s'était inclinée sans discuter et avait conclu à Thessalonique le premier armistice de la Première Guerre mondiale.

 

À la différence des Bulgares, les Turcs ne se voient pas imposer la dissolution de leur armée. C'est la récompense de sa relative résistance face aux offensives alliées de tous bords, malgré 300.000 soldats morts ou disparus au combat, 500.000 victimes de leurs blessures, 250.000 prisonniers... et plus de 500.000 déserteurs.

 

Les 12.000 conseillers militaires allemands quittent aussitôt le pays. C'est également le cas des principaux dirigeants Jeunes-Turcs, dont les ministres Talaat pacha, Enver pacha et Cemal pacha, qui embarquent dans la nuit du 1er au 2 novembre 1918 à bord d'un torpilleur allemand pour rejoindre l'Allemagne et échapper à l'éventualité d'un procès.

 

Le 13 novembre 1918, la flotte alliée, soit 54 navires anglais, français et italiens et même un cuirassé grec, entre solennellement dans le Bosphore et jette l'ancre devant le palais Dolmabahçe, où réside encore le sultan Mehmet VI. Les 400.000 Grecs de Constantinople exultent. Ils imaginent déjà le retour de la « deuxième Rome » dans la chrétienté.

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 23:01

Le 24 octobre 1940, le maréchal Philippe Pétain rencontre Adolf Hitler dans son train blindé en gare de Montoire-sur-le-Loir. Pétain accepte de devenir l'allié des forces de l'Axe et s'oppose désormais à l'Angleterre. Leur pacte est scellé devant le monde entier par une lourde poignée de main.

À l'arrière plan, le Dr. Schmidt, interprète de Hitler et sur la droite, von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères.

Le gouvernement de Vichy sera reconnu comme étant le seul gouvernement légal de la France. Cette entrevue a été organisée par Pierre Laval qui avait déjà rencontré le Führer le 22 octobre.

 

Pourquoi Montoire ?

Parce que le ministre allemand circule en train et que cette gare est proche de la ligne de démarcation ; elle est d'autre part à l'écart de toute agglomération, ce qui facilite sa protection ; enfin, la présence à proximité d'un tunnel permet de mettre le train officiel à l'abri d'une éventuelle attaque aérienne.

 

Dans une allocution à la radio le 30 octobre, Pétain appellera tous les Français à la « collaboration ».

Le 30 octobre 1940, conscient du trouble causé par cette fameuse poignée de main, Pétain prononce un discours à la radio qui tente, a posteriori, de justifier l’entrevue avec Hitler. Mais il s’agit surtout d’un aveu supplémentaire : la France s’engage donc bien, aux côtés des nazis.

 

Relire aussi :

10 juillet 1940 - Pétain instaure l'État Français

15 octobre 1942 - Mitterrand rencontre Pétain

 

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 23:01

Le 21 octobre 1805, l'amiral anglais Horace Nelson livre sa dernière bataille au large du cap Trafalgar, non loin de Cadix.

Tandis que l'Angleterre forme une troisième coalition contre la France, Nelson, à la tête de l'escadre de la Méditerranée, doit empêcher Napoléon 1er de débarquer sur le sol anglais avec les 200.000 hommes réunis à Boulogne.

L'amiral de Villeneuve, qui commande la flotte française, tente une échappée vers les Antilles. Il revient au plus vite vers la Manche pour couvrir le débarquement en Angleterre. Mais, traqué par Nelson, il se réfugie dans le port de Cadix où des navires espagnols alliés le rejoignent.

 

Pour complaire à Napoléon 1er, qui l'accable de reproches, Villeneuve se résout à sortir de la rade. Nelson engage la bataille avec 27 navires anglais contre 33 pour les Fanco-Espagnols. Mal commandés, les Français et leurs alliés perdent la moitié de leurs navires. Les Anglais n'en perdent aucun.

L'amiral anglais est blessé sur le pont de son navire, le bien-nommé Victory, par une balle tirée de la hune du Redoutable.

 

Le héros meurt avant de pouvoir savourer son triomphe... Il est inhumé dans la cathédrale Saint-Paul, à Londres, au terme de funérailles nationales.

