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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 00:01

Moïse Polydore Millaud fonde « le Petit Journal », un quotidien français populaire.

Le Petit Journal attire de nombreux lecteurs car il est bon marché (5 centimes au lieu de 15 centimes pour les journaux ordinaires), il a un format commode (43 × 30 cm), il est accessible à tous (pas d'abonnement), il propose un contenu distrayant (fait divers, feuilleton, horoscope et chronique), journal sans politique, il est dispensé du timbre même si une partie de son contenu est politique. Il est l'emblème d'une nouvelle forme de journalisme qui se développe, celle de la petite presse.

 

Petit Journal publiera des faits divers extraordinaires. C'est notamment le cas avec l'affaire Troppmann, septembre 1869. Tout Paris se presse à Pantin, où l'on vient de découvrir sept cadavres appartenant à une même famille. Autour de la fosse, on a monté une fête foraine. Devant l'émotion suscitée par cette tuerie, Alphonse Millaud, patron du Petit Journal, décide de couvrir abondamment le fait divers.

 

Immédiatement, le pays tout entier se passionne pour l'histoire de cette famille odieusement massacrée. La police arrête un certain Jean-Baptiste Troppmann alors qu'il tentait d'embarquer pour les Amériques. Il a sur lui les papiers et les bijoux de l'infortunée famille. Pour Millaud, l'affaire Troppmann se révèle une mine d'or. Le tirage du Petit Journal passe de 200.000 exemplaires par jour à 300.000, puis à 500.000. Cette exploitation des faits divers devient alors la stratégie éditoriale du journal sur laquelle beaucoup d'historiens ont porté un jugement sévère

 

Novateur, le journal imaginera la course automobile reliant Paris et Rouen, organisant ainsi la première compétition du genre en France.

Dès 1884, paraît l'hebdomadaire le Supplément illustré, dont le tirage atteint 1 million d'exemplaires en 1895. L'illustration couleur fut aussi une innovation du Petit Journal.

 

Un tirage de plus en plus important

Le premier numéro sort le 1er février 1863, et dès octobre, dépasse avec 83 000 exemplaires, le plus fort tirage des journaux sérieux comme Le Siècle qui publie 50.000 copies. Deux ans plus tard, à lui tout seul, le tirage du Petit Journal avec 259.000 exemplaires est supérieur à l'ensemble de la presse parisienne. En 1870, il atteint 340.000 exemplaires, soit le double du tirage de la presse parisienne. Ses progrès avaient aussi été rendus possibles grâce aux presses rotatives qu’Hippolyte Marinoni (1823-1904) mit au point pour lui dès 1867. En 1882, Marinoni prend le contrôle du journal, succédant à Girardin. Malgré quelques crises – Émile de Girardin en prit le contrôle en 1873 avec Gibiat, Jenty et Marinoni –, son audience ne cessa d'augmenter et aucun de ses concurrents ne put mettre sa suprématie en cause ; son tirage atteignit 500 000 exemplaires en 1878, 1 million en 1890.

Le Petit Journal est alors l'un des trois principaux journaux français. Ce journal de presse populaire expédie 80 % de son tirage en province.

Mais, incapable de s’adapter à l’évolution du monde, il disparaîtra finalement en 1944.

 

Voir aussi : 22 juillet 1894 - Première course automobile en France

 

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