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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 00:01

Le gouvernement français de Guy Mollet, révolté par les attentats du Milk Bar et de la Cafétéria, va confier au général Jacques Massu les pleins pouvoirs de police sur le Grand Alger (800.000 habitants dont une moitié de musulmans).

 

Le 5 février 1956, Guy Mollet, secrétaire général de la SFIO (Section française de l'Internationale socialiste), prend la tête du gouvernement français.

Le portefeuille de la Justice est confié à François Mitterrand (39 ans). Celui-ci fait voter le 12 mars 1956 par la gauche une loi sur les « pouvoirs spéciaux » qui apportera quelques mois plus tard une base légale à la torture.

Guy Mollet doit faire face à la montée de la violence aveugle en Algérie. Le 18 mai, on découvre dans les gorges de Palestro les corps de 18 jeunes militaires horriblement mutilés et tués après être tombés dans une embuscade.

Le 30 septembre, les spectaculaires attentats du Milk Bar avec la poseuse de bombe Zohra DRIFF, et de la Cafétéria font l'effet d'un coup de tonnerre. La guerre ne se confine plus dans les zones frontalières et les montagnes. Elle frappe désormais le cœur d'Alger !

Revigoré par l'impact médiatique de ces attentats, le FLN, qui dispose sur place d'environ 600 militants, n'hésite plus à s'en prendre à la population de la ville.

Pour tromper la vigilance de l'armée et de la police, il fait appel à des femmes de type européen pour convoyer les armes, transmettre les messages et même poser les bombes. Des Européens membres du PCF comme le jeune communiste Fernand Yveton, lui apportent aussi leur concours et se révèle incapable d'accomplir sa mission de poseur de bombe à l'usine à gaz du Hamma à Alger.

Robert Lacoste, ministre résident en Algérie, fait guillotiner les terroristes condamnés par la justice et décide de tout mettre en œuvre pour en finir avec la terreur.

 

Le préfet d'Alger fait donc officiellement appel aux hommes du général Massu avec l'approbation du garde des Sceaux François Mitterrand le lundi 7 janvier 1957.

Article 1e.

L'ensemble des pouvoirs de police, normalement dévolus à l'autorité civile, sont dévolus à l'autorité militaire.

Article 2

Le général Massu, est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Signature : Serge Barret, préfet d'Alger.

 

C’est le coup d’envoi de la bataille d’Alger : ce jour-là, 8 000 hommes de la 10e DP, la division parachutiste, débarquent dans la ville. Ils reviennent d’Égypte où, en novembre, ils ont vainement tenté d’empêcher la nationalisation du canal de Suez par Nasser. Ils sont commandés par le général Jacques Massu, revenu d’Indochine dix ans plus tôt.

Il a mission de mettre fin au terrorisme dans l'agglomération et va s'acquitter de sa tâche en ne reculant pas devant l'emploi de la torture, malgré les réticences du colonel Yves Godard et les protestations du général Jacques Pâris de la Bollardière ou encore du secrétaire de la police Paul Teitgen.

 

Le FLN riposte le 28 janvier en décrétant une grève générale de huit jours. Les commerçants auront à peine le temps d’observer la consigne : le jour même, les « paras » ouvrent de force le rideau de fer de leurs boutiques. La suite est une succession d’attentats aveugles du FLN et de représailles de l’armée coloniale. Explosions aux stades d’Alger et d’El-Biar en février : 10 morts et 34 blessés.
Attentat du casino de la Corniche en juin : 8 morts et plus de 100 blessés. Petit à petit, l’armée française démantèle les réseaux du FLN. En septembre, les paras mettent la main sur Yacef Saadi, chef FLN de la zone autonome d’Alger. C’est la fin de la bataille d’Alger, que le général Massu a remportée moyennant la disparition de quelque 3.000 suspects et l’assignation à résidence de 24.000 personnes.

 

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