La défaite de Trafalgar enlève à Napoléon 1er tout espoir de débarquer en Angleterre et de soumettre la «perfide Albion». Quelque prestige qu'il retire de ses victoires terrestres ultérieures, l'Empereur est désormais prisonnier du Continent.

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 23:01

La conférence de Locarno (au bord du lac Majeur , en Suisse) a commencée le 5 octobre 1925, réunissait Aristide Briand pour la France, Arthur Chamberlain pour la Grande-Bretagne, Gustav Stresemann pour l’Allemagne, Benito Mussolini pour l’Italie et Emile Vandervelde pour la Belgique.

Stresemann- Chamberlain- Briand

 

Cette conférence aboutit à la signature de ce que l’on appellera « les accords de Locarno » signés le 16 octobre.

Ces accords garantissent les frontières établies lors du traité de Versailles (28 juin 1919). L'Allemagne s'engage à respecter l'accord concernant la zone démilitarisée de la Rhénanie et à ne pas violer les frontières de la Pologne et de la Tchécoslovaquie.

En envahissant la Ruhr le 7 mars 1936, Hitler violera les accords de Locarno.

 

Relire aussi :

28 juin 1919 - Le traité de Versailles

 

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 23:01

À la mort du roi anglais Édouard  « le Confesseur », le 5 janvier 1066, les seigneurs anglo-saxons élisent Harold pour lui succéder. Mais Guillaume dit le « bâtard »,  7ème duc de Normandie, prétend que la couronne d'Angleterre lui a été promise par le défunt roi qui était aussi son oncle. Il prépare donc une impressionnante expédition militaire.

 

Guillaume le Bâtard contacta le roi de Norvège pour lui demander d'envahir lui aussi l'Angleterre par le Nord. Ainsi, ils se partageraient les terres conquises. Au Nord, Harald III Sigurdsson débarque en Angleterre, le 18 septembre 1066. Aussitôt, le roi Harold fit rassembler ses troupes et partit à l'assaut de l'envahisseur norvégien. Il aura suffi à Guillaume d'attendre le bon moment pour lancer sa flotte à l'assaut de l'île sans craindre une trop forte opposition à son arrivée.

Le 25 septembre 1066, lors de la bataille de Stamford Bridge, la défaite fut pour les Vikings, leur roi Harald y perdit la vie lors des combats.

 

Le 28 septembre, Guillaume  de Normandie débarque sur les côtes anglaises près de Hastings, avec 7.000 hommes dans le but de détrôner le Roi Harold.

Sachant que son ennemi était loin, il prit la décision d'y fortifier la position qu'il avait prise. Les troupes d'Harold reçurent l'ordre de se déporter vers l'armée normande, mais ils étaient épuisés par la marche et les combats qui avaient précédés.

 

 

Le 14 octobre 1066, après un début de combat indécis, les Normands prennent le dessus grâce à leur cavalerie. Harold est blessé à l'œil par la flèche d'un archer normand. Sa mort entraîne la dispersion de ses troupes et la victoire définitive de Guillaume.

Guillaume est couronné roi d'Angleterre, sous le nom de William, à l'abbaye de Westminster, à Londres, le jour de Noël 1066. Après sa mort il est surnommé Guillaume « le conquérant ».  

 

Le souverain modernise l'administration du pays. Il partage aussi entre ses vassaux les seigneuries anglaises, éliminant de la sorte la noblesse issue des précédents envahisseurs, les Angles et les Saxons.

Les Normands introduisent par ailleurs leur langue d'adoption, le français. De là le très grand nombre de mots et de racines que possèdent en commune l'anglais et le français modernes.

La bataille d'Hastings sera immortalisée dans la tapisserie de Bayeux. Cette immense fresque (70 m de long sur 0,5 m de large) raconte l'histoire de la conquête de l'Angleterre par les normands. C'est l'évêque de la ville de Bayeux, Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume le Conquérant, qui eut l'idée de faire réaliser cette œuvre. Sa conception pris certainement une dizaine d'années. Elle fut exposée pour la première fois le 14 juillet 1077, dans la cathédrale de Bayeux.

 

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