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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 23:01

Le 15 septembre 1935, deux ans après sa prise de pouvoir, Hitler entame la mise en œuvre des chapitres antisémites de son programme politique.

Désemparé face à l'antisémitisme nazi, le président américain Franklin Roosevelt propose une conférence internationale en vue de secourir les Juifs dont ne veulent plus les Allemands.

Celle-ci se réunit du 6 au 14 juillet 1938 à l'Hôtel Royal d'Évian, au bord du lac Léman.

 6 juillet 1938 Conférence d'Évian

32 pays s'y font représenter (l'Allemagne n'est pas invitée, l'URSS et la Tchécoslovaquie ne s'y font pas représenter). C'est pour affirmer, à la seule exception de la République dominicaine, leur refus d'ouvrir leurs ports aux Juifs allemands !

 

Les refus se fondent sur des préjugés ou des hypothèses bien plus que sur des faits, comme l'avoue ingénument le délégué australien : « Dans les circonstances présentes, l'Australie ne peut faire plus... Nous n'avons pas de problème racial notable et nous ne voulons pas en importer un ».

La presse allemande, triomphante, titre au lendemain de la conférence : « Personne n'en veut ! ».

 

Après la Nuit de Cristal (9 au 10 novembre 1938), l'émigration juive va néanmoins s'intensifier.

Beaucoup d'émigrants tentent de gagner la Palestine sous des formes illégales, le gouvernement britannique s'y opposant pour ne pas se mettre à dos les Arabes.

Quelques milliers de Juifs saisissent aussi l'opportunité offerte par le port chinois de Shanghai, qui les dispense d'un visa d'entrée !

Les échecs sont cruels.

En mai 1939, le Saint-Louis, refoulé de Cuba et de Floride, doit revenir à Hambourg avec ses réfugiés juifs !

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 23:01

Independence Day

Réunis à Philadelphie pour un nouveau Congrès, les représentants des colonies anglaises d'Amérique du Nord adoptent leur Déclaration d'indépendance.

Déclaration d'indépendance des états unis

Principalement écrit par Thomas Jefferson, John Adams et Benjamin Franklin, le texte est voté par toutes les délégations, excepté celle de New York qui ne l'approuvera que quelques jours plus tard.

Thomas Jefferson

Cette journée marque la rupture définitive des treize colonies avec le Royaume-Uni.

Pourtant la guerre d'Indépendance est loin d'être terminée : de nombreux Nord-américains sont encore fidèles à la couronne d'Angleterre et les Britanniques ne sont pas prêts à abandonner leurs colonies.

Le conflit ne s'achèvera qu'avec la signature des traités de Versailles et de Paris le 3 septembre 1783.

L'anniversaire de ce jour a mérité de devenir la fête nationale des États-Unis d'Amérique même s'il n'a pas consacré l'indépendance effective du pays, qui attendra le traité de Versailles.


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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:02

La réunion des Etats-généraux à Versailles

Louis XVI convoque les Etats-Généraux par une lettre du 24 janvier 1789 : l’ouverture a lieu le 5 mai.

Le tiers état réunit 578 députés, tous bourgeois, dont 200 avocats, et quelques nobles (Mirabeau) ou prêtres (Abbé Sieyès).

Les deux autres ordres totalisent 561 siègent, répartis à raison de 291 pour le clergé et 270 pour la noblesse. Mais, en dépit du « doublement du tiers » accordé par le roi, le vote continue à se faire par ordre, et non par tête. Le tiers état est donc continuellement minorisé et ne peut pas faire valoir les cahiers de doléances que ses électeurs lui ont transmis.

La réunion des Etats-généraux à Versailles 

Le 17 juin 1789 inaugure la Révolution française.

Constatant qu’il représente 98% de la population, le tiers état réagit et propose aux membres des deux autres ordres de le rejoindre.

Avec l’appui d’une faible majorité du clergé et de quelques nobles, le tiers état se proclame « Assemblée nationale » sur une proposition de l'abbé Sieyès.

Le 17 juin 1789 est ainsi la date retenue comme celle de la naissance du système représentatif français.

 

Le 19 juin, le clergé rejoindra cette Assemblée.

