Mardi 14 juin 2011 2 14 /06 /Juin /2011 00:01

Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, à la tête de l'armée française, bat les Espagnols et l'armée du prince de Condé près de Dunkerque.

Cette victoire met fin à des années de guerre de guerre entre la dynastie française des Bourbons et la dynastie espagnole des Habsbourg.

http://www.communaute-urbaine-dunkerque.fr/uploads/pics/turenne_bataille.jpg

Le siège de Dunkerque est risqué car les places alentour sont aux mains des Espagnols qui peuvent toujours prendre les Français à revers. La ville est défendue par le marquis de Lede, avec 2.200 fantassins et 800 cavaliers.

Mais son port ne va pas tarder à être bloqué par 20 vaisseaux anglais.

Turenne arrive le 23 mai à Socx, contourne Bergues et fait la jonction avec les forces du marquis de Castelnau positionnées à l’ouest avec les Anglais.

 

Le siège de Dunkerque débuta le 27 mai 1658.

En réaction, don Juan José d'Autriche, commandant l'armée espagnole de Flandre cantonnée à Bruxelles, se mit en mouvement pour porter secours à la ville. Condé lui conseilla d'emmener son artillerie, les pièces étant difficiles à manœuvrer rapidement en terrain boueux, mais le commandant espagnol ne tint pas compte du conseil, commettant là une première erreur.

 

Le 12 juin, l’armée espagnole est annoncée. Ayant appris que les Espagnols attendaient leur artillerie pour venir délivrer Dunkerque, Turenne décide, le 14 juin au matin, d’aller au contact de l’ennemi et fait avancer ses troupes sur un front de trois kilomètres qui s’étend de la mer au canal de Furnes.

L'affrontement a lieu dans les dunes de Leffrinckoucke.

 

Les deux armées alignèrent des effectifs apparemment similaires : 14.000 hommes.

Turenne aligna 8.000 fantassins, 6.000 cavaliers et 10 canons.

Don Juan José n'aligna aucune pièce d'artillerie, seulement 6.000 fantassins et 8.000 cavaliers.

Même si la cavalerie était à l'époque l'arme décisive, son avantage fut annulé par le terrain de Dunkerque car les dunes constituèrent des obstacles fatigants pour les chevaux montés d'un cavalier en armure.

 

En revanche, les deux armées présentaient une structure de commandement très différente :

Dans le camp français, Turenne était un stratège de grande valeur.

Du côté espagnol en revanche, don Juan José était peu compétent. La situation fut aggravée par l'aspect hétéroclite du commandement ibérique : aux côtés de Juan José, on trouvait Condé, le marquis de Caracena et le frère de Charles Stuart, Jacques duc d'York...

Jacques d'York et Condé intervinrent auprès de Juan José afin de réclamer une attaque immédiate mais l'Espagnol tergiversa. Lorsqu'il se décida enfin à mettre ses troupes en ordre de bataille, les Espagnols, méticuleux mais lents, agirent avec confusion

 

Commandant incompétent, Juan José ne tint pas compte de la marée descendante qui, bientôt, ouvrit largement son flanc droit.

En positionnant ses meilleures troupes sur la dune située à sa droite, il ne tint pas davantage compte de la présence de trois frégates anglaises, détachées du siège de Dunkerque, qui ne manquèrent pas de prendre sous leurs feux l'ensemble du flanc droit espagnol.

 

Turenne déclencha l'attaque vers huit heures.

L'infanterie anglaise attaqua la dune fortifiée. De nombreux assaillants tombèrent sous le feu des mousquetaires espagnols mais les piquiers anglais poursuivirent leur progression. Les Espagnols de don Gaspar Boniface finirent par prendre la fuite.

Soutenu par le tir des frégates anglaises, Turenne engagea la cavalerie française de son flanc gauche le long de la plage laissée à découvert par la marée et prit les Espagnols de flanc.

Prise de panique, l'aile droite de Juan José craqua.

 

Au centre, l'infanterie française repoussa progressivement les Espagnols également pris à partie par l'artillerie de Turenne.

Sur la gauche espagnole, Condé chargea trois fois, espérant éviter la déroute complète mais ses succès ne furent que provisoires et ses cavaliers furent finalement repoussés par les tirs français.

 

Sans illusion, Condé accepta la défaite, lui qui, avant même le déclenchement des affrontements, avait déclaré "Dans une demi-heure, vous allez nous voir perdre une bataille".

Avec les restes de sa cavalerie, il couvrit la retraite espagnole vers l'Est.

vicomte de Turenne

Le vicomte de Turenne

Bilan

Les franco-anglais ont perdu 500 hommes.

Les espagnols laissent sur le terrain plus de 4.000 hommes et le corps de Condé entre 500 et 1000 hommes.nOn comptera 3 000 – 4 000 prisonniers.

La victoire française fut tellement totale qu'elle mit, pratiquement à elle seule, un terme à un conflit qui s'éternisait depuis 23 ans.

 

A l'issue de la bataille des Dunes, les Français se concentrèrent sur la prise de Dunkerque pour l'offrir aux Anglais en vertu du pacte d'alliance signé.

La ville résiste encore durant plusieurs jours et cesse le combat après le décès de son gouverneur. Le 25 juin 1658, Louis XIV visite le champ de bataille, fait son entrée solennelle à Dunkerque et remet à regret la ville aux Anglais.

 

La paix sera signée dans les Pyrénées, le 7 novembre 1659.

Les 124 points du traité prévoient des concessions territoriales ainsi que l’union du Roi de France, Louis XIV à l’Infante Marie-Thérèse d’Autriche, fille aînée du roi d’Espagne.

Le Roussillon, la Cerdagne, l'Artois et d'autres places en Flandres furent donnés à la France.

Turenne est récompensé en 1660 par Louis XIV et reçoit le titre de maréchal général des armées du roi.

 

Voir aussi : 9 juin 1660 - Louis XIV épouse Marie-Thérèse


Par Archimède - Publié dans : Guerres, batailles - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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