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3 mars 2018 6 03 /03 /mars /2018 00:01

Le dimanche 3 mars 1918, à Brest-Litovsk, en Biélorussie, les bolchéviques russes signent la paix avec l'Allemagne et ses alliés (Autriche-Hongrie, Turquie et Bulgarie). Ils se retirent de la Grande Guerre, laissant tomber la France et l'Angleterre qui s'étaient engagées aux côtés du tsar.

 

Deux mois de pourparlers ont été nécessaires aux deux pays pour arriver à la signature de ce traité.

Dès le début de l’année 1917, la population russe, dans son immense majorité souhaite la fin de la Guerre mondiale. Ce désir de paix est une des causes immédiates des deux Révolutions russes.

Il faudra attendre la révolution d’octobre et l’arrivée au pouvoir des bolchéviks pour qu’un décret de paix soit ratifié par le congrès des Soviets le 26 octobre 1917. Le 7 novembre, Trotsky, en tant que Commissaire du Peuple aux Affaires étrangères, propose aux Alliés et aux Empires d’Europe centrale une paix générale. Pour ces derniers, et en particulier pour l’Empire allemand, une paix séparée permettrait de se concentrer sur un front unique à l’ouest, où l’apport de troupes supplémentaires pourrait être décisif.

Les négociations ne débutent que le 9 décembre, pourparlers auxquels les Alliés ne prennent pas part.

Le 10 février, la délégation russe, en accord avec les dirigeants bolchéviques, refuse de signer le traité de paix proposé par l’Allemagne ; celui-ci en effet n’a rien de la « paix démocratique : sans annexions, sans contributions, en réservant aux peuples le droit de disposer d’eux-mêmes » que demandaient les bolchéviks. Ils espèrent ainsi montrer au monde entier que le nouveau pouvoir en Russie ne se place pas sur le terrain des luttes entre impérialistes en ignorant les populations. Ils espèrent également que le réveil de la classe ouvrière allemande (voir Révolution allemande) qui s’est déjà manifestée par des grèves importantes fin 1917 et début 1918 ne permettra pas aux armées impériales de continuer les combats.

Cependant, cette solution « ni guerre, ni paix » ne tient pas : la révolution tarde en Allemagne, et le 21 février les troupes reprennent leur avancée en Russie, défont les troupes bolchéviques, occupent les pays baltes et l’Ukraine dont les ressources agricoles doivent venir en aide à l’Allemagne sous blocus. Les bolchéviks sont alors contraints d’accepter les conditions qui leurs sont imposées.

 

Le Traité de Brest-Litovsk est finalement signé le 3 mars 1918 entre les gouvernements des empires centraux, menés par l’Empire allemand et la jeune république bolchevique.

La Russie perd par ce traité léonin la Pologne, la Finlande, l'Ukraine, les pays baltes (Lithuanie, Lettonie, Estonie), plusieurs territoires cédés à la Turquie, alliée de l'Allemagne... La Russie d'Europe se trouve ramenée à ce qu'était le grand-duché de Moscovie avant l'avènement d'Ivan le Terrible au XVIe siècle !

D’autre part, le gouvernement bolchevik doit verser au Reich une indemnité de 94 tonnes d’or.

 

Lénine, avant tout soucieux de sauver sa Révolution, fût-ce au prix de la défaite et du démembrement de l'empire russe, pèse de tout son poids en faveur du traité. Il s'ensuit de violentes tensions parmi les membres du gouvernement.

Les ministres socialistes-révolutionnaires de gauche démissionnent et rentrent dans l'opposition. Ils ne vont plus cesser de combattre la dictature de Lénine.

 

Les Allemands tirent parti du cessez-le-feu et de la paix à l'Est pour redéployer leurs troupes à l'Ouest et porter leurs ultimes efforts sur le front français. Ce sont quarante divisions qu'ils vont réorienter vers l'Ouest sitôt la paix signée.

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