Le 9 juillet, l'Assemblée sera déclarée "constituante".

Cette institution, récuse le vote par ordre et réclame « le vote par tête », un vote représentatif du peuple français.

Louis XVI, sous la pression du peuple contraint la noblesse à se joindre à l’assemblée.

 

Le 20 juin 1789, Louis XVI fait fermer la salle de l'assemblée nationale à Versailles. Les députés du tiers-état se rendent au jeu de paume, où ils jurent de ne se séparer qu'après avoir donné une constitution à la France.

serment du jeu de paume

L’abbé Sieyès

Emmanuel-Joseph Sieyès ou l'abbé Sieyès était un homme d'Église, homme politique et essayiste français.

Robespierre, qui le détestait, l'avait surnommé « la Taupe de la Révolution ».

Siéyés devient célèbre dès 1788 par son Essai sur les privilèges.

Mais c'est plus encore sa brochure de 1789 « Qu'est-ce que le tiers état ? », le texte fondateur de la Révolution française.

- Qu'est-ce que le tiers état ? Tout.

- Qu'a-t-il été jusqu' à présent dans l'ordre politique ? Rien.

- Que demande-t-il ? À y devenir quelque chose.

Ce pamphlet obtint un grand retentissement et assure sa popularité.

Il prend ainsi une part active à la Révolution française jusqu'à sa fin, par sa participation au coup d'État du 18 brumaire.

En 1789, élu député du tiers état aux États généraux, il joue un rôle de premier plan dans les rangs du parti patriote du printemps à l'automne 1789 et propose, le 17 juin 1789, la transformation de la Chambre du Tiers état en assemblée nationale. Il rédigea le serment du Jeu de paume et travailla à la rédaction de la Constitution.

Emmanuel-Joseph Sieyès ou l'abbé Sieyès

L'Assemblée constituante (1789-1791)

La première assemblée constituante fut fondée par des députés des États généraux lorsqu'ils s'érigèrent d'eux-mêmes en une « Assemblée nationale » le 17 juin 1789.

Cette assemblée devient, le 9 juillet 1789, l'Assemblée nationale constituante.

La constitution qu'elle met en place le 3 septembre 1791 consacre une monarchie constitutionnelle.

L'Assemblée comptait environ 1.200 députés et siégea du 9 juillet 1789 au 30 septembre 1791.

Les débats de l'Assemblée sont publiés par Le Moniteur universel.

Après l'abolition de la féodalité (dans la nuit du 4 août 1789) et la déclaration des droits de l'homme et du citoyen (le 26 août 1789), l'Assemblée vote dès la fin de l'année les grands principes de la Constitution de 1791.

 

 

Liens du jour :

Le tiers état se constitue en Assemblée nationale (Site de l’assemblée Nationale)

Histoire des institutions Françaises

Déclaration du 17 juin 1789 proclamant l’Assemblée nationale

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 23:01

L’assemblée, délibérant après la vérification des pouvoirs, reconnaît que cette assemblée est déjà composée des représentants envoyés directement par les quatre-vingt-seize centième au moins de la nation.

 

Une telle masse de députation ne saurait rester inactive par d’absence des députés de quelques bailliages ou de quelques classes de citoyens ; car les absents qui ont été appelés ne peuvent point empêcher les présents d’exercer la plénitude de leurs droits, surtout lorsque l’exercice de ces droits est un devoir impérieux et pressant.

 

De plus, puisqu’il n’appartient qu’aux représentants vérifiés de concourir à former le vœu national, et que tous les représentants vérifiés doivent être dans cette assemblée, il est encore indispensable de conclure qu’il lui appartient et qu’il n’appartient qu’à elle, d’interpréter et de présenter à la volonté générale de la nation, il ne peut exister entre le trône et cette assemblée aucun veto, aucun pouvoir négatif.

 

— L’assemblée déclare donc que l’œuvre commune de la restauration nationale peut et doit être commencée sans retard par les députés présents et qu’ils doivent la suivre sans interruption comme sans obstacle.

