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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 00:01

La construction d’un bâtiment pour les services de radio-télévision est décidée dans les années 1950.

En 1952, l’État acquiert un terrain, avenue du Président-Kennedy dans le 16e arrondissement de Paris en bordure de Seine, où se situait auparavant une usine à gaz, désaffectée en 1928.

L’architecte Henry Bernard dresse les plans, et la maison de la Radio est inaugurée le 14 décembre 1963 par Charles de Gaulle, président de la République française, en présence d'André Malraux, ministre d’État chargé des Affaires culturelles.

La Maison de la Radio et sa forme arrondie font sensation. Conçue sur 25.000 m² de superficie, elle compte 64 studios.

 

Elle est successivement le siège de la Radiodiffusion Télévision Française (RTF) de décembre 1963 au 27 juin 1964, puis de l’Office de radiodiffusion télévision française jusqu’au 31 décembre 1974.

Lors de l’éclatement de l’ORTF le 1er janvier 1975, elle est attribuée à Radio France et prend le nom de « maison de Radio France ».

 

Allocution d'Alain Peyrefitte lors de l'inauguration de la maison de la Radio

Mon général,

La maison de la RTF, pour beaucoup de Parisiens, c’est déjà le Quai de Passy, comme l’Académie française est devenue depuis longtemps le Quai Conti. Tout comme le palais Mazarin, le palais de la RTF n’est pas seulement le siège d’une grande institution, il est aussi un symbole, le symbole de la civilisation du son et de l’image, aussi différente de la civilisation du livre que la civilisation du livre l’était de celle du manuscrit, une civilisation où nous sommes désormais condamnés à vivre, que nous en soyons satisfaits ou inquiets.

 

Cette perspective est-elle inquiétante, comme est inquiétante, aux yeux de certains, l’architecture futuriste de ce Colisée du XXe siècle ? Oui et non. Inquiétante, oui, si la magie du son et la fascination de l’image sont utilisés non pour élever le public, mais seulement pour le séduire, non pour lui apprendre à voir et à juger, mais pour lui imposer une façon de voir et pour lui ôter son jugement. Inquiétante, non, si, au contraire, les sons et les images véhiculés par les ondes ont pour effet de favoriser l’éclosion d’une culture accessible à tous.

 

La radio, qui atteint chaque Français, la télévision, qui atteint un Français sur trois et qui bientôt les atteindra tous, la télévision, qui marque tous les jours de la vie, la radio, qui en marque toutes les heures, rendent possible, grâce aux miracles de la technique, et pour la première fois dans l’histoire, l’éclosion d’une culture réellement universelle. Cette culture est d’autant plus universelle que les joies du monde, et aussi ses peines, comme un drame récent l’a montré, par la radio et la télévision, rapprochent les hommes les uns des autres.

À nous de faire en sorte que cette nouvelle sorte de communion rassemble les peuples pour le meilleur et non pour le pire.

 

Mon général,

La radio et la télévision intéressent désormais l’ensemble des Français. La manière dont la RTF accomplit sa mission est donc une affaire d’État, au sens le plus noble du terme. La nouvelle maison de la RTF doit lui fournir les moyens matériels d’accomplir sa tâche, mais le progrès matériel n’est qu’un moyen : le progrès véritable est intérieur. Le problème, désormais, est de permettre à la RTF de se rajeunir pour avoir l’âge de sa maison, et de lui permettre, aussi, à cet immeuble qui annonce l’architecture et l’urbanisme de 1980, de contribuer à former la France de 1980. Puisse ce Quai de Passy, que vous nous faites l’honneur d’inaugurer, être une maison de culture et de liberté, une maison au service des hommes.

Alain Peyrefitte

Ministre de l’Information


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