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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 00:01

Le mercredi 22 mars 1421, au Vieil Baugé, près d'Angers (Maine-et-Loire), les Anglais subissent une humiliante défaite, la première depuis qu'a débuté la guerre de Cent Ans, près d'un siècle plus tôt. C'est un « Azincourt à l'envers ».

Contexte

En 1420, par le traité de Troyes, le roi Charles VI le Fou a déshérité son fils, le Dauphin Charles, et désigné son gendre, le roi d'Angleterre Henri V, comme son successeur. Henri V rentre là-dessus à Londres et laisse à son frère cadet Thomas, duc de Clarence, le soin d'en finir avec le Dauphin et ses fidèles Armagnacs. Mais Charles, le futur Charles VII, s'allie avec les Écossais, ennemis jurés des Anglais, qui lui envoient plusieurs milliers d'hommes sous les ordres de John Stuart, comte de Buchan.

La situation est catastrophique pour le dauphin Charles, qui ne dispose plus que de trois provinces sûres : le Poitou, l’Auvergne et le Berry.

Henri V voudrait reconquérir définitivement l’Anjou et la Touraine, puis s’emparer du Poitou, pour rejoindre ses possessions de Guyenne. Il a envoyé à Bernay 6.000 à 7.000 Anglais commandés par son frère Thomas de Lancastre, duc de Clarence, qui, comptant sur la passivité bretonne, marche sur l’Anjou.

 

En janvier 1421, 4.500 Écossais débarquent à La Rochelle, ce qui porte les rangs Écossais à 13.000 hommes débarqués depuis 1419 pour respecter la vieille alliance franco-écossaise, et donc pour aider le dauphin et par la même occasion venger leur roi Jacques Ier qui est prisonnier des Anglais.

En mars 1421, le duc de Clarence tente de prendre Angers, qui résiste, et se replie sur Beaufort en attendant de passer la Loire et de rejoindre Tours. Les vassaux du duc d’Anjou, Jean de Fontaine commandant de la place de Baugé-le-Grand, Jean de la Grézille, Jean du Bellay, Jean de Champagne, Jean de Bueil, Jean de la Croix, se regroupent le 20 mars à Baugé pour résister.

 

La bataille

Nous sommes au soir de la veille de Pâques, et le duc de Clarence s’apprête à festoyer dans le château de Beaufort quand on le prévient que ses gens, qui ont fait quelques prisonniers écossais, ont appris qu’une armée écossaise est à quatre lieues de Baugé. Il faut éviter qu’ils reçoivent des renforts français, et sur un coup de tête, le duc de Clarence part alors avec des cavaliers à peine équipés et pratiquement sans archers, ceux-ci restant en arrière avec le gros de l’armée.

Les cavaliers arrivent une heure avant le coucher du soleil entre Baugé et Vieil-Baugé sur la rive gauche du Couasnon dont le dégel a transformé les rives en bourbier. Une avant-garde anglaise poursuit des troupes françaises qui se barricadent dans l’église, mais elle est elle-même bloquée par des troupes arrivées à la rescousse qui les empêchent de manœuvrer.

L’armée anglaise, qui a partiellement franchi le Couasnon, reçoit des volées de flèches écossaises arrivant de la rive droite. Le choc décisif se produit sur le pont qui donne accès au village ; désarçonné, Clarence est tué. Samort sème le trouble dans les rangs anglais et la bataille tourne au massacre.

 

Plus de 1.000 anglais meurent et 500 sont faits prisonniers. Les pertes dans les rangs franco-écossais sont minimes, une quinzaine de grands nobles angevins et manceaux périssent néanmoins, dont Guérin des Fontaines considéré à tort comme l’un des vainqueurs parce qu’on l’a confondu avec son frère Jean. Dans la nuit, le comte de Salisbury effectue la retraite vers la Normandie avec le reste de l’armée Anglaise.

Le dauphin Charles apprit l’heureuse nouvelle à Poitiers et « en fut moult joyeux ». Il reçut la bannière de Clarence, et en quelque sorte les défaites de Crécy, de Poitiers et d’Azincourt étaient vengées.

 

Le monument commémoratif de la bataille de Baugé.

La plaque a été enclavée dans un mur et le bloc à cupules posé au pied.

 

La légende de la pierre de Bataille.

La pierre est marquée en son centre d'une trace de sabot. La légende dit que c'est le Duc de Clarence qui devant la défaite de ses troupes aurait donné de rage un coup de cravache à son cheval. La pauvre bête, piquée à vif, aurait d'un coup de sabot et ainsi marqué la pierre.

 

Lire également :

7 octobre 1337 - Début de la guerre de Cent Ans

25 octobre 1415 - Bataille d'Azincourt             

17 juillet 1453 - Fin de la Guerre de Cent Ans

 

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