 

La dénomination d’« Assemblée nationale » est la seule qui convienne à l’assemblée dans l’état actuel des choses, soit parce que les membres qui la composent sont les seuls représentants légitimement connus et vérifiés, soit parce qu’ils sont envoyés directement par la presque totalité de la nation, soit enfin parce que la représentation étant une et indivisible, aucun des députés, dans quelque ordre ou classe qu’il soit choisi, n’a le droit d’exercer ses fonctions séparément de la présente assemblée.

 

– L’Assemblée ne perdra jamais l’espoir de réunir dans son sein tous les députés aujourd’hui absents ; elle ne cessera de les appeler à remplir l’obligation qui leur est imposée de concourir à la tenue des Etats-Généraux. A quelque moment que les députés absents se présentent dans le cours de la session qui va s’ouvrir, elle déclare d’avance qu’elle s’empressera de les recevoir et de partager avec eux, après la vérification de leurs pouvoirs, la suite des grands travaux qui doivent procurer la régénération de la France.

Nous le jurons.

 

— L’Assemblée nationale arrête que les motifs de la présente délibération seront incessamment rédigés pour être présentés au Roi et à la nation.

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 23:38

Face aux événements d'Algérie, de Gaulle, appuyé par Jacques Chaban-Delmas, prépare depuis le début du printemps son retour dans la vie politique française.

En effet, de nombreuses personnalités avaient jusqu'alors appelé à son retour pour gérer la situation difficile et le climat d'insurrection qui règnent en France.

http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/images/personnages/degaulle.jpg

Le 13 mai 1958, un comité de vigilance appelle à manifester contre le FLN à Alger.

Un comité de salut public est créé, à la tête duquel se trouve le général Massu. Il lance un appel au général de Gaulle le 14 mai. L'insurrection prend de l'ampleur et risque de dégénérer en guerre civile.

Le 15, le Général se dit « prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Mais certains voient dans cette déclaration un soutien à l'armée et s'inquiètent.

Le 19, lors d'une conférence au palais d'Orsay, il répond aux inquiétudes des français en objectant : « Croit-on, qu'à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? ».

Durant cette conférence, il explique sa déclaration du 15 mai, rassure et insiste sur la nécessité de l'union nationale. Il précise que s'il se présente encore comme le recours, il ne donne aucune caution ni à l'armée ni à quiconque.

Le Général refuse la première exigence des opposants à son retour, notamment François Mitterrand, qui est de désavouer officiellement les Comités de Défense de la République, composés de civils et de militaires et constitués dans toute la France pour favoriser sa prise de pouvoir.

 

Quittant sa retraite de Colombey-les-Deux-Eglises, le général de Gaulle est appelé le 25 mai par le Président de la République, René Coty, à assumer la direction du gouvernement.

 

Il est investi par les députés le 1er juin 1958.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 23:01

Il y a 30 ans, François Mitterrand était élu président de la République face à Valéry Giscard d'Estaing, avec 51,76% des uffrages.

Pour la première fois dans l'histoire de la Vème République, les Français portait un socialiste au sommet de l'État (lequel était justement opposé à la 5ième République).

 

Le 21 mai 1981, lors de l'investiture, le septennat du nouveau président s'ouvre par une cérémonie au Panthéon.

Puis il nomme son premier gouvernement dirigé par Pierre Mauroy et dissout l'Assemblée nationale. Les élections qui suivent, les 14 et 21 juin 1981, lui donnent la majorité absolue au Parlement. Un deuxième gouvernement de Pierre Mauroy fait entrer quatre ministres communistes.

 mitterrand président 1981

Scènes de liesse populaire

Le 10 mai au soir, "le peuple de gauche" est dans la rue.

Pendant deux ans, François Mitterrand va bénéficier d'un état de grâce dans l'opinion qui va lui permettre de mettre en œuvre les réformes les plus emblématiques de son programme : l'abolition de la peine de mort en octobre, l'autorisation des radios libres, la création de l'impôt sur les grandes fortunes, les nationalisations, les 39 h hebdomadaires en 1982...

 

Cette joie sera de très courte durée

Dès le lendemain, c'est l'agitation politique et financière : le franc est ébranlé, les cotations à la Bourse arrêtées... La méfiance des investisseurs internationaux à l'égard du nouveau gouvernement et les fuites de capitaux seront telles que le franc sera dévalué dès le mois octobre.

Moins de 2 ans plus tard, 6 avril 1983 le premier ministre Pierre Mauroy annonce son plan de rigueur.

Le nombre de chômeurs passe de 1.486.000 au moment de son élection à 2.300.000 en fin1985. Les élections législatives de 1986 donneront lieu à la première "cohabitation" avec Jean Chirac pour premier ministre.

 

Élection surprise

On présente souvent l'élection comme très attendue par le peuple Français.

Pourtant, le premier tour fut dominé par Valéry Giscard d'Estaing.

Plusieurs éléments effacés de la mémoire collective permettent de l'expliquer.

 

Le vrai-faux soutien de Chirac

Jacques Chirac, après son refus d'appeler ses partisans à soutenir Valéry Giscard d'Estaing pour le second tour, est accusé de soutenir le candidat socialiste en ne se prononçant qu'à titre personnel en faveur du président sortant.

 

Le poids des médias dans l'élection présidentielle

Entre les deux tours, Le Canard enchaîné publie des documents montrant, pour la première fois, que le ministre du Budget Maurice Papon a été, sous le régime de Vichy, responsable de la déportation de Juifs.

Valéry Giscard d'Estaing dénonce une manipulation politique et nie avoir connu le passé de Papon.

Les médias de l'époque n'ont pas parlé de "la francisque", décoration Vichyste que François Mitterrand avait reçue du Maréchal Pétain sous le numéro 2202.

Ils n'ont pas diffusé les deux photographies où François Mitterrand apparaît face à un cordon de policiers dans une manifestation le 1er février 1935 contre les médecins étrangers autorisés à exercer en France, aux cris de « La France aux Français ».

De même ses liens avec René Bousquet (secrétaire général à la police du régime de Vichy, responsable de la rafle du Vél'd'hiv' en 1942) ne seront rendus publics qu'à l'occasion de la sortie du livre de Pierre Péan en 1994.

 

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 11:12

Sous l’impulsion du Comité international de coordination des Mouvements pour l’unité européenne, près de 800 délégués de toutes les tendances politiques européennes se réunissent à la Haye.

PAYS BAS La Haye

Du 7 au 10 mai 1948, soit trois ans après l'armistice en Europe, le congrès pour l'Europe, placé sous la présidence d'honneur de l'ancien Premier ministre britannique Winston Churchill, rassemble près de huit cents militants représentant différents mouvements pro-européens.

Quelques représentants du Canada et des États-Unis sont également présents.


En septembre 1946, lors d’un discours à Zurich, ce dernier avait déjà montré son intérêt pour une éventuelle création des "États-Unis d’Europe".

Ainsi, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’idée d’une unité européenne revient au premier plan et se renforce dans les esprits.

Le but du congrès est de mettre en place une union européenne économique, politique, culturelle et monétaire.


De cette réunion naîtra le Mouvement européen et le Conseil de l’Europe.

Lors de la séance de clôture du Congrès de La Haye, Denis de Rougemont, écrivain et philosophe suisse, donne lecture du Message aux Européens, qu'il a été chargé d'écrire pour dégager le sens de la manifestation.

Le Congrès adopte donc ce « Message aux Européens » qui comporte notamment :

 

« Tous ensemble, demain, nous pouvons édifier (...) la plus grande formation politique et le plus vaste ensemble économique de notre temps. Jamais l'histoire du monde n'aura connu un si puissant rassemblement d'hommes libres. Jamais la guerre, la peur et la misère n'auront été mises en échec par un plus formidable adversaire ».

 

Il appelle à :

  • l'élimination des restrictions à l'échange des marchandises, la convertibilité des monnaies, la programmation des ressources, la mobilité de la main-d'œuvre, la coordination des politiques économiques et la promotion du plein emploi.
  • une Assemblée européenne élue au suffrage universel
  • une Europe unie ouverte à l'Allemagne
  • l'adoption d'une Charte des droits fondamentaux
  • la création d'une Cour suprême
  • la création d'un centre européen de l'enfance, de la jeunesse et de la culture


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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 23:02

En 1794, les députés de la Convention abolissent une 1ère fois l'esclavage pour calmer la révolte dans les colonies des Antilles.

Mais cette mesure n'est jamais entrée en vigueur et en 1802 Bonaparte l'annule.

 http://ps-auber.typepad.fr/.a/6a00d8341cdf0d53ef0134803c3787970c-800wi

Le deuxième décret d'abolition de l'esclavage en France a été signé le 27 avril 1848 par le Gouvernement provisoire de la IIième République.

Victor Schoelcher, sous-secrétaire d'État à la Marine, publie les décrets d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

 

Art. 1er. L'esclavage sera entièrement aboli dans toutes les colonies et possessions françaises, deux mois après la promulgation du présent décret dans chacune d'elles. A partir de la promulgation du présent décret dans les colonies, tout châtiment corporel, toute vente de personnes non libres, seront absolument interdits.

 

2. Le système d'engagement à temps établi au Sénégal est supprimé.

 

3. Les gouverneurs ou commissaires généraux de la République sont chargés d'appliquer l'ensemble des mesures propres à assurer la liberté à la Martinique, à la Guadeloupe et dépendances, à l'île de la Réunion, à la Guyane, au Sénégal et autres établissements français sur la côte occidentale d'Afrique, à l'île Mayotte et dépendances et en Algérie.

 

4. Sont amnistiés les anciens esclaves condamnés à des peines afflictives ou correctionnelles pour des faits qui, imputés à des hommes libres, n'auraient point entraîné ce châtiment. Sont rappelés les individus déportés par mesure administrative.

 

5. L'Assemblée nationale réglera la quotité de l'indemnité qui devra être accordée aux colons.

 

6. Les colonies, purifiées de la servitude, et les possessions de l'Inde seront représentées à l'Assemblée nationale.

 

7. Le principe que le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche est appliqué aux colonies et possessions de la République.

 

8. A l'avenir, même en pays étranger, il est interdit à tout Français de posséder, d'acheter ou de vendre des esclaves, et de participer, soit directement, soit indirectement à tout trafic ou exploitation de ce genre. Toute infraction à ces dispositions entraînera la perte de la qualité de citoyen français.

 

Néanmoins les Français qui se trouvent atteints par ces prohibitions, au moment de la promulgation du présent décret, auront un délai de trois ans pour s'y conformer. Ceux qui deviendront possesseurs d'esclaves en pays étrangers, par héritage, don de mariage, devront, sous la même peine, les affranchir ou les aliéner dans le même délai, à partir du jour ou leur possession aura commencé.

 

9. Le ministre de la Marine et des Colonies et le ministre de la guerre sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent décret.

 

 

Voir aussi :

4 février 1794 - La Convention abolit l'esclavage

Chronologie de l'abolition de l'esclavage en France

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 23:01

La France est le 1er État à adopter le suffrage universel masculin.

(mais sera un des derniers à accorder le droit de vote aux femmes !)

 

Au printemps 1848, dans presque toute l'Europe, les peuples se révoltent contre les monarchies.

En février 1848, la monarchie de Juillet s’effondre devant une nouvelle révolution parisienne. En France, le roi Louis-Philippe abdique le 24 février 1848 et le lendemain, le Gouvernement Provisoire proclame la IIe République.

Le suffrage universel est proclamé le 2 mars.

 

Le dimanche 23 avril 1848, tous les Français de plus de 21 ans sont appelés à élire une Assemblée constituante.

Celle-ci votera la Constitution de la IIème République le 4 novembre 1848.

 

Pendant trois ans, la Seconde République permet le rétablissement de la démocratie en France. Mais les adversaires de la République ne tardent pas à prendre le pas sur ses partisans, eux-mêmes divisés.

L'essai d'un régime présidentiel, démuni de contrepoids et de solutions d'arbitrages, et l'élection à la présidence de la République de l'héritier des Bonaparte aboutissent au coup d'État du 2 décembre 1851.

 

Liens du jour :

Histoire des institutions Françaises

Voir aussi les articles du 21 avril

 

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 23:01

Le suffrage, longtemps réservé aux hommes, n’est devenu réellement universel en France qu’en 1944.

Voici l'historique de cette lutte :

 

13 mai 1849 : Jeanne Deroin, institutrice, tente en vain de se présenter aux élections législatives.

 

Printemps 1871 : la "Commune de Paris" reconnait les droits politiques des femmes.

Cette courte période insurrectionnelle (du 18 mars au 28 mai 1871), marque l'arrivée massive des femmes sur l'arène politique et dans l'engagement révolutionnaire. Elles vont s'investir par milliers durant les 72 jours qu'elle va durer et y jouer un rôle fondamental.

 

En 1876 : Hubertine Auclert, journaliste, fonde le premier groupe suffragiste français : "le droit des femmes".

 

Le 9 décembre 1903 : un vote unanime du Parlement rejette l’égalité politique

 

En 1914 : organisation d’un "vote blanc", sondage auprès des femmes sur leur désir de voter. Plus de 500 000 réponses favorables.

femme-vote.jpg 

À plusieurs reprises, de 1919 à 1940 : des propositions de loi en faveur du vote des femmes sont votées par la Chambre des députés, avant que le Sénat ne les rejettent, soit en repoussant indéfiniment leur examen, soit en s'y opposant par le vote.

Ces différentes propositions de loi visent selon les cas à octroyer le suffrage « intégral », pour toutes les élections, ou le suffrage « partiel », pour les seules élections locales.

 

20 mai 1919 : vote en faveur d'une proposition de loi pour le suffrage intégral des femmes par 344 voix contre 97.

 

21 novembre 1922 : Trois ans et demi après son vote à la Chambre, la proposition est rejetée au Sénat par 156 voix contre 134.

 

7 avril 1925 : la Chambre des députés adopte par 390 voix contre 183 une proposition de loi en faveur du suffrage des femmes lors des élections municipales et cantonales.

 

12 juillet 1927 : résolution de la Chambre des députés « invitant le Gouvernement à hâter, devant le Sénat, la discussion du projet de loi voté par la Chambre des députés concernant le suffrage des femmes aux élections municipales » (396 voix contre 94).

 

A chaque fois, il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau : aucun de ces votes n’aura de suite, en raison de l’obstruction du Sénat.

 

Le 19 juin 1928, 21 mars 1929, 26 juin 1931 : refus par trois fois du Sénat de mettre la question du vote des femmes à l'ordre du jour.

Le 30 juillet 1936 : la Chambre des députés se prononce à l'unanimité pour le suffrage des femmes (475 contre 0). Le texte n'est jamais inscrit à l'ordre du jour du Sénat.

 

Le 4 Juin, Blum nomma pourtant trois femmes dans son gouvernement (sous-secrétaires d’État, et non pas ministres, il ne faut pas trop en demander quand même !) : Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie et Cécile Brunschvicg.

 

Le 21 avril 1944 : le général de Gaulle ratifie une ordonnance qui prévoit le vote des femmes et leur éligibilité.

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 23:02

Le 29 mars est férié à Madagascar, pour la commémoration des martyrs de l'insurrection de 1947 : Martioran'ny tolona tamin'ny 1947.

 http://www.lcr-lagauche.be/cm/images/mada.jpg

Préambule historique

Durant la majeure partie du XIXe siècle, l'île est administrée par le Royaume de Madagascar. Elle est intégrée à l’empire colonial français en 1896.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'administration de l'île se met aux ordres du gouvernement de Vichy avant de rendre les armes aux Anglais qui occupent Madagascar en 1942.

Les Anglais remettent l'île aux représentants du général de Gaulle.

Maladroits, ces derniers multiplient les réquisitions sous prétexte d'accélérer le développement de l'économie. Ils humilient les habitants en leur appliquant de façon rigoureuse le statut de l'«indigénat».

 

Mais dès la fin de la guerre, à Tananarive, la capitale, les élites malgaches se prennent à rêver aux principes de liberté édictés par les Anglo-Saxons dans la Charte de l'Atlantique. Beaucoup revendiquent une intégration complète de l'île dans la République française.

 

Madagascar obtient le statut de territoire français d’outre-mer après la guerre, en 1946. L’île est alors dotée d’une assemblée élue, mais aux pouvoirs limités.

 

Une révolte prévisible

À Tananarive, les élites malgaches revendiquent une intégration complète de l'île dans la République française.

Trois députés malgaches à l'Assemblée constituante française fondent dès 1946 à Paris le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM) avec l'objectif d'une pleine participation des Malgaches à la vie politique...

L'un d'eux, cependant, Joseph Raseta, crée la même année une société secrète, la Jina (Jeunesse nationaliste), et prépare un soulèvement en vue de conquérir l'indépendance.

 

Les dirigeants de la IVe République ignorent le projet d'insurrection bien que les services de la Sûreté dirigés par le commissaire Marcel Baron en soient informés grâce à des agents infiltrés dans la Jina et d'autres sociétés secrètes.

 

Le MDRM, également informé, diffuse dans les villages un télégramme demandant à chacun d'éviter les violences.

Mais cet appel est sans effet. Les autorités françaises auraient fait arracher des affiches comme si elles souhaitaient en découdre avec les opposants cachés !

 

L'Insurrection du 29 mars 1947

Tout commence le 29 mars 1947, dans la nuit de samedi à dimanche, où des camps de gendarmeries sont attaqués par des Malgaches à Moramanga, à Manakara ainsi que dans le Bas-Faraony. Quelques centaines d'hommes simplement armés de sagaies et de coupe-coupe attaquent des petites villes côtières et des plantations. Ils s'en prennent aux Européens mais aussi aux Malgaches qui vivent et travaillent avec eux. Les colons sont pris au dépourvu et ne peuvent réagir faute de moyens militaires sur place.

 

Il s'’ensuit une rébellion longue de 21 mois qui se soldera en une liquidation des insurgés et du seul parti malgache membre de l’assemblée.

 

Des répressions sanglantes

La rébellion indépendantiste inspirée par le Mouvement Démocratique de Rénovation Malgache sera sévèrement réprimée par le France.

Le gouvernement envoie à Madagascar des renforts, essentiellement des troupes coloniales (tirailleurs sénégalais) : au total 18.000 hommes début 1948. La répression donne lieu à de nombreux débordements et crimes de guerre : tortures, exécutions sommaires, regroupements forcés, mises à feu de villages...

 

L'insurrection du samedi 29 mars 1947 et la répression qui en découlait, restera à jamais un traumatisme pour les Malgaches. Pourtant les circonstances et les instigateurs exacts de l’insurrection font aujourd’hui encore l’objet de doutes de la part des chercheurs, qui planchent sur cette période noire de l’histoire de Madagascar.

carte madagascar

Territoire d'outre-mer de 1946 à 1958, Madagascar obtient un premier niveau d'autonomie le 10 octobre 1958, en tant que République Malagasy au sein de la Communauté française. Puis elle accède à l'indépendance le 26 juin 1960.



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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 00:01

Le 22 février 1848, l'interdiction d'un nouveau banquet à Paris provoque une manifestation lors de laquelle des protestataires sont tués par l'armée.

Des barricades sont alors édifiées dans la ville de Paris.

Au terme de trois journées insurrectionnelles (22, 23 et 24 février), le roi Louis-Philippe Ier refuse de voir verser le sang pour réprimer les insurgés parisiens ; il abdique et s'enfuit en Angleterre.

le roi Louis-Philippe Ier

Le jeudi 24 février 1848, vers midi, le roi Louis-Philippe abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris. Les tentatives de la duchesse d'Orléans de faire reconnaître son fils comme nouveau roi échouent devant l'hostilité de la Chambre des députés.

En effet, la chambre des députés rejette le nouveau souverain et constitue un gouvernement provisoire formé par Lamartine, Dupont de l'Eure, Arago, Ledru-Rollin, Garnier-Pagès, Crémieux et Marie.

Dans l'après-midi le nouveau pouvoir est mis en place : le gouvernement provisoire, qui proclame la République, mettant ainsi fin à la Monarchie de Juillet.

 

Premières mesures :

Les premières mesures du gouvernement provisoire marquent une rupture : la peine de mort est abolie dans le domaine politique, les châtiments corporels et la contrainte par corps sont supprimés, l'abolition de l'esclavage sera signée le 27 avril (voir cet article)...

Dans le domaine politique, les changements sont importants : la liberté de la presse et celle de réunion sont proclamées et le gouvernement institue le suffrage universel masculin .

 

La France va vivre plusieurs semaines dans une douce euphorie communément appelée :
« l‘illusion Lyrique ».

Mais la IIème République connaîtra rapidement son lot de troubles et s'achèvera le 2 décembre 1851 avec le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte puis la restauration de l’Empire un an plus tard.

 

Lien du jour : Résumé des institutions Françaises


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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 00:01

Monseigneur de Beaumont, fait interdire l'impression et la diffusion des deux premiers volumes de "L'Encyclopédie" ou "Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers".

Encyclopedie Diderot

L'œuvre collective dirigée par Diderot et D'Alembert est jugée subversive par les Jésuites qui la qualifie "d'athée et matérialiste".

Le contenu politique et philosophique, plus que les parties techniques et scientifiques, est décrié.

Les thèses développées par l'abbé de Prades, un des contributeurs de l'Encyclopédie, sont, selon les membres du conseil, "contaminées par l'esprit voltairien".

 

Les jésuites en voulaient d'abord à Diderot qui avait refusé leur collaboration à l'ouvrage, mais surtout ils ne lui pardonnaient pas de faire concurrence à un dictionnaire qu'ils venaient eux-mêmes de faire paraître. « Quels ennemis nous avons, soupirait Diderot, qu'ils sont constants ! Qu'ils sont méchants ! »

Denis Diderot

Denis DIDEROT
(5 octobre 1713 - 31 juillet 1784)

Jean le Rond D'Alembert

Jean le Rond D'Alembert
(16 novembre 1717 - 29 octobre 1783)

Mais, avant même la parution du premier volume, le succès commercial de l'Encyclopédie fut immense, puisque, dès le début du lancement, on recueillit 4300 souscriptions. Et bientôt, l'Encyclopédie se trouva dans toutes les bibliothèques, depuis celles des châteaux jusqu'à celles des petits curés de campagne.

 

Devant un tel succès, le Parlement et le Haut Clergé s'inquiétèrent.

Le roi Louis XV fit d'abord confisquer quelques exemplaires, puis accepta de condamner totalement l'ouvrage.

C'était en réalité un geste purement officiel car l'Encyclopédie avait des partisans très haut placés : Mme de Pompadour et le Lieutenant de Police lui-même protégeaient sa parution clandestine et le chef de la censure, à la veille d'une saisie, offrait à Diderot de cacher les épreuves dans son propre bureau.

 

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 00:01

5 février 1810 : Napoléon rétablit la censure

 

La liberté d'expression est un droit compris dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

 

article 10 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. »

article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas prévus par la loi. »

 

Napoléon rétablit la censure pour toutes les productions de presse, par un décret, le lundi 5 février 1810, et déclare :

« Le droit d'imprimer n'est pas du nombre des droits naturels. »

Il crée les prisons d'État pour, selon ses propres mots, « les personnes détenues sans qu'il soit convenable ni de les faire traduire devant les tribunaux ni de les mettre en liberté ».

 

La censure continuera tout au long du XIXe siècle, jusqu'à la Loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881..

  pancarte liberté place de la liberté expression

5 février 1817 : Il faut payer des impôts pour voter

La "loi Lainé", réformant les dispositions électorales, est votée : pour prétendre au statut d'électeur, il faudra désormais être un homme âgé d'au moins trente ans, et payer 300 francs d'impôts.

Les hommes de plus de quarante ans devront quant à eux payer 1.000 francs d'impôts.

La Loi Lainé prévoit un renouvellement de la chambre par cinquième chaque année, les élections se faisant au moyen d'un collège unique d'électeurs réuni au chef-lieu du département.

 

La Loi Lainé est reformée avec la loi "du double vote" du 29 juin 1820.

Cette loi adoptée pour renforcer la représentativité des monarchistes en favorisant le quart le plus imposé en lui permettant de voter une première fois, comme tous les autres électeurs, au sein du collège d’arrondissement (258 députés) puis exclusivement une seconde fois dans le deuxième collège élisant ainsi un autre contingent de députés (172 députés).


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